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Chapitre 5: La nouvelle danse française

Née au début des années 1970, la Nouvelle danse française sera qualifiée ainsi à la fin de la décennie, notamment dans un ouvrage de Lise Brunel datant de 1980. Un élément très important dans l'essor de ce mouvement artistique sera son institutionnalisation à partir de 1981 sous l'impulsion du Ministère de la Culture en France, qui créera notamment une dizaine de Centres chorégraphiques nationaux où seront nommés les chorégraphes les plus novateurs afin de développer dans de bonnes conditions leurs recherches et de les présenter au public en régions3,2. Auparavant ce mouvement a été fortement soutenu par le Centre national de danse contemporaine (CNDC) fondé à Angers en 1977 par Alwin Nikolais2 et par une manifestation culturelle annuelle de première importance pour les jeunes créateurs, le concours de danse de Bagnolet créé en 1969 par Jaque Chaurand, qui servit de catalyseur à l'expansion de la Nouvelle danse française en décernant des prix pour les jeunes talents. Ce concours consacra la plupart des chorégraphes notoires des deux décennies suivantes, tels que Dominique Bagouet, Claude Brumachon, Philippe Decouflé, Jean-Claude Gallotta, Daniel Larrieu, Angelin Preljocaj4.
Par ailleurs, le Théâtre de la Ville, administré par la ville de Paris, à la même époque et sous l'impulsion de Jean Mercure puis de Gérard Violette, permettra de révéler au grand public ces nouveaux chorégraphes français sur la scène nationale et internationale, en raison de la qualité et l'influence de sa programmation. Enfin la promotion en province de la Nouvelle danse se fera grâce à deux importants festivals : le Festival Montpellier Danse créé en 1981 et la Biennale de la danse de Lyon créée en 1984.


https://www.numeridanse.tv/videotheque-danse/maguy-marin-le-pari-de-la-rencontre?s

 

Danse Niveau

Outil d'approche  d'une  pièce chorégraphique :

« May B » ; Maguy Marin,1980

Contextualiser

 

 

Note d'intention du chorégraphe

 

« Ce travail sur l'œuvre de Samuel Beckett, dont la gestuelle et l'atmosphère théâtrale sont en contradiction avec la performance physique et esthétique du danseur, a été pour nous la base d'un déchiffrage secret de nos gestes les plus intimes, les plus cachés, les plus ignorés. Arriver à déceler ces gestes minuscules ou grandioses, de multitudes de vies à peine perceptibles, banales, où l'attente et l'immobilité "pas tout à fait" immobile laissent un vide, un rien immense, une plage de silences pleins d'hésitations. Quand les personnages de Beckett n'aspirent qu'à  l'immobilité, ils ne peuvent  s'empêcher de bouger, peu ou beaucoup, mais ils bougent. Dans ce travail, à priori théâtral, l'intérêt pour nous a été de développer non pas le mot ou la parole, mais le geste dans sa forme éclatée, cherchant ainsi le point de rencontre entre, d'une part la gestuelle rétrécie théâtrale et, d'autre part, la danse et le langage chorégraphique.»

 

Lors d'un entretien sur « Umlet » (2004) M.Marin déclare : »Je suis  passionnée par la question du rapport des êtres humains entre eux. Pourquoi les hommes ont-ils toujours besoin les uns des autres ? Et pourquoi en même temps sont ils toujours dans des rapports de force ? Cette question est le fondement de mes créations.

« Comment notre corps se décline t-il  avec une infinité de manières d'exister et d'éprouver ? De quelle façon les corps sont ils affectés par ce qui les entoure ?

 

Contexte

 

Réception par le public

 

Nouvelle danse française : (cf PPT) Création en 1981  au théâtre municipal d’Angers par le Ballet Théâtre de l’Arche.

Elle commence par susciter des réactions hostiles à l’époque de sa création.   « Avec cette pièce de danse-théatre on allait à contre courant de la tendance alors en vogue,celle de l'abstraction américaine. »M.Marin. (abstraction américaine:Cuninghamm et Nikolaïs)

 Il a fallu attendre 3 ans pour que les programmateurs commencent à la demander en France et à l'étranger. Un engouement international construit ensuite son succès.

Pièce de répertoire pour cette chorégraphe elle est qualifiée actuellement de chef d’œuvre,« Coup de poignard » (U.Alvares interprète de l’œuvre).

Beckett  Elle rencontre l'auteur afin qu'il valide le projet. Ce dernier lui conseille alors de prendre la liberté qu'elle désire avec le texte. i

En 2006 May B a été produit 533 fois dans 41 pays (une cinquantaine de danseurs l' ont interprétée depuis sa création).

Il s'agit de la question du groupe,du rapport de ses différents membres ainsi que de leurs réactions à l'environnement notamment sonore et musicales2 Quelle est alors la nature de ce groupe ? Comment fonctionne t-il ?

Repérer les éléments constituants de la pièce

Titre

May Be = probablement, peut être, sans doute….

« Un titre est très organique. Il essaie de restituer quelque chose des recherches et des interrogations que le travail a mis en branle. » M. Marin

Filiation très littéraire, directe puisque renvoie à une œuvre écrite par Beckett adolescent « May B », ce titre contient aussi à la fois l’origine et l’espoir…

Scénographie

 les décors (volumes...) présence ou l'absence de texte ou d'objets

Costumes Louise Marin.

Plâtré avec de l'argile de la tête au pied,chemise de nuit sale,valise,

de la poussière blanche au sol

-Seules paroles : « Fini, c’est fini. Ca va finir. Ca va peut être finir ». Articulées en prologue et épilogue, elles font mesurer l’enclos dans lequel notre condition humaine est recluse, un surplace entêtant

 

Les costumes

Les éclairages, la lumière

Le monde sonore

Halètement,grognements ,obscénité,frottement de pas au sol,pas raclés,murmures ,couinements,

Des Oeuvres  de Schubert ,Gilles de Binche, G. Bryars  sont données à entendre dans leur intégralité

Le nombre des danseurs, de comédiens ...

 Pièce pour 10 danseurs (5H + 5 F).

Le lieu où se passe la pièce

Théâtre à l'italienne

Durée

1h30

Repérer  les paramètres du geste dansé, les partis-pris corporels, le vocabulaire gestuel

Style, Codification gestuelle, vocabulaire

-Danse minimale : des gestes quotidiens, simples, d’une crudité implacable.

-Gestes très précis, compulsifs, fébriles

-Démarches claudicantes, lente, glissements, raclures, adhérence maximale avec le sol. Pesanteur, gravité, lourdeur (passages au sol)

- Un corps frottant, frotté

- Des changements d’états  permanents qui développent des émotions. Violence, pulsion sexuelle, peur, humour, partage, tendresse, rire, hostilité…Maladie, folie, vulnérabilité, faiblesse, dépression…Une atmosphère gardée jusqu’au salut.

-Une vulnérabilité transfigurée : c’est terrible et le tableau est beau…Plein d’espoir

-Des personnages que l’on adopte : petits êtres gris et rabougris, poignants, livides. Personnages, dépouillés, cabossés, complémentaires.

- Morphologie des personnages variée et renforcée. Identités singulières des danseurs :la jeune fille fragile, le grand au long nez, la ronde frisée…

- Déhanchement,dos rond,cambré poitrine creuse, Équilibre, des raides balancés

Les corps sont-ils verticaux ? contrarié et courbures raidies,

déplacements, joue sur la marche : impression d’errance.

Les gestes sont d'un dénuement extrême,d’un dépouillement totale ( c'est la façon dont elle traite l'immobilité dans l’œuvre de Beckett)

Les groupes se forment se dissocie ,se déplacent rigoureusement dans l'espace. Un corps globalement collectif : »c’est un cœur qui de temps en temps se dissout » M. Marin. Une horde, un effet de masse qui s’agrège et se désagrège au fil des pas. Une masse hébétée qui glapit, grogne, ricane à qui mieux mieux. Une communauté, une énergie du groupe. Une écoute rythmique collective, « agir ensemble ».

M. Marin pose une danse théâtralisée mais pas une danse théâtrale avec un travail sur l'évocation qui naît d'images fortes produit par les corps

Espaces

Temps, musicalité

Énergie:

flux, dynamiques...

Relation entre danseurs

 

Règles du jeu visibles, soupçonnables de la composition

organisation de la chorégraphie

Pas de narration pas de texte. Masque,déhanchement,esquive et autre gestuelle ordinaire forment sa gestuelle et conduisent à une forme de logique dans les positions. Absence de narration et de texte. Elle chorégraphie son propre théâtre.

Le chorégraphe

-Elle a reçoit une formation de danseuse classique, puis elle suit les cours de Carolyn Carlson  à l’École de Mudra de M. Béjart Elle aborde la pluralité de la danse et la liberté.

- Elle participe à la création de « Chandra » groupe  de recherche dirigé par Van Hoecke (comédien , danseur, chorégraphe belge.) Elle y pratique l’improvisation, le théâtre, la musique, la création.

Soliste dans le ballet du XXème siècle de M. Béjart, elle crée ensuite sa compagnie  « le Ballet théâtre de l’arche ». Remporte le prix de Bagnolet des jeunes chorégraphes en 78.

-Elle fonde avec Daniel Ambash « le ballet théâtre de l'ARCHE »

en 1998 elle fonde un nouveau CCN en banlieue lyonnaise.

-Elle est une des chorégraphes précurseurs de la Nouvelle danse Française.C'est l'une des rares de chez Béjart a avoir réussi à créer son propre langage

Les constantes de son écriture :

-l’extrême rigueur de l'orchestration rythmique et la dimension engagée ( fait de société/ état du monde)

« Elle s’impose par un style alliant pouvoir du rythme, puissance des images et convictions sociales ». (P. Le  Moal).

 Ses productions fortement théâtralisées, jouent du grotesque corporel et de l’imagerie populaire pour explorer des thèmes comme la pauvreté, le sexe, la religion, l’environnement, le terrorisme. Elle parle des relations humaines, elle dit des choses que l’on connaît mais de façon originale.

« Ce que je veux faire et dire en tant qu’artiste et pourquoi ? »

« Vivre c’est être dans son temps, avec ses contemporains. On peut être immergé mais aussi acteur, c'est-à-dire avoir un regard critique –au sens de mettre en crise- sur l’ordre des choses, participer et intervenir sur le cours du monde. Questionner les états de fait, les modes d’action, les objectifs, les choix….

Le plateau de théâtre renvoie à un regard sur nos vies, sur notre temps s .L’artiste formule une poétique de l’être avec le monde….Il éprouve le besoin de traduire des états de perception. De prendre une feuille et de dessiner, d’écrire ou de danser… »

« L’art ne cesse de travailler à la perception d’une réalité bouleversante que la vie quotidienne nous dissimule et nous fait oublier. 

Biographie de Beckett

Beckett: Quad I et II https://www.youtube.com/watch?v=CofD0EHMKGM

http://lesilencequiparle.unblog.fr/2009/10/21/en-attendant-godot-samuel-beckett-may-b-maguy-marin/

Lien avec les arts plastiques

Les monstres de Baush, de Breughel,Goya

sculptures hyper réalistes de Georges Ségal

influence de Picasso , Bacon, Geores Grosz, et Otto Dix

Lien avec le français

Marin rejoint l'univers de Beckett

  • par le langage des corps  ,les silences, l'attente les hésitations
  • par la thématique traitée : le mondes paumés,des clochers,des miséreux du 3° age que Beckett a décrit dans « En attendant Godot » ou « Fin de Partie »
  • la musicalité :Les didascalies ( indications de mise en scène) de Beckett sont plus nombreuses et précises que le texte : « Il détaille les déplacements, les regards et surtout les temps » , M.Marin «  1 temps,1temps long » , S.Beckett

2 personnages de May B= Clov et Hamm,le paralytique de « Fin de partie » et les clochards dérisoires et féroces de « En attendant Godot »

 

Lien avec la musique

Les comptes, le tempo

May B (médiathique de CND) : 3 compositeurs poctuent May B : leurs œuvres sont données à entendre dans leur totalité.

Musique classique Schubert « La jeune fille et la mort » Choix réalisé après  l’entretien d'1h de Marin et Beckett : Il lui a confié que cette musique est  « ce qui contient la plus grande douleur ».

https://www.youtube.com/watch?v=LTbKYuT_aLw

 

Gilles de Binche

Gavin Bryars  « Jesus blood never failed me yet » : une rangaine religieuse chantée dans la rue par un homless de Londres.

https://www.youtube.com/watch?v=E1lnSi7QWY8

 

 

 

Ressources

Extraits  « May B »:

1  8min : https://www.youtube.com/watch?v=_pVc210o-eY

2  3min27  https://www.youtube.com/watch?v=71wZJLRAYz0

3 numeridanse 1'40: http://www.numeridanse.tv/fr/catalog?mediaRef=MEDIA090317164037701

 

Interviews Maguy Marin:

3'46 https://www.youtube.com/watch?v=sDhZvzzpF28

Ram Dam (paroles de danseurs)  2'42: https://www.youtube.com/watch?v=kJQHcO-10Xc

suite 6'48  https://www.youtube.com/watch?v=KSG6Z4GMcFk

Salves :https://www.youtube.com/watch?v=CWUEbx64T-s

         

 

 

filiation avec Pina :dans l 'expressionnisme pas dans la théâtralité.

Pina : expressionnisme par l'émotion qui met le danseur dans un état de corps / l’émotion et le vécue du danseur le mettent dans un état de corps qui est la source du mouvement

Marin : expressionnisme par le mouvement organique (os) et la musicalité /la matière est la source du mouvement



 

Boléro de Maurice Ravel est l'une des partitions les plus jouées et vendues au monde. Cette musique s'est aussi fait connaître par les nombreux ballets qui se sont lovés dans ses boucles répétitives. En 1928, la chorégraphe Bronislava Nijinska, soeur de Vaslav Nijinski, met en scène la danseuse Ida Rubinstein dans un décor et des costumes sous influence espagnole. Elle plante le scénario dans une auberge andalouse où une femme se livre à une danse de séduction sur une table. Cette table sera le socle de la version de Maurice Béjart en 1961. D'abord dansé par Duska Sifnios entourée de quarante garcons, Boléro se métamorphose au fil du temps. C'est un homme qui remplace la danseuse mais le corps de ballet masculin ne change pas. Enorme succès de cette pièce, la plus plébiscitée, la plus increvable, imaginée sur le Boléro. Filmé par Claude Lelouch dans Les Uns et les Autres en 1982, Jorge Donn y explose dans un lyrisme frénétique. Depuis les plus grands interprètes se risquent au centre du plateau rouge. En 2008, le danseur étoile Nicolas Le Riche a fait lever comme un seul homme les 2700 spectateurs de l'Opéra Bastille. La danse roborative de Béjart, la musique orgasmique de Ravel, provoquent un effet cathartique majeur. Depuis, d'autres propositions chorégraphiques ont vu le jour. Celles d'Emio Greco en 1998, de Raimund Hoghe en 2007, ont tatoué l'histoire de la danse. C'est en 1996 qu'Odile Duboc (1941-2010) décide de s'attaquer à cette partition-forteresse. Elle ose une série de trois boléros declinés sur trois directions d'orchestre différentes. Succès public. Oeuvre-phare de la chorégraphe, Trois Boléros enchaîne donc trois traductions chorégraphiques et spatiales de la partition de Ravel. Un groupe de dix danseurs, en justaucorps blancs, se glissent dans les mailles ; un couple les remplace, étroitement sculpté l'un avec l'autre pour une étreinte longue; vingt-et-un danseurs enfin s'engouffrent dans la pulsation de plus en plus pressante de Ravel. Ce pari, à première vue casse-gueule, réussit son coup. Depuis la mort d'Odile Duboc, et selon son désir, seul le second volet, interprété par Emmanuelle Huynh et Boris Charmatz, est régulièrement repris.

Odile Duboc crée sa compagnie joliment baptisée Contre-jour en 1980 avec la créatrice de lumières Françoise Michel. Travaillant en étroite complicité, elles conçoivent ensembles les pièces : chacune signant ensuite, qui la chorégraphie, qui les lumières. A la tête du Centre chorégraphique national de Belfort-Franche Comté de 1990 à 2008, Odile Duboc, longtemps basée à Aix-en-Provence, très active dans l'élaboration du festival Danse à Aix à la fin des années 70, s'est accrochée très jeune à la barre. Dès 4 ans, elle connait son vocabulaire classique. En 1970, elle ouvre une école, toujours à Aix-en-Provence, les Ateliers de la danse. Elle y gagne sa vie en donnant des cours de classique, de modern jazz. Elle croise des danseurs comme Madeleine Chiche et Bernard Misrachi, passés par l'enseignement de Jacques Lecoq, puis se fait connaître par ses danses dans les rues. En relation profonde avec l'eau, l'air, la terre, le feu, Odile Duboc élabore un mouvement enraciné rêvant d'envol, de légèreté - le ciel et ses oiseaux ont toujours fasciné Duboc -. De Insurrection (1989), le spectacle qui la fait "exploser" à Rien ne laisse présager de l'état de l'eau (2005 ), bain de sensations acidulées en passant par Comédie (1998), rêverie sur la comédie musicale américaine, elle a développé son sens de l'abstraction douce et tranquille. Elle déclarait en 2008 : "Je n'ai pas vraiment participé à ce qu'on appelle le "boum" de la danse contemporaine française au début des années 80. J'étais un peu à côté, dans la marge. En tous cas, je me sentais comme ça. Je suis arrivée à Paris, pleine d'ambition et d'attente, en 1980, mais j'ai vite été confrontée à la difficulté de me faire reconnaître et soutenir. On me cataloguait dans la pédagogie et la danse de rue...Je pense que je n'étais pas assez dans la modernité ludique de l'époque..."[1]. En 2008, Odile Duboc quittait le Centre chorégraphique national de Belfort où lui a succédé Joanne Leighton. Pour faire ses adieux à son public, elle avait imaginé une performance intitulée La pierre et les songes avec trois cents amateurs agés de 14 à 70 ans et une vingtaine de danseurs. En septembre 2009, la production avait eu lieu dans la citadelle Vauban, à Besançon. Entre chair et pierre.

[1]Le Monde, 08/05/2010

Rosita Boisseau

Transcription

Présentateur
Pour ses 20 ans, le Festival de danse d’Aix-en-Provence s’offre un triple Boléro . Trois variations réalisées par la compagnie d’Odile Duboc avec trois chefs d’orchestre différents et non des moindres. Caroline Laudrin et Kristian Autain.
(Musique)
Journaliste
Le pari est osé, mais Odile Duboc aime les défis.
(Musique)
Journaliste
Elle fait comme si personne n’avait jamais dansé sur le Boléro de Ravel.
(Musique)
Journaliste
Elle pousse même la difficulté jusqu’à créer trois variations sur la partition la plus célèbre du siècle.
(Musique)
Journaliste
Face au public, elle raconte son ballet mais aussi sa lutte avec cette musique infernale.
Odile Duboc
Je peux dire que les danseurs sont debout tout le temps. Et sur la fin du Boléro , j’ai eu besoin que les corps descendent. Parce que c’était ma seule façon à moi de résister face au crescendo.
(Musique)
Journaliste
Qu’ils soient 2, 10 ou 20 danseurs, le style est chaque fois dépouillé. Les corps se balancent dans des gestes lents au bord du déséquilibre. La deuxième version, celle d’un couple, est de loin la plus sensuelle. Un corps à corps de 2 statues grecques que rien ne parvient jamais à séparer.
(Musique)
Odile Duboc
Sur le plan chorégraphique, moi, ça m’a demandé à travailler, à trouver des solutions, justement, face au fait de faire 3 versions. Mais c’est sur le plan musical que ça apporte quelque chose. C’est-à-dire que ça nous fait découvrir une musique autrement que comme on la connaissait.
(Musique)
Journaliste
Ravel serait bien surpris de constater combien ce Boléro qu’il n’aimait pas beaucoup inspire les chorégraphes. Odile Duboc, elle, l’a tout simplement rafraîchi et lui a redonné une énième jeunesse.
 

https://www.numeridanse.tv/videotheque-danse/bolero-2
 

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