Lelabodart.com
Lelabodart.com
La Modern Dance américaine

Contexte : USA, début du 20ème siècle.
Pays en plein essor, à la recherche à d'une identité face à l'Europe, pays très puritain qui va chercher la libération du corps notamment chez la femme.

– François Delsarte : précurseur de la modern dance (1811 – 1871). Son échec dans une carrière de chanteur, le conduit à réfléchir sur les rapports entre l'âme et le corps. Ses premières réflexions lui montrent qu'il existe un rapport entre la voix, le geste et l'émotion intérieure. Il établit un catalogue de gestes correspondant à des états émotionnels : à toute émotion ou image cérébrale correspond un mouvement. Il imagine ainsi l'idée maîtresse de la danse moderne, l'intensité du geste. Il s'agit là de la différence fondamentale avec la danse académique, qui recherche la beauté formelle (la forme) par des gestes codifiés sans rapport direct avec l'état mental de l’exécutant.
Conséquences:
 
  ~ Le corps entier est mobilisé notamment le tronc, qui est la source et le moteur de tous gestes.
 
  ~ L'expression est obtenue par la contraction et le relâchement des muscles.
 
  ~ L'extension du corps est en liaison avec l'accomplissement de soi-même, tandis que le repliement du corps est en rapport avec l'anéantissement.
Tous les sentiments ont leur traduction corporelle propre.
Le Delsartisme se diffuse aux États-Unis avec l'américain Steele MacKaye
qui devient son héritier spirituel. Le Delsartisme sera transmis aux trois inventeurs principaux de la Modern Dance : Isadora Duncan, Ruth St Denis, Ted Schawn. L' Allemagne a également connaissance de ce précurseur, seule la France l'oubliera.

– Isadora Duncan (1878-1927) : c'est la pionnière de la danse moderne. La danse est pour elle l'expression de sa vie personnelle : « dès le début je n'ai fais que danser ma vie. »
  ~ La technique lui paraît dénuer d’intérêt, elle veut retrouver les gestes naturels, le rythme des mouvements innés « écouter les pulsations de la terre et respirer naturellement. »
 
  ~ Les thèmes de ses danses sont pris dans la contemplation de la nature. Son inspiration est soutenue par la grande  musique classique qui lui envoie des sentiments.
  ~ Elle trouve des modèles chez les grecs et les artistes de la  Renaissance italienne.
  ~ Elle porte une tunique à l'antique , danse pieds nus devant un simple rideau de fond.
  ~ Son mouvement préféré est le renversement de la nuque en arrière, mouvement de transe dans le rite dionysiaque proclamant la prise de possession du corps par une inspiration suprahumaine.
– Loie Fuller (1862-1928) : Elle découvre par hasard l'effet des projecteurs sur des draps pris et exploite cette trouvaille toute sa vie.
  ~ Elle accentue l'ampleur de sa robe flottante par de longs voiles en prolongeant ses bras avec des bâtons.
  ~ Elle est la première à jouer avec les lumières grâce à l’électricité, la scène devient un espace hors du réel.

– Ruth St Denis (1878-1968) : Reprend et transforme en doctrine l'idée de Duncan selon laquelle danser c'est exprimer sa vie intérieure. Elle l'enrichit en ajoutant une dimension religieuse. De plus elle élabore une technique corporelle réfléchie et méthodique. Sa mère initie Ruth à la danse comme source d'équilibre mental. Sa révélation se produit en 1905, en voyant une pub de cigarettes égyptiennes, elle s'identifie à Isis. C'est par l'imagination, l'inspiration et le mysticisme qu'elle va créer les danses orientales égyptiennes et indiennes.
En 1911, elle danse Égypte et tombe amoureuse de Ted Schawn qui devient son mari.
En 1914, ils créent la « Denischawnschool » et Ruth introduit la danse dans les universités pour la première fois.
Le corps est sollicité tout entier par le mouvement, le moteur est le tronc (cf Delsartisme), elle danse pieds nus, elle est appréciée en tant que danseuse acrobatique, sinon elle préfère les mouvements ondulatoires mais, elle fait des arrêts marqués par des positions angulaires, libératrice de la danse.

– Ted Schawn (1891-1972) : Il aborde la danse comme une thérapie pour traiter une paralysie due à une diphtérie.
En 1916, son souci est de créer un répertoire pour du masculin, ce qui renverse la tendance car à la base la danse est pour lui une œuvre dramatique comportant une action énergique. La progression du mouvement dans ses chorégraphies suit la progression de l'action (cf les idées de Noverre en 1760).
Le thème essentiel est toujours chez lui le personnage masculin, on retrouve aussi l'histoire américaine, le folklore indien, les civilisations aztèques et africaines. Son influence est considérable sur le plan de la pensée et de la didactique. Il écrit sur le « delsartisme », il développe la théorie sur laquelle s'appuie la danse moderne, à savoir les rapports du geste et de la pensée.
La Denischawnschool, est marquée par une coupure totale avec la danse traditionnelle. La formation du danseur est basée sur le corporel, l'anatomie, la musique, la culture générale, l'intelligence, la personnalité et la sensibilité. Il n'est pas question de danse académique, des pointes et de virtuosité. Dans cette école on a recourt à l'esprit de danse orientale mais pas à la technique. La concentration est la première démarche demandée aux élèves. La technique est basée sur le tronc. On recherche le renforcement de l'impulsion nerveuse afin que chaque muscle soit immédiatemment disponible pour traduire l'impulsion interne.
Trois danseurs sont formés à cette école : Charles Weidman, Doris Humphrey & Martha Graham.

– Charles Weidman (1901-1975) : Il est un danseur et un homme de théâtre, ce qui va lui permettre de rendre l'expression de son corps plus que compréhensible par le public.
Son œuvre personnelle est orientée vers la satire et les problèmes américains (atavisme 1936 : il met en cause la société de profit et la violence). Par soucis d'expression dramatique il fait accompagner ses chorégraphies par des textes dis par un acteur.

– Doris Humphrey (1895-1958) : Elle a toujours préférée le travail en studio que sur la scène, elle répertorie le geste en 4 types : le geste social, le geste fonctionnel, le geste rituel et le geste émotionnel des sentiments individuels. Elle veut que le danseur retrouve dans ses mouvements d'aujourd'hui la charge mentale du geste primitif, sa danse doit être enracinée dans la nation américaine et non dans un passé imaginaire.
Elle cherche le rythme fondamental engendré par les rapports du corps et de l'espace, deux forces s'opposent : l’apesanteur qui est le symbole de la force qui agit contre l'homme en la tirant vers la terre. Et la force physique et spirituelle qui la remet en position debout. Les deux mots-clés sont : fall & recovery.
« Toute ma technique se ramène à deux actes : s'écarter d'une position d'équilibre et y retourner.»
Elle s'intéresse aux divers propriétés du mouvements : le rythme, « en effectuant une série de chûtes et de rebonds, on fait apparaître des temps forts qui s'organisent en séquences ruthmiques », le dynamisme, le dessin. Elle adapte à la danse, les notions scéniques de Gordon Craig. Le centre de la scène est le lieu où se concentrent les forces. Ses décors sont non-figuratifs. Deux personnages de théâtre prolongeront son travail : José Limone & Louis Falco.

– Martha Graham (1894-1991) : Elle assiste à son premier spectacle à l'âge de 16 ans, elle va voir Ruth St Denis et commence la danse à 19 ans et vas à la Denischawnschool de 1916 à 1923.
Elle finit par s'opposer à l'enseignement de Ruth St Denis et de Ted Schawn : « j'en ai par dessus la tête de danser des divinités hindous, je veux traiter des questions d'aujourd'hui. »
La finalité de son action chorégraphique est l'homme confronté aux problèmes de la société présente et aux problèmes permanents de l'humanité. En 1929, elle crée sa première composition de groupe nommée : Hérétic en 1930, elle danse l'élue dans une version de Massine du sacre du printemps.
Les thèmes qu'elle aborde sont liés à des préoccupations religieuses et/ou des tragédies grecques. Elle est aussi influencée par la tradition germanique, elle s'intéresse aux théories freudiennes et elle rencontre Mary Wigman qui l'influence dans sa volonté d'expressionnisme.
Ses actions chorégraphiques reportent une suite de faits exposés de façon simple et concise, mais symbolisant une multiplicité de significations (exemple : Night journey, sur le thème d'Oedipe, un simple corde peut avoir une triple signification:le cordon ombilical, le lien amoureux entre le fils et sa mère, et une corde avec laquelle la mère se tuera). La technique de Graham peut approcher de celle de Doris Humphrey.
– On y retrouve des empreints à la danse classique comme l'attitude qui lui permet de chuter sur le côté.
– Le geste fondamental part du torse, elle fait un travail de respiration : dilatation et compression. Ses mots-clés sont : tension & release.
– L'ampleur de l'émotion détermine la force du geste.
– On retrouve aussi dans sa danse des mouvements de tête rappelant des exercices hindous ou la danse sur les genoux, geste rituel ancien dans la culture méditerranéenne. Parmi ses disciples, Erick Hawkins dont elle fut amoureuse pendant 12 ans et Merce Cunningham qui prendra par la suite le contre-pieds des théories de Martha Graham.

– Merce Cunningham (1919-2009) : Il constitue une véritable charnière de l'histoire de la danse. Son influence recouvre non seulement l'histoire de la danse mais l'histoire des arts en général. Pour ses prédécesseurs : Isadora Duncan, Ruth St Denis, Ted Schawn, Doris Humphrey et Martha Graham, tout est à inventer, ils construisent les fondations d'un art nouveau : la danse modene. Pour Cunningham, la danse moderne existe déjà lorsqu'il l'aborde. Il en ressort la non modernité. Il y a en effet dans les années 50, un décalage majeur entre l'avant-garde en peinture, musique, littérature et celle de la danse. La danse est occupée à explorer le corps comme champs nouveau mais ne remet pas encore en question sa pratique du spectacle. La plupart des œuvres modernes sont narratives ou ont au moins une thématique, l'espace scénique continue à respecter les lois de la perspective établie au 17ème siècle avec la scène à l'italienne.
Cunningham dès ses premières œuvres, fait basculer l'histoire du spectacle vivant. D'abord soliste chez Graham de 1940 à 1945, il se lasse des thématiques. Il découvre des courants de peinture surréaliste, le dada et s'intéresse au travail de Jackson Pollock avec les projections aléatoires de peintures sur la toile (dripping), alors qu'il est élève à la Cornishschool de Seattle pour devenir comédien.
Pour John Cage, la musique est un bruit (cf. quatuor pour moteur à explosion, vent, métronome et éboulement de terrain). Les problèmes de composition sont résolu grâce à l'aide des processus aléatoires. En particulier grâce à l'aide du i-ching « le livre des transformations », un livre chinois répertoriant des combinaisons de diagrammes pour déterminer l'avenir. La rigueur absolue empruntée à la philosophie zen enchante Cunningham. En remplaçant le mot « son » par le mot « mouvement » , il élabore une pensée novatrice de la danse désormais pensée comme mouvement à l'état pur. L'enseignement d'une vision contemplative et anti égocentrique de l'univers des philosophies extrêmes orientales le passionne. Comme le dit John Cage « ne rien imposer, laisser être, permettre à chacun d'être le centre du monde. » Il rejette la convention selon laquelle un ballet doit raconter quelque chose : intrigue, implication symbolique et psychanalytique comme chez Graham. Le geste constitue pour lui la totalité de la danse. Il dit : « je crois profondément que le mouvement est expressif au-delà de toute intention. » « Dance is motion, not emotion. »
            Le geste purifié se développe sans but ni fin et le ballet fait penser à un mécanisme d'horlogerie où les rouages fonctionnent à des vitesses différentes en agissant les uns sur les autres.  C'est la fréquentation des peintres d'avant-guarde qui conduit Cunningham à remettre en cause l'espace scénique. Cunningham reprend à son compte la théorie d'Einstein sur la relativité selon laquelle il n'y a pas de point fixe dans l'espace « chaque personne est un centre […] c'est comme dans la rue nous voyons plus d'une chose, nous devons changer constamment la direction de notre regard. »
Ainsi, chaque danseur suit sa propre trajectoire et évolue dans son propre espace, chaque point de la scène est un centre.
Sa musique & sa danse :
Musique et danse se déroulent parallèlement chacune avec son propre langage, leur point commun est la durée. Cunningham observe que rien ne lie la danse & la musique. « Il est difficile pour beaucoup d'accepter que la danse n'ait rien en commun avec la musique, sinon un élément temps et sa division. »
Sa danse est marquée par le retour d'une virtuosité disparue dans la modern dance. A partir de 1943, il compose abondamment et donne des tournées de danse et de musique avec John Cage. Depuis 1974,il s'exprime par une suite de variation sur un thème : le hasard, ce sont les « events »: différentes séquences sont désignées par des numéros, les events sont conçu pour être danser n'importe où (gymnase, hall de gare, musée, théâtre...). Les events « ce sont des soirées sans entractes. Je compose l'event à partir de fragments d’œuvres diverses, un peu comme on passe d'une chaîne à l'autre à la télévision. » Sa structure dépend du lien proposé comme espace scénique. Enfin, il renouvelle le travail chorégraphique au moyen de l'informatique avec le logiciel : Lifeforms. 
 
 

 
 

 


























 

 

 

 

 


 

 

 

MERCE CUNNINGHAM

 

- BIOGRAPHIE : (1919 – 2009) mort à 90 ans donc 65 années de création !!!

Danseur et chorégraphe américain.

Il prend des cours de théâtre dès l’âge de 12 ans.

Il débute en danse en technique Graham et avec la méthode Horst,

Il rencontre John Cage en 1938 qui accompagne les classes de danse au piano dans cette école

Il danse chez Martha Graham de 1939 à 1945 ou il est décrit comme l’un des plus beaux danseurs américains.

Il commence à chorégraphier des pièces encouragé par Cage puis fonde sa compagnie en 1953. « la Merce Cunningham Dance Company »  au Black Mountain College.

John Cage, sera son compagnon pendant plus de 50 ans jusqu’à son décès en 1992

En 2002, Il reçoit à Monaco, pour l'ensemble de sa carrière, le Prix Nijinski remis par Robert Rauschenberg.

Il a continué à se produire jusquà plus de 70 ans, malgré les atteintes de l’arthrose

 

Son œuvre a contribué au renouvellement de la pensée de la danse dans le monde. Son travail chorégraphique relève d’un mode de pensée, d’une vision du monde plus que de l’histoire personnelle d’un individu.

 

- MAÎTRES, ECOLE, FILIATION

  Martha Graham (1894 – 1991) grande prêtresse de la danse depuis déjà 20 ans quand Merce vient danser chez elle, et qui produira plus de 50 pièces chorégraphiques pendant 65 ans de création. Elle travaille sur l’idée du retour à l’origine, retour aux sources avant la civilisation et ses méfaits, exaltation de grands sentiments, des valeurs morales, univers très émotionnel où l’on va chercher l’expression du moi profond, dans une époque très axée sur cette idée de l’expression. Cunningham explorera un tout autre univers, à l’opposé de celui de Martha Graham

  John Cage : créateur du piano arrangé

  Marcel Duchamp qui fascine tout le monde avec ses ready made au Black Montain collège

 

- QUELQUES UNES DE SES OEUVRES:

  • 1991 : Beach Birds
  • 1988 : Changing Steps et Five Stone Wind
  • 1958 : Summer Space
  • 1951 : 16 Danses pour soliste et compagnie de trois
  • 1948 : Untitled Solo

 

 

- COLLABORATIONS ARTISTIQUES: LIENS AVEC D’AUTRES ARTISTES

Avec des plasticiens Robert Rauschenberg devient son plasticien attitré jusqu’en 1964 et Jasper Johns qui sont à l’origine du Pop Art et aussi Andy Warhol, Franck Stella, entre autres

Avec des compositeurs comme Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor, pour ne citer qu’eux.

Tous sont des artistes attentifs aux impressions sonores et visuelles émanant de la vie citadine, et aux innovations technologiques de leur temps.

 

- PRINCIPES DE TRAVAIL

Il est considéré comme le chorégraphe qui a réalisé la transition conceptuelle entre danse moderne et danse contemporaine. Il est à la charnière entre la danse moderne et postmoderne et n'entre dans aucune des deux catégories. Il fait partie du courant artistique de « l'art moderne »

En résumé :

- N’importe quel mouvement peut devenir de la danse

- N’importe quelle procédure constitue une méthode valide de composition (dont le hasard)

- Toute partie du corps peut être utilisée

- Musique décor costumes, lumières et danse ont une logique propre et une identité distincte

- N’importe quel danseur de la compagnie peut être soliste

- N’importe quel espace convient à la danse

- La danse peut parler de n’importe quoi mais elle traite fondamentalement et avant tout du corps humain et de ses mouvements à commencer par la marche

 

- SOURCES D’INSPIRATION POINT DE DEPART DE SON TRAVAIL:

Donner à voir le mouvement et son organisation dans l’espace et dans le temps.

Pas de sens caché dans ses pièces, le spectateur doit être actif pour construire son propre sens

Sa danse serait une danse de l’intelligence par opposition à la danse de l’émotion de la modern dance.

C’est une danse pudique qui tient l’émotion à distance.

Exige une grande disponibilité mentale, une maîtrise du corps non rigide.

Il faut avoir l’esprit toujours vigilant pour danser cette danse

C’est d’ailleurs en cela qu’il serait difficile de dire que la danse de Cunningham est abstraite, car c’est bien le corps concret qui est utilisé très loin dans ses possibilités, y compris dans ses rapports à l’intelligence.

 

- OEUVRE ETUDIÉE AU PROGRAMME: “changing step”

  Pièce chorégraphique pour 10 danseurs créée en 1973 Musique David Berman, John Cage, Gordon Mumma, D Tudor.

  Vidéo, réalisée par Elliot Caplan et Cunningham en 1989 , musique de John Cage

 

Inscrite au repertoire de la compagnie, très souvent dansée en tournée, donnée intégralement ou pariellement lors de nombreux events et finalement repris par plusieurs compagnies de ballet, « changing steps » pourrait être un modèle emblématique de la démarche de Cunningham. Les dix soli (construits pour chaque interprète en particulier) cinq duos trois trios deux quatuors et deux quintettes peuvent être dansés dans n’importe quel ordre, n’importe quel espace, n’importe quelle combinaison. Une matière souple ductile (déformable), d’autant plus forte qu’elle sert les transformations de structures sans être altérée. Mises à bout, les danses durent 43 minutes et seulement 12 mn 30 si on décide de les donner simultanément, en compactant la pièce. Cette jonglerie loin d’être un exercice mécanique, propose à chaque représentation une expérience fraîche.

 L’histoire de cette liberté est évidente dans la vidéo qui brise ou varie les cadres, traite chaque section indépendamment ou ménage la continuité d’une séquence nomade tournée tois fois de studio en jardin. L’écran intègre aussi aux images actuelles des images d’archives de 1974 : on lit alors, d’une génération à l’autre, le passage de la danse dans les corps, dans le temps. Et l’on entend le titre comme une intuition.

 

- EXTRAITS VIDEOS VUS EN COURS

Changing step, Bich Bird, le piano arrangé de Cage, l’hommage des personnalités actuelles de la danse

 

- COMMENTAIRES, CRITIQUES, HERITAGE

Il a contribué à la finalisation d’un logiciel d’écriture du mouvement, « Life forms », qui permet de composer la danse par ordinateur

Il a été l’un des premiers chorégraphes à s’approprier l’usage de la caméra pour filmer la danse, non comme un témoin de travail, mais comme un objet visuel en soi.

Impact dans le monde de la danse contemporaine :  

Un grand nombre de danseurs actuels sont passés par le studio Cunningham et ont formé ensuite leur propre compagnie de danse, notamment Trisha Brown, Lucinda Childs, Steve Paxton, Karole Armitage, Dominique Bagouet, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta, Philippe Decouflé

 

 

CITATIONS:

« si l’interprète a un désir d’expression personnelle, la psychanalyse est le domaine qui convient »

«  Je tiens toujours à trouver de nouvelles voies… bien des fois je commence avec un rien, mais qui pour moi est neuf, et cela s’ouvre sur des univers infinis »

«  Durant les classes nous bouleversons sans cesse les exercices, les rythmes, pour nous contraindre à penser les choses différemment, pour que je me force à chercher des voies insoupçonnées »

« Le hasard m’a beaucoup appris. Je lui pose des questions, il me donne des réponses inattendues qui m’ouvrent de nouveaux horizons »

« Merce nous impose des enchainements millimétrés mais il nous laisse nous débrouiller avec. Il ne nous dit jamais comment les exécuter » Un de ses danseurs

« La chorégraphies est l’art de ne pas se cogner sauf si on le souhaite » John Cage

 

 

Merce Cunningham et son univers

Danseur et chorégraphe américain. Son œuvre a contribué au renouvellement de la pensée de la danse dans le monde. Il est considéré comme le chorégraphe qui a réalisé la transition conceptuelle entre danse moderne et danse contemporaine notamment en découplant la danse de la musique, et en intégrant une part de hasard dans le déroulement de ses chorégraphies.

 

BIOGRAPHIE de Merce Cunningham (1919 – 2009)

Il prend des cours de théâtre chez Mrs Barett et se produit en spectacle dès l’âge de 12 ans.

Il débute en danse chez Bonnie Bird en technique Graham rencontre John Cage en 1938 qui y accompagne les classes au piano. Il danse chez Martha Graham de 1939 à 1945 ou il est décrit comme l’un des plus beaux danseurs américains. Il commence à chorégraphier des pièces puis fonde sa compagnie en 1953. Robert Rauschenberg devient son plasticien attitré jusqu’en 1964. Il travaillera aussi avec d’autres artistes dont Andy Warhol

Présenter le travail chorégraphique de Merce Cunningham a ceci de particulier qu’il nous engage à parler d’un mode de pensée, d’une vision du monde plus que de l’histoire personnelle d’un individu.

Merce Cunningham fait partie de tout un courant artistique - de l'art moderne - qui a affecté le monde des arts plastiques, de la musique et dans une moindre mesure celui de la danse.

Merce Cunningham était danseur chez Martha Graham lorsqu’il a entamé son parcours chorégraphique. Martha Graham était une des grandes figures de ce qui s’appelait alors la « modern dance ». Le concept à l’œuvre dans la modern dance était celui du retour à l’origine, le retour aux sources avant la civilisation et ses méfaits. Avec la danse, Martha Graham pensait pouvoir rétablir le contact avec des énergies anciennes, naturelles et mythiques qui dorment en nous sous la surface de la culture, d’où son exploitation artistique des mythes anciens par exemple. La danse de Martha Graham exaltait de grands sentiments, des valeurs morales. C’était un univers très émotionnel où l’on allait chercher au fond de soi pour exprimer ce qui y serait enfoui. C’était d’ailleurs l’époque qui était axée sur cette idée de l’expression (voir par exemple Jackson Pollock pour la peinture). Cunningham dit de l’interpète que « s’il a un désir d’expression personnelle, la psychanalyse est le domaine qui convient »

C’est donc dans ce contexte que Cunningham, poussé par son compagnon le compositeur John Cage, va composer ses premières pièces. Il quitte la compagnie de Graham en 1945 et crée ses premiers solos. En 1953, il fonde sa compagnie, la Merce Cunningham Dance Company (MVDC) au Black Mountain College. En 2002, Merce Cunningham reçoit à Monaco, pour l'ensemble de sa carrière, le Prix Nijinski remis par Robert Rauschenberg.

 

Utilisation du hasard

En 1951, sa pièce 16 danses pour soliste et compagnie de trois va marquer le premier pas dans une autre direction que celle du retour au moi profond. C’est que Cunningham utilise le hasard pour composer cette danse : il jette des pièces pour déterminer l’ordre des sections de la danse. L’utilisation du hasard lui permet de prendre des décisions esthétiques de manière objective et impersonnelle. On peut dire que ce moyen d’arriver à la création, non par intuition, instinct ou goût personnel, a été une sorte de point de non-retour dans la conception chorégraphique de Cunningham.

Cette idée d’utiliser les procédés de hasard pour composer a été d’abord mise en œuvre par le compositeur John Cage, compagnon de Cunningham pendant plus de 50 ans jusqu’à son décès en 1992. Le cercle d’artistes gravitant autour de Cage et Cunningham se composait entre autres de plasticiens comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns, de compositeurs comme Earle Brown, Morton Feldman, David Tudor, pour ne citer qu’eux. Tous ces artistes étaient des gens profondément ancrés dans leur temps. On pourrait dire que ce sont des artistes « urbains » qui ne tournent pas le dos aux impressions sonores et visuelles émanant de la vie citadine, ni aux innovations technologiques de leur temps.

Ainsi, comme dans la vie, dans les chorégraphies de Cunningham coexistent la danse, la musique, l’œuvre plastique, qui, travaillées chacune de leur côté, sont superposées le jour du spectacle en une rencontre artistique ouverte. Cunningham ne veut qu'aucune forme artistique ne prédomine sur l'autre en scène, mais qu'elles forment un tout.

Pourquoi cette utilisation du hasard dans ses œuvres ? C’est un moyen de se surprendre soi-même, d’aller au-delà de son propre ego, de sortir de ses habitudes.

Le but de la danse de Cunningham est de donner à voir le mouvement et son organisation dans l’espace et dans le temps. Il n’y a pas de sens caché dans les chorégraphies de Cunningham et c’est à chacun de trouver son chemin dans son œuvre. Le spectateur est appelé à être actif, puisqu’il n’y a pas de sens qui lui soit donné, il est libre de voir ou d’entendre ce qu’il veut, selon son propre désir. On pourrait dire que la danse de Cunningham serait une danse de l’intelligence par opposition à la danse de l’émotion de la modern dance. C’est une danse pudique qui tient l’émotion à distance. Libre à chacun d’éprouver du plaisir à ces jeux de collage que sont les chorégraphies de Cunningham et de son équipe.

En dehors du hasard, c’est le traitement du temps qui est spécifique chez Cunningham. Ce n’est plus le temps de la musique que l’on suit, mesure à mesure, mais c’est le temps du chronomètre. Les séquences de danse ont telle ou telle durée. Chaque cellule a sa propre musicalité dans ses rapports des mouvements entre eux et avec ceux des autres. La musicalité est interne au mouvement et à celui qui le danse, elle n’est pas imposée de l’extérieur.

Le rapport à l’espace est très spécifique également. Ce n’est plus celui de la perspective. Chaque danseur est son propre centre. L’espace se fait et se défait, se tisse sous les yeux des spectateurs, libre à eux de choisir ce qui les intéresse plutôt que de fixer le danseur étoile au centre de la scène.

Du point de vue de la technique du mouvement, Cunningham utilise les mouvements des jambes qui sont proches du classique dans leur forme, mais l’intention et l’énergie qui les animent se situent dans un autre registre, d’autant que s’y ajoutent des mouvements de dos choisis de manière aléatoire et qu’il utilise dans toutes ses directions possibles : en avant, en arrière, sur les côtés, sur les diagonales avant et arrière... Sa technique libère les membres et le torse en axant le mouvement sur la colonne vertébrale, elle favorise la virtuosité et la vélocité

Ainsi, danser chez Merce Cunningham demande une grande disponibilité mentale, une maîtrise de son corps non rigide, il faut avoir l’esprit toujours vigilant pour danser cette danse. C’est d’ailleurs en cela qu’il serait difficile de dire que la danse de Cunningham est abstraite, car c’est bien le corps qui est utilisé très loin dans ses possibilités, y compris dans ses rapports à l’intelligence.

Cunningham a été l’un des premiers chorégraphes à s’approprier l’usage de la caméra pour filmer la danse, non comme un témoin de travail, mais comme un objet visuel en soi.

 

Contribution à la réalisation d'un logiciel d’écriture du mouvement

Cunningham a également contribué à la finalisation d’un logiciel d’écriture du mouvement, « Life forms », qui permet de composer la danse par ordinateur, ce qu’il ne se prive pas de faire depuis que l’âge ne lui permet plus de danser. Ainsi, en 2005 il crée toujours des chorégraphies par le biais de l’informatique, prouvant ainsi qu’il a toujours su s’adapter à son temps et aux circonstances.

Théorie

C'est avec Merce Cunningham que commencent à être posés les problèmes de la danse moderne. Il n'y a plus de fil conducteur, plus forcément d'histoire. Vite rejoint par John Cage, il va creuser le mouvement et bouleverser les codes de la scène : tous les points de l'espace ont la même valeur, pourquoi ce rapport binaire entre la danse et la musique, chaque danseur est un soliste, il n'y a plus un chœur et un seul soliste... Il est à la charnière entre la danse moderne et postmoderne et n'entre dans aucune des deux catégories. Son travail sera utilisé dans la danse postmoderne pour le bousculer ou pour le continuer, avec l'idée que tout mouvement a une valeur égale. Merce Cunningham essaye de se défaire des coordinations du corps et tire au hasard des éléments du corps et des directions. Il expérimente alors des mouvements inconnus : en 1948 avec Untitled Solo, on voit une danse assez verticale qui décompose le mouvement sur l'axe fort de la colonne. L'intérêt créatif réside dans le chemin qui mène d'une figure à l'autre. Ce travail sur l'aléatoire le conduit à faire appel à des informaticiens et à créer Lifeform, un logiciel qui crée et modélise sous la forme d'un petit personnage virtuel, des mouvements aléatoires, dans un ordre aléatoire. Le problème de la chute suivie du saut résume bien la difficulté de la mise en œuvre, et même ces erreurs sont acceptées. De la même façon, il fait travailler séparément son équipe sur la musique, sur les costumes etla lumière, et réunit l'ensemble le jour de la représentation. Ainsi il casse l'association danse-musique et travaille sur les durées et non sur la musique elle même. Avec Biped en 1999, il met en scène pour la première fois le logiciel Lifeform.

En résumé :

- N’importe quel mouvement peut devenir de la danse

- N’importe quelle procédure constitue une méthode valide de composition

- Toute partie du corps peut être utilisée

- Musique décor costumes, lumières et danse ont une logique propre et une identité distincte

- N’importe quel danseur de la compagnie peut être soliste

- N’importe quel espace convient à la danse

- La danse peut parler de n’importe quoi mais elle traite fondamentalement et avant tout du corps humain et de ses mouvements à commencer par la marche

 

Impact dans le monde de la danse contemporaine

Un grand nombre de danseurs actuels sont passés par le studio Cunningham et ont formé ensuite leur propre compagnie de danse, notamment Paul Taylor, Trisha Brown, Lucinda Childs, Steve Paxton, Karole Armitage, Dominique Bagouet, Angelin Preljocaj, Jean-Claude Gallotta, Philippe Decouflé

 

ŒUVRE ETUDIEE : Changing Steps

- Pièce chorégraphique pour 10 danseurs créée en 1973 au cours de l’event n° 65

Musique David Berman John Cage, Gordon Mumma, D Tudor.

- Vidéo, réalisée par Elliot Caplan et Merce Cunningham, musique de John Cage, Cunningham Dance Foundation, New York, 1989

 

Inscrite au repertoire de la compagnie, très souvent dansée en tournée, donnée intégralement ou pariellement lors de nombreux events et finalement repris par plusieurs compagnies de ballet, « changing steps » pourrait être un modèle emblématique de la démarche de Cunningham. Les dix soli (construits pour chaque interprète en particulier) cinq duos trois trios deux quatuors et deux quintettes peuvent être dansés dans n’importe quel ordre, n’importe quel espace, n’importe quelle combinaison. Une matière souple ductile (déformable), d’autant plus forte qu’elle sert les transformations de structures sans être altérée. Mises à bout, les danses durent 43 minutes et seulement 12 mn 30 si on décide de les donner simultanément, en compactant la pièce. Cette jonglerie loin d’être un exercice mécanique, propose à chaque représentation une expérience fraîche.

 L’histoire de cette liberté est évidente dans la vidéo qui brise ou varie les cadres, traite chaque section indépendamment ou ménage la continuité d’une séquence nomade tournée tois fois de studio en jardin. L’écran intègre aussi aux images actuelles des images d’archives de 1974 : on lit alors, d’une génération à l’autre, le passage de la danse dans les corps, dans le temps. Et l’on entend le titre comme une intuition.

 

Les influences de CUNNINGHAM

 

L’art moderne

On considère en général que la période de l'histoire de l'art que l'on désigne sous l'appellation d'art moderne commence en 1907, avec Les Demoiselles d'Avignon de Pablo Picasso, et s'achève au milieu des années 1960, avec l'apparition du mouvement Fluxus et du pop art, deux des racines de l'art et du vocabulaire actuel de l'art dit « contemporain ».

L'art moderne se différencie dans sa volonté d'autonomie et dans la naissance de la critique d'art. En effet, à cette période l'art devient sujet d'écriture : la critique est souvent un discours engagé sur l'œuvre. Goethe et Matisse écriront sur la couleur. De nombreux artistes publient des textes ou des manifestes (dadaïsme, futurisme, surréalisme)

 

Le mouvement DADA

Dada, dit aussi dadaïsme, est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, se caractérisa par une remise en cause, à la manière de la table rase, de toutes les conventions et contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Malgré la Première Guerre mondiale, Dada connut une rapide propagation internationale.

Ce mouvement a mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions, le rejet de la raison et de la logique, l'extravagance, la dérision et l'humour. Ses artistes se voulaient irrespectueux, extravagants, affichant un mépris total envers les « vieilleries » du passé comme celles du présent qui perduraient. Ils recherchaient la plus grande liberté de créativité, pour laquelle ils utilisèrent tous les matériaux et formes disponibles. Ils recherchaient également cette liberté dans le langage, qu'ils aimaient lyrique et hétéroclite.

 

John Cage (1912-1992) compositeur, poète et plasticien américain

Élève de Schoenberg, John Cage s'est illustré comme compositeur de musique contemporaine expérimentale et comme philosophe. Il est également reconnu comme l'inspirateur du mouvement Fluxus, et des expérimentations musicales radicales qui accompagnaient les chorégraphies de la Merce Cunningham Dance Company. Il y a d'ailleurs occupé la fonction de directeur musical puis de conseiller musical jusqu'à sa mort en 1992.

En 1935, faute de place pour pouvoir utiliser des instruments de percussions pour les besoins d'une œuvre destinée à accompagner une chorégraphie de Syvilla Fort, Cage crée sa première pièce pour piano préparé. Cette idée lui a en fait été suggérée par Henry Cowell, dont il fut l'élève en 1934, et qui faisait déjà de nombreuses expériences dans ce sens depuis les années 1910 (The Banshee, 1917). Cage fut très influencé par le livre New Musical Resources écrit par Cowell avec l'aide d'un professeur de Stanford à partir des leçons du professeur Charles Seeger.

Cage composa de nombreuses pièces pour piano préparé dont les Sonates et interludes, où le pianiste doit insérer de manière précise entre certaines cordes du piano des objets divers comme des boulons ou des gommes servant à en transformer le son.

L'étrangeté de ses compositions laisse transparaître l'influence du compositeur Erik Satie, auteur en son temps incompris de compositions très originales, comme les ésotériques Gnossiennes ou les très sobres et célèbres Gymnopédies. Cherchant à épurer sa musique, il eut la particularité d'écrire ses œuvres sans ponctuation musicale, laissant au pianiste comme seules indications des descriptions d'atmosphère au lieu des traditionnelles nuances.

L'une des œuvres les plus célèbres de John Cage est probablement 4′33″, un morceau où un(e) interprète joue en silence pendant quatre minutes et trente-trois secondes. Composée en trois mouvements devant cependant être indiqués en cours de jeu, l'œuvre a été créée par le pianiste David Tudor. L'objectif de cette pièce est l'écoute des bruits environnants dans une situation de concert. Cette expérimentation découle de l'importance qu'accordait John Cage à la pensée de Henry David Thoreau. Ce dernier relate dans son « Journal » qu'il est plus intéressant d'écouter les sons de la nature, le son des animaux et le glissement furtif des objets animés par les éléments naturels par le vent que la musique préméditée par l'intention d'un compositeur1. 4′33″ découle aussi de l'expérience que Cage réalise dans une chambre anéchoïque dans laquelle il s'aperçut que "le silence n'existait pas car deux sons persistent" : les battements de son cœur et le son aigu de son système nerveux." Comme le dit Yōko Ono, John Cage « considérait que le silence devenait une véritable musique ». À partir de cette période, toutes les compositions de Cage seront conçues comme des musiques destinés à accueillir n'importe quel son qui arrive de manière imprévue dans la composition. Cage prétendait que l'une des composantes les plus intéressantes en art était en fait ce facteur d'imprévisibilité où des éléments extérieurs s'intégraient à l'œuvre de manière accidentelle. Il considérait la plupart des musiques de ses contemporains «trop bonnes car elles n'acceptent pas le chaos». À partir de cette époque, il compose des musiques uniquement fondées sur le principe d'indétermination en utilisant la différentes méthodes de tirage aléatoire dont le Yi-king. Le mot « aléatoire » doit s'entendre chez John Cage, en anglais, comme chance et non pas random.

Le travail de John Cage s'appuie sur la recherche et l'expérimentation. Il fut lauréat du Prix de Kyōto en 1989. Après son divorce en 1948, John Cage a partagé sa vie durant 50 ans avec le chorégraphe Merce Cunningham4.

 

Robert Rauschenberg 1925 - 2008 artiste plasticien américain. Il est considéré comme l'un des plus grands représentants de l'expressionnisme abstrait, du Néo-Dada et comme le précurseur du Pop Art ; ses réalisations vont de la peinture à la gravure, en passant par la photographie, la chorégraphie et la musique. Son œuvre est parmi les plus complexes et les plus novatrices du XX° siècle. Il a participé au renouvellement des avant gardes à travers un processus de céation qui juxtapose et confronte tous les modes d’expression

Néo dada 1950 -1960: Etats-Unis. Affinités avec Dada: maniement du paradoxe et de l'ambiguïté, récupération d'objets trouvés, "sculptures" d'objets du quotidien. Figuration enracinée dans la vie de tous les jours. Conserve l'apparence du geste, les grandes dimensions et les épaississants picturaux Etats-Unis.

 

Happening : manifestation collective organisée par un ou plusieurs artistes nécessitant la participation des spectateurs. Le déroulement a autant d’importance que le résultat. Les caractéristiques du happenning sont le non professionnalisme des participants et la non détermination du déroulement, où des objets quotidiens ou technologiques sont utilisés comme des moyens de s’ouvrir à l’expérience artistique. On peut parler de théâtralisation des gestes et des pratiques du quotidien. Le happenning est un mouvement artistique qui a pris naissance aux Etats Unis en 1959.

 

Event : signifie à la fois événement dans sa dimension aléatoire et manifestation  au sens commun du terme. C’est un genre de représentation chorégraphique à occurrence unique, hors dispositif scénique traditionnel, développé par Merce Cunningham et John Cage. Alors que les arts plastiques et la performance particulièrement dans les années 60 produisent de nouvelles formes d’objets artistiques on varie beaucoup alors sur la manière de les appeler « work » « new work », « action ».

Cunningham donne à au terme d’ « event » ses lettres de noblesse dans la danse en adoptant en 1964 un genre relativement informel lors d’une tournée en Europe et en Asie. Se trouvant à Vienne sans salle de spectacle permettant de produire les œuvres du répértoire il propose un « collage » de chorégraphies sans leur décor et musique d’origine. Les musiciens sont installés autour de l’espace sur trois côtés et le public regarde selon son choix la danse la musique ou le paysage à travers une baie vitrée. Cet Event répond au désir de Cunninham laisser une place à l’indétermination. La compagnie se produit alors régulièrement dans des gymnases des musées des université en plein air combinant ainsi formel et informel, determiné et aléatoire. Un Event de Cunningham constitue en général une soirée entière de 90 minutes avec sa partition musicale propre. Chaque Event est unique. Il y en a eu probablement un millier à ce jour en comptant les minEvents donnés à partir des années 90 qui durent 1/3 du temps. On a cessé de les numéroter à partir de 1980. Ils illustrent de manière éclatante la symbiose de l’œuvre de Cunningham avec la VIE, kaléidoscope de mouvements de sons naturels ou composés, de formes, de moments accidentels ou voulus, du regard et de la sensibilité des spectateurs.

 

 

Black Mountain collège (1933 1957) fut une université expérimentale fondée en 1933 près d'Asheville en Caroline du Nord, aux États-Unis. Elle cessa son activité en 1957.

Son nom vient des nombreuses montagnes noires qui entourent l'université.

Elle fut fondée en réaction aux écoles plus traditionnelles sous l'impulsion de plusieurs enseignants (John Andrew Rice, Theodore Dreier, ...), avec une orientation pédagogique plus libérale axée sur l'expérience de petites communautés et une ouverture très fortes à toutes les pratiques artistiques. Des artistes européens exilés s’y retrouvent notamment ceux du Bauhaus

Dans les années 40 – 50 Doris Humprey qui vient y donner des conférences et elle est fréquentée Cage Cunningham et Raushenberg. Cage y joue sa première « musique silencieuse » met en scène le premier happenning et Cunningham y crée sa compagnie

 

Bauhaus (1919 1933)

Le Bauhaus est un institut des arts et des métiers fondé en 1919 à Weimar (Allemagne), sous le nom de Staatliches Bauhaus, par Walter Gropius, et qui, par extension, désigne un courant artistique concernant, notamment, l'architecture et le design, mais également la photographie, le costume et la danse. Ce mouvement posera les bases de la réflexion sur l'architecture moderne, et notamment du style international. En 1933, le Bauhaus (installé à Berlin) est fermé par les Nazis, et sa dissolution est prononcée par ses responsables. De nombreux artistes et professeurs s'exilent aux États-Unis pour échapper au nazisme.

Son but est de mettre en corélation ces divers processus de création pour parvenir à un nouvel équilibre culturel esthétique et politique. Il exclut le retrait de l’artiste dans sa tour d’ivoire

Le programme du Bauhaus a suscité l'adhésion d'un grand nombre d'artistes d'avant-garde de toute l'Europe, parmi lesquels on peut citer Vassily Kandinsky, Paul Klee ou Marcel Breuer.

 

Marcel Duchamp (1887 1968)

Peintre américain d’origine française. Il s’est éloigné progressivement du fauvisme et du cubisme, il place le mouvement au centre de ses préoccupations et s’attache à rendre compte, par la peinture de l’influence de la chronophotographie d’Etienne Jules Marey et du dynamisme de la vie moderne à l’instar des futuristes italiens. En 1912 il peint le « Nu descendant l’escalier » qui sera refusée au salon des indépendants, dans laquelle il montre sur un même plan les différentes phases de l’action de descendre un escalier.

Entre 1913 et 1915 il invente le concept du ready made en choisissant de placer dans un musé un objet manufacturé (urinoir, porte bouteille, roue de bicyclette…) il rend caduque la valeur utilitaire de l’objet pour l’ériger au statut d’œuvre d’art.

 

 

 

Matière ductile : désigne la capacité d'un matériau à se déformer plastiquement sans se rompre

 

 

 




















LE YIJING ou Livre des mutations

 

Est un manuel chinois de divination le plus ancien des classiques chinois qui date des années 800 à 600 avant notre ère.

Avec ses 64 signes bizarres appelés hexagrammes chacun de ces six traits superposés brisés ou pleins, ying ou yang, le yi jing ou livre des changements constitue un extraordinnaire outil pour comprendre le monde.

Pratiquer le Yijing revient à s’initier à la pensée de Confucius* sans avoir à apprendre le chinois.

  • Oublier toute idée de stabilité: “la seule chose qui ne changera jamais c’est que tout est toujours en train de changer” d’où la nécessité de passer d’une vision dynamique à une vision statique des choses.
  • Abandonner l’envie futils de percer le secret de l’avenir: le yijing donne une sorte d’intantanné en volume de la situation envisagée dans ses diverses propensions:
  • Pratiquer sans modération: cela permet de délier le mental d’apprendre à dissoudre les dilemmes dans la nature changeante du grand tout pour adopter une position possible entre le fatalisme et la révolte

Exemple:

L’héxagramme N° 14 traite du leadership pour lequel il conseille de savoir

            Apprendre à déléguer

            S’exposer afin de créer un esprit de corps

            Enclancher une dynamique

            Faire preuve de constance, d’endurance

Leçon: diriger est plus subtil que commander. Un dirigeant sage sait alternativement s’affirmer et s’effacer, il sait animer ses troupe pour les rendre capable d’endurer

 

 

Le Yi Jing (sinogrammes simpl./trad., pinyin yì jīng, Wade-Giles i4 ching1, également orthographié Yi King ou Yi-King), prononcé en français i ting (t comme dans le mot « tiens », ing comme dans le mot « parking »), est un manuel chinois dont le titre peut se traduire par « Classique des changements » ou « Traité canonique des mutations ». Il s'agit d'un système de signes binaires utilisé pour faire des divinations. Le Yi Jing s'appelle aussi Zhou Yi (, pinyin : Zhōu Yì, Wade-Giles : Chou1 I4) c'est-à-dire « changements de Zhou » pour la raison suivante.

Son élaboration date du premier millénaire avant l'ère chrétienne, époque des Zhou (-1027,-256 av JC). Il occupe une place fondamentale dans l'histoire de la pensée chinoise et peut être considéré comme un traité unique en son genre dont la finalité est de décrire les états du monde et leurs évolutions. Il est le premier des cinq classiques et donc considéré comme le plus ancien texte chinois.

Le Yi Jing est le fruit d'une recherche spéculative et cosmogonique élaborée, dont les articulations ont informé durablement la pensée chinoise. Sa structure mathématique a impressionné Leibniz qui y aurait vu la première formulation de l'arithmétique binaire. De fait, partant d'une opposition/complémentarité entre les principes Yin et Yang (adret et ubac, soleil et lune, mâle et femelle, actif et passif, etc.) et subdivisant cette dualité de façon systématique, le Yi Jing arrive à la série des 64 figures qui peuvent interpréter toutes les transformations possibles.

« Le Yi-King ou Livre des transformations de l'archaïque magie chinoise apporte l'image la plus exemplaire de l'identité du Génésique et du Génétique. La boucle circulaire est un cercle cosmogonique symboliquement tourbillonnaire par le S intérieur qui à la fois sépare et unit le Yin et le Yang. La figure se forme non à partir du centre mais de la périphérie et naît de la rencontre de mouvements de directions opposés. Le Yin et le Yang sont intimement épousés l'un dans l'autre, mais distincts, ils sont à la fois complémentaires, concurrents, antagonistes. La figure primordiale du Yi-King est donc une figure d'ordre, d'harmonie, mais portant en elle l'idée tourbillonnaire et le principe d'antagonisme. C'est une figure de complexité. »

 

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
lelabodart@gmail.com

Email