Enseignement - Classe Terminale
Les interactions entre Danse contemporaine et Hip hop
La danse hip-hop enrichit-elle la création chorégraphique ?
Sommaire
Activité 1 - Comprendre le sujet
Activité 2 - Construire mon corpus de connaissances de la partie 1
Dossier - La catégorisation du mouvement en danse: étude du passage du classique au néoclassique
Dossier - Le métissage en danse : richesses et limites d’une hybridation
Activité 3 - Construire le corpus de connaissance de la partie 2
Dossier - Zero Degrees : métissage et dialogue des identités
Dossier - Swan Lake de Dada Masilo : réinterprétation et affirmation culturelle
Dossier - Nomad : une exploration du mouvement et de l’identité
Dossier - Éloge du puissant royaume : les danses urbaines comme affirmation culturelle
Activité 4 - Construire le corpus de connaissance de la partie 3
Dossier - Le postmodernisme en danse – Liberté gestuelle et tensions culturelles
Dossier - Xenos (2018) : Hybridation, mémoire et controverses culturelles
Dossier - Sous les fleurs (2016) : entre hommage et appropriation culturelle
Dossier - SLĀV (2018) : entre hommage musical et accusations d’appropriation culturelle
Kader Attou écrit à propos de son travail chorégraphique :
« Ce qui m’importe […], c’est de construire des ponts, créer du lien, du dialogue dans la différence. »
Analyse de la vidéo d’accroche — Les débuts de Käfig - Entrer dans le sujet
Cette vidéo constitue une entrée pertinente dans le sujet « La danse hip-hop enrichit-elle la création chorégraphique ? », car elle présente le hip-hop non comme une simple pratique sociale ou une suite de figures spectaculaires, mais comme une culture chorégraphique complète, dotée d’une histoire, de codes, d’une énergie propre et d’une capacité à se structurer pour la scène.
La vidéo commence par dénoncer une représentation réductrice du hip-hop. La danse hip-hop est souvent associée à une « sous-culture », à une « culture de banlieue » ou à une pratique éphémère. Or, le témoignage affirme au contraire : « C’est une culture à part entière avec ses codes, avec son énergie, avec son histoire. » Cette citation permet de poser un enjeu essentiel : le hip-hop enrichit la création chorégraphique parce qu’il possède déjà un langage, une mémoire et une légitimité artistique propres.
La vidéo remet également en question l’expression « danse urbaine », perçue comme une désignation extérieure au mouvement. Le danseur explique : « Je ne me reconnais pas du tout dans le terme de danse urbaine. […] Ce n’est pas un nom qui a été donné par les acteurs du mouvement hip-hop. » Cette remarque montre que nommer une danse, c’est aussi reconnaître ou non son identité culturelle. Parler de hip-hop plutôt que de « danse urbaine », c’est restituer à cette pratique son histoire, ses acteurs et sa culture.
Le hip-hop est aussi présenté comme un mouvement né d’un contexte social fort. La vidéo rappelle le mot d’ordre attribué à Afrika Bambaataa : « Transformer l’énergie négative en expression artistique positive. » Cette formule éclaire la puissance du hip-hop : il transforme la tension sociale, l’exclusion ou la colère en création, en rythme, en défi, en mouvement et en expression collective.
La vidéo montre ensuite le passage du hip-hop de la rue au plateau. Ce déplacement transforme l’écriture : le geste doit être composé, agrandi et rendu lisible pour l’ensemble du public. Un danseur explique : « Celui qui est assis à la place numéro 500 doit pouvoir apprécier le spectacle autant que celui qui est assis à la première place. » Le passage à la scène ne consiste donc pas seulement à déplacer une danse dans un théâtre ; il oblige à repenser l’espace, l’adresse, l’amplitude du mouvement et la relation au spectateur.
La vidéo insiste aussi sur la richesse technique du hip-hop : smurf, boogie, break, locking, voguing, ralenti, illusions, jeux de bras, figures au sol. Cette diversité permet d’affirmer que le hip-hop est un ensemble de langages codifiés et inventifs. La phrase « La beauté de la danse hip-hop, c’est qu’on est toujours à la recherche de quelque chose, toujours essayer de faire de l’illusion, de faire rêver le public » montre que le hip-hop ne se limite pas à la performance physique : il produit aussi de l’imaginaire, de l’étonnement et une poésie du mouvement.
Cependant, la vidéo insiste sur une limite importante : la prouesse seule ne suffit pas à faire œuvre. Le danseur affirme : « Si une compagnie ne fait que de la prouesse, ce n’est pas vraiment intéressant. Quand on vient dans un théâtre, c’est pour voir une histoire, pour qu’une personne nous raconte quelque chose. » Cette idée est centrale : le hip-hop enrichit la création chorégraphique lorsqu’il devient écriture, dramaturgie, émotion et construction scénique, et non simple démonstration technique.
Cette exigence est renforcée par une autre formule : « S’il n’y a pas une émotion, s’il n’y a pas une écriture, ça retombe au bout d’un moment. » Le hip-hop entre alors pleinement dans une logique chorégraphique : il s’agit de construire un spectacle avec un début, un milieu, une fin, un thème, une scénographie et une intention.
La vidéo revendique enfin la reconnaissance du danseur hip-hop comme artiste. La phrase « Je suis danseur. Ce que je fais, c’est artistique » répond aux discours qui réduisent le hip-hop à un outil social, éducatif ou de canalisation. Elle affirme que le hip-hop peut être porté comme une démarche artistique à part entière, au même titre qu’une écriture contemporaine ou classique.
L’interaction avec la danse contemporaine apparaît ensuite comme un facteur d’enrichissement réciproque. Le témoignage indique : « C’est par la danse contemporaine que j’ai appris à compter mes mouvements, à structurer une chorégraphie. » La danse contemporaine apporte ici des outils de composition, d’organisation, de précision et de structuration. Le hip-hop enrichit la scène par son énergie et son vocabulaire, mais il peut lui-même être enrichi par les méthodes de composition contemporaines.
La vidéo se termine sur une mise en garde essentielle : « Il faut faire attention à ne pas se perdre. […] Le plus important, c’est de garder ses sources, son origine, ses identités, sa culture. » Cette phrase ouvre la dimension critique du cours. L’hybridation et l’ouverture sont nécessaires, mais elles doivent préserver l’identité hip-hop. L’enrichissement chorégraphique n’est réel que si le dialogue avec d’autres techniques ne produit pas un effacement des sources, des histoires et des cultures d’origine.
Citation d’accroche à retenir
« La danse hip-hop est une culture à part entière, avec ses codes, avec son énergie, avec son histoire. »
Cette citation pose clairement le cœur du sujet : le hip-hop enrichit la création chorégraphique parce qu’il n’est pas un simple effet spectaculaire, mais un langage culturel, artistique et chorégraphique complet.
Dossier - Analyse du sujet
La danse hip-hop enrichit-elle la création chorégraphique ?
Les thèmes du sujet :
Le sujet interroge les relations entre danse contemporaine et danse hip-hop. Il s’inscrit dans la continuité du cours sur danse et échanges interculturels, qui montrait déjà que les écritures chorégraphiques contemporaines se construisent souvent par diversité culturelle, hybridation, dialogue entre langages et tensions éthiques.
Ici, le regard se resserre sur le hip-hop. La question est de savoir si son entrée dans les théâtres, les centres chorégraphiques, les festivals et les écritures contemporaines permet réellement de renouveler la danse.
Le hip-hop peut enrichir la création par son vocabulaire corporel spécifique, son rapport au sol, sa virtuosité, son énergie, sa musicalité, son sens du défi, son lien au collectif et son rapport direct au public. Mais cet enrichissement n’est pas automatique : le passage de la rue à la scène peut aussi provoquer des tensions autour de l’authenticité, de l’institutionnalisation, de la récupération ou de la perte du contexte social d’origine.
Définition des mots clefs du sujet :
Danse hip-hop
La danse hip-hop désigne un ensemble de pratiques nées dans des contextes urbains, populaires et sociaux. Elle rassemble plusieurs styles et sous-styles, comme le break, le popping, le locking, la house, le krump ou encore des formes plus contemporaines issues des battles et des pratiques de rue.
Le cours sur les échanges interculturels rappelle que le break possède des codes précis comme le top rock, le footwork, le freeze et les power moves, tandis que le krump développe une gestuelle expressive et percussive fondée sur le stomp, le chest pop et l’arm swing.
Le hip-hop n’est donc pas une danse anarchique ou uniquement spectaculaire. C’est un langage codifié, transmis, transformé et réinterprété.
Danse contemporaine
La danse contemporaine désigne une danse qui ne se définit pas par une technique unique, mais par une démarche de recherche. Elle interroge le corps, l’espace, le temps, la relation au spectateur, les supports scéniques et les écritures possibles du mouvement.
Dans ce cours, la danse contemporaine est envisagée comme un espace d’ouverture : elle peut accueillir d’autres langages corporels, les mettre en dialogue, les déplacer, les transformer ou les questionner.
Enrichir
Enrichir signifie apporter quelque chose de nouveau, complexifier, ouvrir, renouveler. Dans le sujet, il ne s’agit pas seulement de dire que le hip-hop ajoute de la virtuosité à la danse contemporaine.
Il faut montrer plus précisément ce que le hip-hop apporte : une autre énergie, un autre rapport au sol, une autre musicalité, une culture du défi, une présence collective, une relation directe au public, une mémoire sociale et une puissance expressive.
Création chorégraphique
La création chorégraphique désigne l’ensemble des choix qui organisent une œuvre de danse : choix des mouvements, de l’espace, du rythme, de la musique, des interprètes, de la dramaturgie, de la scénographie et de la relation au public.
La question posée est donc : le hip-hop enrichit-il seulement les mouvements utilisés, ou transforme-t-il plus profondément l’écriture chorégraphique ?
Interaction
Une interaction suppose une relation réciproque. Il ne s’agit pas seulement de faire entrer le hip-hop dans la danse contemporaine. Il faut comprendre comment les deux langages se modifient mutuellement.
Le hip-hop peut se structurer au contact du plateau, de la dramaturgie et de la composition contemporaine. Inversement, la danse contemporaine peut être déplacée par l’énergie, le rythme, le sol, le défi et la frontalité du hip-hop.
Hybridation
L’hybridation désigne le croisement de plusieurs langages chorégraphiques. Le cours précédent montrait déjà que le métissage peut enrichir le vocabulaire chorégraphique et favoriser la rencontre entre cultures, mais qu’il peut aussi poser des questions de dilution, de perte de sens ou d’appropriation.
Dans ce nouveau cours, l’hybridation sera étudiée à travers les rencontres entre hip-hop, danse contemporaine, cultures méditerranéennes, écritures nomades et formes scéniques interculturelles.
Institutionnalisation
L’institutionnalisation désigne le passage d’une pratique issue de la rue, des battles ou des espaces informels vers les théâtres, les festivals, les centres chorégraphiques et les circuits officiels de la culture.
Ce passage peut être une reconnaissance importante. Mais il peut aussi créer une tension : comment faire entrer le hip-hop sur scène sans effacer sa culture d’origine ?
Questionnement
La danse hip-hop enrichit-elle la création chorégraphique seulement par sa virtuosité ?
Comment le hip-hop transforme-t-il le rapport au sol, au rythme, au groupe et au public?
Que se passe-t-il lorsque le hip-hop passe de la rue au plateau de théâtre ?
Le hip-hop conserve-t-il son identité lorsqu’il est intégré à une écriture contemporaine ?
L’hybridation entre hip-hop et danse contemporaine produit-elle un nouveau langage chorégraphique ?
L’institutionnalisation du hip-hop est-elle une reconnaissance ou un risque de perte d’authenticité ?
Comment éviter que le hip-hop soit réduit à un effet spectaculaire ou à un cliché urbain?
Problématique
Comment la danse hip-hop, née dans des contextes urbains et sociaux spécifiques, peut-elle enrichir l’écriture chorégraphique contemporaine sans perdre son identité, sa puissance expressive et sa portée culturelle ?
Cette problématique permet de construire un plan en trois parties. Elle met en tension deux idées : d’un côté, le hip-hop apporte un renouvellement réel à la création chorégraphique ; de l’autre, cet enrichissement doit être discuté, car le passage à la scène peut transformer, institutionnaliser ou parfois affaiblir ses codes.
Plan
I — Modèle / origine / fonction initiale - L’affirmation d’un langage chorégraphique nouveau
Dans un premier temps, il faut montrer que le hip-hop enrichit la création parce qu’il apporte un langage autonome, codifié et identifiable. Il ne s’agit pas seulement d’un réservoir de figures spectaculaires, mais d’une culture corporelle complète.
Idée directrice : le hip-hop enrichit la création chorégraphique en affirmant un vocabulaire propre, une énergie, une musicalité et une mémoire culturelle.
II — Transformation / rupture / déplacement - L’enrichissement par hybridation et échanges interculturels
Dans un second temps, il faut montrer que le hip-hop enrichit la danse contemporaine lorsqu’il devient une matière de dialogue. Il ne s’ajoute pas simplement à une autre danse : il transforme l’écriture chorégraphique par la rencontre.
Idée directrice : le hip-hop enrichit profondément la création lorsqu’il dialogue avec d’autres cultures, d’autres musiques, d’autres écritures du corps et d’autres imaginaires.
III — Dépassement / hybridation / complexification - Discuter : tensions, institutionnalisation et critique
Enfin, il faut discuter l’idée d’enrichissement. Le hip-hop peut renouveler la création chorégraphique, mais son passage sur scène soulève des questions. Que reste-t-il de la rue, du battle, de l’improvisation et de la contestation lorsque ces formes entrent dans les institutions ?
Idée directrice : l’enrichissement n’est pas automatique. Il doit préserver les codes, la mémoire et la puissance sociale du hip-hop pour éviter la récupération, la stéréotypie ou l’effacement des contextes d’origine.
Synthèse de l’analyse du sujet
Le sujet « La danse hip-hop enrichit-elle la création chorégraphique ? » invite à dépasser une réponse simple.
Oui, le hip-hop enrichit la danse contemporaine parce qu’il apporte un vocabulaire nouveau, une énergie physique, un rapport puissant au rythme, au sol, au collectif et au public. Il permet aussi de renouveler la scène en faisant entrer des corps, des histoires et des cultures longtemps marginalisés.
Mais cet enrichissement doit être interrogé. Lorsque le hip-hop entre dans les institutions, il peut gagner en reconnaissance, en visibilité et en complexité dramaturgique. Il peut aussi perdre une partie de son ancrage, de sa force contestataire ou de son authenticité.
La réflexion devra donc montrer que le hip-hop enrichit la création chorégraphique lorsqu’il est reconnu comme un langage à part entière, respecté dans ses codes, son histoire et ses valeurs, et non utilisé comme un simple effet spectaculaire.
Activité 1 - Comprendre le sujet
Analyser des images
Le hip-hop est-il seulement une danse spectaculaire issue de la rue ou devient-il un langage capable de transformer l’écriture chorégraphique contemporaine ?
Consigne de travail
À partir des trois images et des quatre citations, analysez comment la danse hip-hop entre en relation avec la création chorégraphique contemporaine.
Il faut suivre trois étapes :
Décrire ce que l’on voit dans les images.
Analyser ce que les images montrent du corps, de l’espace, du groupe et de la scène.
Interpréter ce que les images et les citations permettent de comprendre du sujet :
le hip-hop enrichit-il la création chorégraphique, et à quelles conditions ?
Axes d’observation
1. Le corps
Quelle posture domine dans l’image ?
Le corps est-il au sol, debout, en suspension, en déséquilibre, frontal, collectif ?
Quels indices visuels renvoient à une énergie hip-hop : appui inversé, rupture, virtuosité, attitude, freestyle, défi, tension, rapport au sol ?
2. L’espace
L’image montre-t-elle un espace de scène, un espace de battle, un espace théâtral, un espace hybride ?
Comment le corps hip-hop est-il organisé dans cet espace ?
L’espace transforme-t-il la danse hip-hop en spectacle construit ?
3. Le groupe
Les danseurs apparaissent-ils comme des individualités, un collectif, une communauté, un groupe en défi, un groupe en composition ?
Le groupe donne-t-il une impression de puissance, de diversité, de dialogue ou de tension ?
4. Le rapport au public
L’image produit-elle une adresse directe au spectateur ?
Y a-t-il une distance théâtrale ou une proximité proche du battle, du freestyle ou du rituel collectif ?
Le regard du spectateur est-il orienté vers la prouesse, vers une histoire, vers une composition ou vers une présence expressive ?
5. L’écriture chorégraphique
L’image montre-t-elle seulement de la performance physique ?
Quels indices permettent de repérer une intention chorégraphique : scénographie, organisation du groupe, rapport à la musique, contraste, dramaturgie, composition, mémoire culturelle ?

Récital — Mourad Merzouki / Compagnie Käfig — 1998
L’image choisie est l’affiche de Récital. Elle associe un corps hip-hop en appui inversé à l’univers du violon et du concert classique. Récital est créé en 1998 par Mourad Merzouki, deux ans après sa première pièce Käfig ; la compagnie présente l’œuvre comme un spectacle important dans l’histoire de la culture hip-hop.

Babelle heureuse — José Montalvo et Dominique Hervieu — 2002
L’image montre une scène colorée, collective et dynamique. Les corps semblent appartenir à plusieurs univers gestuels. Babelle heureuse est une œuvre de José Montalvo et Dominique Hervieu, créée et réalisée en 2002.

Éloge du puissant royaume — Heddy Maalem — création 2013 ; réalisation 2017
L’image montre un danseur au premier plan, dans une posture tendue, ancrée, avec les bras projetés vers l’avant. Elle permet d’aborder le
krump comme langage expressif, identitaire et socialement situé. Numeridanse indique que
Éloge du puissant royaume est une chorégraphie de
Heddy Maalem, créée en
2013 et réalisée en
2017 ; le titre traduit l’acronyme anglais
Krump — Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise.
Citations à analyser
Ces citations proviennent de la vidéo d’accroche consacrée aux débuts de Käfig. Elles permettent de comprendre les enjeux du passage du hip-hop vers la scène.
Citation 1
« La danse hip-hop est une culture à part entière avec ses codes, avec son énergie, avec son histoire. »
Citation 2
« S’il n’y a pas une émotion, s’il n’y a pas une écriture, ça retombe au bout d’un moment. »
Citation 3
« C’est par la danse contemporaine que j’ai appris à compter mes mouvements, à structurer une chorégraphie. »
Citation 4
« Il faut faire attention à ne pas se perdre. […] Le plus important, c’est de garder ses sources, son origine, ses identités, sa culture. »
| Récital | Babelle heureuse | Éloge du puissant royaume | Sous les fleurs de Thomas Lebrun (2017) | |
|---|---|---|---|---|
| Chorégraphe / date | ||||
| Ce que l’on voit immédiatement | ||||
| Posture et énergie des corps | ||||
| Rapport au sol | ||||
| Organisation de l’espace | ||||
| Place du groupe | ||||
| Rapport au public | ||||
| Indices visuels du hip-hop | ||||
| Indices d’une écriture contemporaine | ||||
| Citation qui éclaire l’image | ||||
| Question posée par l’image |
Une question, une réponse :
Comment les échanges interculturels transforment-ils l’écriture chorégraphique contemporaine ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore :
la manière dont la diversité culturelle, l’hybridation et les circulations entre les cultures transforment le corps, le mouvement, l’espace, la dramaturgie et l’écriture chorégraphique.
À travers les œuvres suivantes :
• Zero Degrees — Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui — 2005
• Swan Lake — Dada Masilo — 2010
• Nomad — Sidi Larbi Cherkaoui — 2019
• Éloge du puissant royaume — Eddy Malem — 2017
Cet épisode pose les bases de cette réflexion : reconnaître la diversité des styles, comprendre la naissance de langages hybrides, puis percevoir les tensions éthiques et esthétiques qui accompagnent ces croisements culturels.
👉 Objectif :
comprendre comment les échanges interculturels enrichissent la danse contemporaine tout en transformant notre regard sur les identités, les mémoires et les rapports de pouvoir.
Activité 2 - Construire mon corpus de connaissances de la partie 1
I — L’affirmation d’un langage chorégraphique nouveau
Objectif de l’activité
Construire l’argumentation de la partie I :
I — L’affirmation d’un langage chorégraphique nouveau
Dans cette partie, il s’agit de montrer que le hip-hop enrichit la création chorégraphique parce qu’il apporte un langage autonome, codifié et identifiable. Il ne se réduit pas à la prouesse physique. Il possède une histoire, une énergie, une relation spécifique au rythme, au sol, au groupe et au public.
Le hip-hop devient alors une matière chorégraphique capable d’entrer sur scène, de se composer, de se structurer et de porter un propos artistique.
1. À rendre — individuel, fin de séquence
À partir de l’analyse des œuvres étudiées, vous réaliserez une fiche de révision sur :
« Le hip-hop comme affirmation d’un langage chorégraphique nouveau »
Votre fiche devra répondre aux questions suivantes :
Comment le hip-hop affirme-t-il ses propres codes corporels ?
Comment passe-t-il de la rue au plateau ?
Comment la scène transforme-t-elle l’énergie hip-hop ?
Comment le hip-hop devient-il une écriture chorégraphique et non une simple démonstration technique ?
En quoi ce langage permet-il de renouveler la création contemporaine ?
Vous devrez obligatoirement mobiliser les trois œuvres étudiées :
Récital — Mourad Merzouki / Compagnie Käfig — 1998
Deux ans après Käfig, Mourad Merzouki crée Récital en 1998. La Compagnie Käfig présente cette pièce comme un spectacle ayant marqué l’histoire de la culture hip-hop, notamment par son dialogue entre hip-hop et musique classique.
Douar — Kader Attou / Compagnie Accrorap — 2004
Douar est une œuvre de Kader Attou créée en 2004. Agora indique que la pièce interroge les problématiques de l’exil de la jeunesse des quartiers de France et d’Algérie.
Éloge du puissant royaume — Heddy Maalem — création 2013 ; réalisation 2017
Numeridanse indique que Éloge du puissant royaume est chorégraphié par Heddy Maalem, créé en 2013 et réalisé en 2017. Le titre traduit l’acronyme anglais
Krump — Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise.
2. Travail collectif en classe — World Café
Chaque table analyse une œuvre à partir :
d’un extrait vidéo ;
d’une image ou d’un document iconographique ;
du dossier documentaire fourni ;
des axes d’analyse proposés.
Objectif : produire une fiche synthèse commune permettant de construire l’argumentation de la partie I.
Table 1
Récital — Mourad Merzouki / Compagnie Käfig — 1998
Axe d’analyse
Le passage du hip-hop au plateau : structurer l’énergie sans perdre la virtuosité.
Questions de travail
Quels codes hip-hop sont visibles dans l’œuvre ?
Comment le rapport au sol, aux appuis et aux figures rappelle-t-il la culture hip-hop ?
Comment le violon et l’univers du concert classique transforment-ils la perception du hip-hop ?
Le hip-hop est-il seulement montré comme une prouesse physique ?
Quels éléments montrent une écriture chorégraphique : composition, humour, musicalité, scénographie, relation au public ?
Comment cette œuvre participe-t-elle à la reconnaissance scénique du hip-hop ?
Idée à retenir
Dans Récital, le hip-hop entre sur scène sans renoncer à ses codes. La virtuosité, les appuis au sol et l’énergie urbaine sont mis en dialogue avec le violon, l’humour et la composition théâtrale. Le hip-hop devient une écriture scénique.
Table 2
Douar — Kader Attou / Compagnie Accrorap — 2004
Axe d’analyse
Le hip-hop comme écriture collective, dramaturgique et mémorielle.
Questions de travail
Comment le hip-hop devient-il un outil pour raconter l’exil, l’attente ou le rêve de liberté ?
Quels éléments montrent que le groupe est central dans l’écriture chorégraphique ?
Comment les gestes hip-hop peuvent-ils porter une mémoire sociale ?
Comment Kader Attou dépasse-t-il l’idée d’une danse seulement spectaculaire ?
Quelle place la dramaturgie occupe-t-elle dans l’œuvre ?
Comment l’œuvre montre-t-elle que le hip-hop peut devenir une danse d’auteur ?
Idée à retenir
Dans Douar, Kader Attou montre que le hip-hop peut porter un propos humain et social. L’énergie urbaine devient une écriture collective qui évoque l’exil, la mémoire, l’enfermement et le désir de liberté.
Table 3
Éloge du puissant royaume — Heddy Maalem — création 2013 ; réalisation 2017
Axe d’analyse
Le krump comme langage codifié, expressif et identitaire.
Questions de travail
Quels signes du krump peut-on repérer : ancrage, tension, bras projetés, énergie percussive, rapport frontal ?
Comment le corps exprime-t-il la rage, la puissance, la mémoire ou la résistance ?
Le krump est-il une danse seulement explosive ou possède-t-il une organisation codifiée ?
Comment le groupe et le sol participent-ils à l’intensité de l’œuvre ?
Comment Heddy Maalem permet-il au krump d’exister sur scène sans le neutraliser ?
Pourquoi peut-on dire que cette œuvre défend une identité culturelle forte ?
Idée à retenir
Dans Éloge du puissant royaume, le krump apparaît comme un langage corporel intense, codifié et porteur d’une mémoire sociale. L’œuvre donne une visibilité scénique à une danse issue d’un contexte urbain et identitaire fort.
Dossier -Récital — Mourad Merzouki / Compagnie Käfig — 1998
Le hip-hop au plateau : virtuosité, humour et dialogue avec la musique classique
Récital est une œuvre de Mourad Merzouki, créée en 1998 pour la Compagnie Käfig. La compagnie présente cette pièce comme un spectacle qui a marqué l’histoire de la culture hip-hop. Elle souligne aussi le dialogue insolite entre six danseurs, un musicien et l’image du concert de musique classique, avec des violons suspendus au-dessus du plateau.
L’œuvre occupe une place importante dans la reconnaissance du hip-hop sur scène. Elle montre que cette danse peut conserver son énergie, sa virtuosité et ses appuis spécifiques tout en entrant dans une écriture scénique structurée.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Le dispositif de
Récital repose sur une rencontre inattendue entre l’univers du hip-hop et celui du concert classique. Le violon, les pupitres, les archets et l’image de l’orchestre déplacent la perception du spectateur. La scène ne présente pas le hip-hop dans un espace de rue ou de battle, mais dans un univers théâtral qui dialogue avec les codes de la musique savante.
Ce contraste produit une forme d’humour et de décalage. Le hip-hop n’est pas opposé frontalement au classique ; il entre en relation avec lui. Le plateau devient un espace de jeu où les corps des danseurs et les objets musicaux construisent une scénographie dynamique.
La présence des violons suspendus renforce cette hybridation visuelle. Le décor n’est pas seulement illustratif : il installe une tension entre deux mondes artistiques. Le hip-hop gagne ainsi une lisibilité scénique nouvelle, sans perdre son énergie physique.
II. Analyse du corps / mouvement
Les corps dans Récital conservent des fondamentaux du hip-hop : appuis au sol, ruptures, figures inversées, précision rythmique, virtuosité et énergie explosive. Le corps est souvent engagé dans des changements rapides d’orientation, des passages entre verticalité et sol, des suspensions ou des équilibres.
Cependant, le mouvement ne fonctionne pas seulement comme une démonstration technique. Il est organisé dans une composition. Les figures prennent place dans une écriture qui joue avec la musique, les objets et les autres danseurs. Le geste hip-hop devient lisible dans un espace plus vaste que le cercle du battle.
Le rapport au rythme est également transformé. La musique classique impose une autre écoute, plus précise, plus contrastée, parfois plus ironique. Le hip-hop montre alors sa capacité à dialoguer avec une musicalité différente de ses contextes d’origine.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, Récital déplace les représentations habituelles du hip-hop. La danse n’est plus perçue seulement comme une pratique de rue ou une accumulation de prouesses. Elle devient une forme scénique capable d’humour, de composition et de dialogue culturel.
Symboliquement, l’œuvre affirme que le hip-hop peut entrer dans un espace artistique reconnu sans perdre son identité. Le rapport au violon et au concert classique ne vise pas à effacer la culture hip-hop, mais à la mettre en valeur autrement.
Cette rencontre participe à la légitimation du hip-hop comme langage chorégraphique. Le hip-hop devient un outil de création, capable de transformer la scène contemporaine par son énergie, ses appuis, sa virtuosité et son imaginaire.
Dans
Récital, Mourad Merzouki affirme le hip-hop comme un langage chorégraphique nouveau. L’œuvre conserve les codes hip-hop tout en les structurant pour le plateau. Le dialogue avec le violon et le concert classique montre que cette danse peut dépasser la prouesse pour devenir composition, humour, dramaturgie et écriture scénique.
Douar — Kader Attou / Compagnie Accrorap — 2004
Le hip-hop comme écriture collective de l’exil, de l’enfermement et du rêve de liberté
Douar est une œuvre de Kader Attou, créée en 2004 avec la Compagnie Accrorap. Agora indique que cette pièce, conçue dans le cadre de l’année de l’Algérie en France, interroge les problématiques de l’exil de la jeunesse des quartiers de France et d’Algérie.
L’œuvre montre que le hip-hop peut devenir un outil dramaturgique. Il ne sert pas seulement à produire de l’énergie ou de la virtuosité. Il permet de construire une parole chorégraphique sur la mémoire, le déplacement, l’enfermement et le rêve d’un ailleurs.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Le titre
Douar renvoie à l’idée de village, de communauté, de lieu d’origine ou d’appartenance. La scène devient un espace traversé par la mémoire, l’exil et la tension entre départ et enracinement. Le dispositif ne cherche pas seulement à montrer des danseurs hip-hop dans un espace neutre ; il construit un univers symbolique.
La scénographie peut être lue comme un espace de passage. Les corps y semblent pris entre immobilité et déplacement, enfermement et désir d’ouverture. Cette tension correspond aux problématiques de l’exil : vouloir partir, rêver d’ailleurs, mais rester lié à une histoire, une origine ou un territoire.
Le groupe occupe une place importante dans ce dispositif. La scène n’est pas seulement le lieu d’un exploit individuel. Elle devient un espace partagé, où les corps construisent une mémoire collective.
II. Analyse du corps / mouvement
Dans Douar, le hip-hop conserve son énergie, ses ruptures, ses appuis et sa puissance physique. Mais ces éléments sont mis au service d’un propos. Les gestes ne sont pas seulement performatifs ; ils expriment des états : attente, enfermement, tension, désir de liberté, mémoire du départ.
Le groupe permet de donner une dimension collective au mouvement. Les danseurs peuvent apparaître comme une communauté confrontée aux mêmes contraintes. Les unissons, les décalages, les regroupements ou les dispersions deviennent porteurs de sens.
La danse hip-hop est donc transformée en écriture dramaturgique. Elle ne perd pas sa force d’origine, mais elle s’inscrit dans une composition qui organise les relations entre les corps, l’espace et le récit.
III. Analyse perceptive / symbolique
Le spectateur ne reçoit pas seulement une énergie hip-hop. Il perçoit une histoire collective. Le mouvement devient un moyen d’évoquer les tensions liées à l’exil, aux quartiers, aux frontières, à la mémoire et à la liberté.
Symboliquement, Douar montre que le hip-hop peut porter des enjeux humains et sociaux. Il n’est pas seulement une danse de performance : il devient une langue pour dire la condition d’une génération, ses rêves, ses enfermements et ses déplacements.
L’œuvre participe ainsi à la reconnaissance du hip-hop comme danse d’auteur. Elle montre que cette culture peut produire une dramaturgie sensible, collective et politiquement située.
Dans
Douar, Kader Attou utilise le hip-hop comme une écriture collective et mémorielle. La danse conserve son énergie urbaine, mais elle devient aussi un outil pour raconter l’exil, l’enfermement et le rêve de liberté. Le hip-hop enrichit ici la création chorégraphique parce qu’il porte un récit social et une mémoire partagée.
Éloge du puissant royaume — Heddy Maalem — création 2013 ; réalisation 2017
Le krump comme langage codifié, expressif et identitaire
Eloge du puissant royaume est une chorégraphie de Heddy Maalem. Numeridanse indique une année de création : 2013 et une année de réalisation : 2017. Le titre traduit l’acronyme anglais Krump — Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise. Numeridanse précise que ce phénomène urbain est né à Los Angeles dans les années 1990, dans un contexte de guerre des gangs et d’émeutes raciales.
L’œuvre met en scène le krump comme une danse intense, codifiée et chargée d’une mémoire sociale. Le corps n’est pas seulement spectaculaire. Il devient le lieu d’une affirmation identitaire, d’une tension intérieure et d’une parole physique.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Le dispositif scénique de Éloge du puissant royaume met en valeur l’intensité des corps. L’espace est souvent épuré, ce qui concentre le regard sur les danseurs, leurs appuis, leurs bras, leurs torses et leurs tensions. La scène ne cherche pas à décorer le krump, mais à rendre visible sa puissance.
La frontalité joue un rôle important. Les corps semblent s’adresser directement au spectateur. Le rapport au plateau conserve ainsi quelque chose de l’énergie du battle, de la confrontation et de l’expression directe. Le groupe peut apparaître comme une communauté d’énergie, de soutien ou de tension.
Le dispositif ne neutralise pas le krump. Il le cadre pour mieux faire apparaître sa force expressive. La scène devient un espace de reconnaissance pour une danse longtemps associée à des contextes urbains marginalisés.
II. Analyse du corps / mouvement
Le krump mobilise un corps ancré, percussif et intense. Les frappes de pieds, les contractions du torse, les projections des bras et les changements d’énergie donnent au mouvement une force très physique. Le corps semble traversé par une tension qui se transforme en geste.
Les bras projetés, les impulsions thoraciques et les appuis puissants créent une danse à la fois codifiée et explosive. Le mouvement peut donner l’impression d’une rage ou d’une urgence, mais il ne s’agit pas d’un désordre. Le krump possède ses codes, ses dynamiques et ses qualités spécifiques.
Le corps devient alors un instrument d’expression. Il transforme une énergie intérieure en langage visible. L’intensité du mouvement ne relève pas seulement de la performance ; elle porte une histoire, une mémoire et une identité.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, Éloge du puissant royaume produit un effet de puissance, de tension et de proximité. Le corps krump peut impressionner par son intensité, mais il oblige aussi à reconnaître une parole corporelle située.
Symboliquement, le krump rappelle que le hip-hop et les danses urbaines ne sont pas de simples styles spectaculaires. Ils naissent dans des contextes sociaux précis et portent des formes de résistance, de rassemblement et de transformation de la violence en expression.
L’œuvre de Heddy Maalem donne une place scénique à cette force. Elle permet au krump d’être vu comme un langage chorégraphique à part entière, porteur d’une mémoire collective et d’une identité culturelle.
Dans
Éloge du puissant royaume, Heddy Maalem affirme le krump comme un langage chorégraphique puissant, codifié et socialement situé. La danse conserve son énergie brute, son ancrage et sa frontalité, tout en entrant dans une composition scénique. Le hip-hop enrichit ici la création chorégraphique parce qu’il apporte une intensité expressive, une mémoire sociale et une identité culturelle forte.
Une question, une réponse :
Comment les chorégraphes ont-ils affirmé les spécificités stylistiques et culturelles dans leurs écritures chorégraphiques ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore :
la manière dont les styles chorégraphiques s’organisent, se transmettent et affirment leurs codes propres, du classique au néoclassique, des traditions africaines aux danses urbaines.
À travers les œuvres suivantes :
• Apollo — George Balanchine — 1928
• Réalité(s) — Gervais Tomadiatunga
• Breakdance / Krump — cultures urbaines codifiées
• Zero Degrees — Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui — 2005
Cet épisode montre que chaque danse possède une grammaire, une mémoire, un rapport spécifique au corps, à l’espace, au rythme et à la communauté. Il ouvre aussi sur la question du métissage, entre renouvellement chorégraphique et risque de brouillage culturel.
👉 Objectif :
comprendre que les échanges interculturels supposent d’abord la reconnaissance précise des styles, de leurs codes et de leurs contextes culturels.
| Récital | Douar | Éloge du puissant royaume | |
|---|---|---|---|
| Chorégraphe / date | |||
| Origine ou contexte du langage hip-hop mobilisé | |||
| Codes corporels fondamentaux | |||
| Rapport au sol, à l’espace et au rythme | |||
| Rapport au groupe | |||
| Ce que l’œuvre conserve de la culture hip-hop | |||
| Ce que l’œuvre transforme par le passage à la scène | |||
| Fonction artistique du hip-hop dans l’œuvre | |||
| Argument central pour la partie I |
Activité 3 - Construire le corpus de connaissance de la partie 2
Comment les chorégraphes ont-ils intégré et affirmé les spécificités stylistiques et culturelles dans leurs écritures chorégraphiques au XXe siècle ?
Thème général : Vers des écritures hybrides – des années 80 à aujourd’hui.
Objectif : Comprendre comment les chorégraphes contemporains intègrent des influences diverses et créent de nouveaux langages, en croisant traditions et écritures modernes.
Vous allez travailler en groupes autour de dossiers d’analyse d’œuvres chorégraphiques contemporaines. Chaque groupe analysera une œuvre, en s’appuyant sur des extraits visuels, des éléments de contexte et des questions-guides.
Pour chaque œuvre :
- Identifiez les traditions et styles intégrés.
- Analysez le vocabulaire gestuel et l’écriture chorégraphique.
- Discutez des intentions du chorégraphe et des messages portés.
- Présentez votre analyse sous forme d’un tableau synthétique ou d’un schéma.

Table 1
Œuvre : Zero Degrees – Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui
Axe d’analyse : Fusion du kathak, du hip-hop et de la danse contemporaine. Exploration de l’identité métisse et du langage hybride.
Table 2
Œuvre : Swan Lake – Dada Masilo
Axe d’analyse : Réinvention du Lac des cygnes avec l’intégration de danses africaines. Question de l’héritage culturel et du détournement.
Table 3
Œuvre : Nomad – Sidi Larbi Cherkaoui
Axe d’analyse : Métissage des esthétiques orientales et contemporaines. Réflexion sur les migrations et les identités nomades.
Table 4:
Œuvre : Éloge du puissant royaume – Eddy Malem
Axe d’analyse : Dialogue entre danses urbaines (krump, break) et écriture contemporaine. Hommage aux cultures de rue et ancrage dans l’hybridité.
Dossier - Zero Degrees : métissage et dialogue des identités
Créé en 2005 par Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui, Zero Degrees est une œuvre majeure qui interroge les notions d’identité, de migration et de rencontre culturelle. Tous deux issus d’héritages culturels différents (Khan d’origine bangladaise, Cherkaoui d’origine marocaine et belge), ils proposent un dialogue chorégraphique entre leurs langages artistiques. La pièce puise dans le kathak, le hip-hop, la danse contemporaine et le théâtre gestuel. Elle devient ainsi une exploration physique et poétique du métissage culturel, une danse qui traduit l’hybridité de leurs parcours et l’expérience des frontières.
Axe 1 : La rencontre des styles et des traditions
Zero Degrees est marqué par une fusion des techniques : le kathak d’Akram Khan (rythmes frappés au sol, mouvements circulaires des bras, précision des gestes) croise le hip-hop et le contemporain de Cherkaoui (fluidité des enchaînements, ondulations du corps, ruptures dynamiques). Dans certaines séquences, les deux interprètes échangent leurs rôles : Khan adopte des mouvements plus urbains tandis que Cherkaoui s’essaie aux frappes rythmiques du kathak. Cette fusion se manifeste dans le fameux « cercle des gestes » où leurs bras s’entrelacent, créant un motif chorégraphique symbolique de l’union des esthétiques. La pièce illustre ainsi que le métissage, dans sa forme réussie, est fondé sur la reconnaissance et le respect des langages d’origine.
Axe 2 : L’exploration des identités hybrides et migrantes
Au-delà des gestes, Zero Degrees met en scène le vécu des artistes eux-mêmes, entre racines culturelles et expériences migrantes. Des récits personnels sont racontés en voix off : l’un évoque son passage aux frontières, l’autre les discriminations subies. Ces récits sont traduits en gestes, par exemple par des marches saccadées, des arrêts figés ou des déséquilibres corporels qui reflètent l’incertitude identitaire. L’utilisation de mannequins grandeur nature, posés puis manipulés sur scène, symbolise le poids des identités figées et le désir de s’en affranchir. La pièce évoque ainsi la complexité de l’appartenance culturelle, entre héritage et choix personnels.
Axe 3 : La mise en scène et l’écriture chorégraphique comme reflet du métissage
La scénographie minimaliste (tapis blanc, mannequins nus) met en valeur le corps et le mouvement. Les transitions entre les séquences sont fluides, sans rupture nette, à l’image d’un dialogue continu entre les cultures. La musique d’Nitin Sawhney mêle percussions indiennes, électroniques et ambiances sonores, renforçant la sensation d’hybridité. Les passages de duos reflètent l’égalité et le respect mutuel : aucun danseur ne domine l’autre, chaque geste est co-construit. Dans la séquence finale, les danseurs reproduisent des gestes simples et répétitifs, symbolisant un retour à l’essentiel, à un « zéro degré » de l’humanité, où les frontières s’effacent au profit du partage.
Zero Degrees est une œuvre emblématique de l’hybridation culturelle et chorégraphique. Elle montre que le métissage, lorsqu’il est conscient et respectueux, peut devenir un langage riche et puissant, traduisant la diversité des identités. Cette pièce incarne la possibilité d’un dialogue entre les cultures, où chaque style conserve sa spécificité tout en contribuant à une écriture chorégraphique partagée. En cela, elle illustre parfaitement la question de la prise en compte des diversités culturelles dans l’écriture chorégraphique contemporaine.
Dossier - Swan Lake de Dada Masilo : réinterprétation et affirmation culturelle
Créé en 2010, Swan Lake de Dada Masilo est une réinvention radicale du célèbre ballet de Tchaïkovski et Petipa. Chorégraphe sud-africaine, Masilo revisite l’œuvre classique en y intégrant des danses traditionnelles africaines, en modifiant la trame narrative et en abordant des thématiques contemporaines comme l’identité, le genre et l’héritage culturel. Ce choix souligne la diversité culturelle et la capacité de la danse à devenir un espace de revendication et de création hybride.
Axe 1 : Réinterprétation du ballet classique et rupture avec la tradition
Dada Masilo reprend les codes du Swan Lake original – cygnes, costumes blancs, musique classique – mais les détourne dès les premières minutes. Les danseurs, pieds nus, remplacent les pointes et portent des tutus associés à des mouvements ancrés dans le sol, issus des danses africaines. Les gestes codifiés du ballet (portés, arabesques) sont dynamisés par des frappes de pieds, des isolations corporelles et des sauts plus terriens. Masilo joue avec les attentes du public : les pas classiques apparaissent mais sont systématiquement transformés par une énergie plus brute et une gestuelle plus libre. Cette rupture avec le vocabulaire codifié met en lumière la volonté de déconstruire les hiérarchies artistiques et d’ouvrir le ballet à d’autres influences.
Axe 2 : Affirmation des identités et des cultures africaines
À travers Swan Lake, Masilo revendique ses racines et donne à voir une culture africaine contemporaine qui dialogue avec l’héritage européen. Les danses africaines, issues de traditions communautaires et rituelles, apportent un ancrage au sol, une relation forte au rythme et à la polyrythmie. Chaque mouvement devient porteur de sens : les frappes de pieds appellent la terre, les bras ouverts évoquent les rituels d’appel aux ancêtres. Le récit est également repensé : Masilo introduit une dimension sociale et politique en abordant le rejet de la différence et les violences liées au genre et à l’héritage colonial. Cette réécriture donne une nouvelle portée au ballet, en le transformant en espace d’expression pour des identités longtemps marginalisées.
Axe 3 : Écriture chorégraphique et langage du corps
La chorégraphie mêle les codes classiques et les danses africaines, sans fusionner les styles mais en les juxtaposant et en les confrontant. Les séquences de groupe alternent entre formations classiques et rondes tribales, traduisant une multiplicité de voix et de références. La musique, bien que conservant la partition de Tchaïkovski, est remixée et associée à des percussions africaines, créant un contraste sonore qui accompagne la diversité gestuelle. Masilo joue également sur les rapports de genre, en inversant certains rôles (hommes incarnant des cygnes) et en brouillant les repères traditionnels du ballet. Cette écriture hybride et engagée propose une nouvelle lecture des classiques, en plaçant la diversité culturelle et identitaire au cœur du processus créatif.
À travers «Umwelt», Maguy Marin ne se contente pas de dépeindre les ravages écologiques engendrés par l’humanité ; elle engage activement le spectateur dans une réflexion critique sur sa propre contribution à ces problématiques et sur les moyens d’y remédier. La mise en scène immersive, la symbolique des éléments scéniques et le contexte d’ArtCOP21 convergent pour faire de cette pièce un puissant vecteur de prise de conscience et d’appel à l’action. En définitive, «Umwelt» illustre magistralement comment l’art peut servir de catalyseur pour une transformation sociale et environnementale nécessaire et urgente.
Dossier - Nomad : une exploration du mouvement et de l’identité
Créé en 2019 par Sidi Larbi Cherkaoui, Nomad est une œuvre chorégraphique qui interroge le thème du nomadisme, des migrations et de l’adaptation au milieu naturel et social. Le chorégraphe s’inspire des peuples du désert, de leurs déplacements et de leur résilience. La pièce met en scène une hybridation esthétique et gestuelle, mêlant danses traditionnelles orientales, arts martiaux, danses contemporaines et jeux d’équilibre. Nomad devient ainsi un espace chorégraphique où le mouvement traduit la complexité de l’identité et de l’appartenance, en résonance avec les enjeux de diversité culturelle.
Axe 1 : La représentation des identités nomades et des migrations
Nomad s’inspire de la vie des peuples du désert (Touaregs, Bédouins) pour explorer les thèmes de la survie, du voyage et du passage. Les déplacements des danseurs sur scène évoquent les caravanes, les transhumances et les errances, par des marches rythmées, des courses circulaires et des gestes collectifs. Les portés et les appuis symbolisent le soutien mutuel et l’entraide nécessaire pour survivre dans un environnement hostile. Les séquences où les danseurs se regroupent ou se séparent reflètent les dynamiques de groupe et les tensions entre identité individuelle et collective. Cherkaoui aborde ainsi les notions d’exil, de déracinement et d’adaptation, ancrées dans la mémoire de nombreux peuples migrateurs.
Axe 2 : L’hybridation des langages chorégraphiques
La pièce est caractérisée par une fusion des styles, sans perte des spécificités. On y retrouve des mouvements orientaux (ondulations, appuis au sol), des arts martiaux (glissades, gestes percussifs) et des techniques contemporaines (fluidité des enchaînements, travail du poids et de l’espace). Les danseurs passent d’un style à l’autre sans rupture, créant une écriture chorégraphique fluide et hybride. La musique, composée par Felix Buxton et Soumik Datta, mélange instruments traditionnels, sons électroniques et rythmes tribaux, renforçant le métissage. Nomad devient une métaphore de la coexistence des cultures et de la capacité à créer du commun à partir de différences.
Axe 3 : Écriture scénique et dimension symbolique
La scénographie évoque le désert : des lumières chaudes, un sol sablonneux, des costumes fluides aux couleurs terre. Les jeux d’ombre et de lumière rappellent la rudesse et la beauté de cet environnement. Certains gestes, comme les mains tendues vers le ciel ou les corps allongés sur le sol, traduisent la quête d’un équilibre entre l’homme et la nature. La fin de la pièce montre les danseurs se dispersant en silence, laissant le plateau vide, suggérant le cycle éternel du voyage et de la migration. Cette mise en scène renforce l’idée que le métissage et l’hybridation ne sont pas seulement des choix esthétiques, mais aussi des réponses existentielles à la nécessité de mouvement et de transformation.
Nomad de Sidi Larbi Cherkaoui est une œuvre chorégraphique qui incarne l’idée de métissage, de rencontre et d’adaptation. En mêlant les traditions orientales, les arts martiaux et la danse contemporaine, Cherkaoui construit un langage corporel universel, ancré dans la diversité culturelle. La pièce interroge les notions d’identité, de communauté et de survie, tout en montrant que la danse peut devenir un espace de dialogue et de transmission. Elle illustre parfaitement la façon dont l’écriture chorégraphique contemporaine intègre les diversités culturelles pour créer des formes nouvelles et signifiantes.
Dossier - Éloge du puissant royaume : les danses urbaines comme affirmation culturelle
Créée en 2017, Éloge du puissant royaume d’Eddy Maalem est une œuvre chorégraphique qui célèbre les danses urbaines, notamment le break et le krump, en les inscrivant dans un contexte scénique et contemporain. Le chorégraphe rend hommage à ces styles ancrés dans l’histoire et la culture des quartiers populaires, en soulignant leur force expressive et leur codification spécifique. À travers cette pièce, il met en lumière l’importance de reconnaître ces danses comme des langages chorégraphiques à part entière, porteurs d’une identité et d’un message.
Axe 1 : Le break et le krump comme langages chorégraphiques codifiés
Éloge du puissant royaume s’appuie sur les codes précis du breakdance et du krump, deux styles emblématiques des danses urbaines. Le break, apparu dans le Bronx dans les années 1970, est reconnaissable par ses top rocks, footworks, freezes et power moves, constituant un vocabulaire rigoureux et spectaculaire. Le krump, né à Los Angeles dans les années 2000, se distingue par ses stomps, chest pops et arm swings, traduisant l’énergie brute et l’expression d’émotions intenses. Maalem respecte ces codes, les insère dans une écriture chorégraphique où chaque geste, chaque séquence est porteur d’un sens culturel et d’une histoire. La pièce valorise ainsi la richesse et la complexité de ces danses, trop souvent réduites à de simples performances techniques.
Axe 2 : La réappropriation des danses de rue dans un cadre scénique
En intégrant le break et le krump sur scène, Eddy Maalem met en valeur leur puissance esthétique et leur potentiel narratif. Les danseurs évoluent sur un plateau épuré, dans des lumières vives qui rappellent l’énergie des battles de rue, mais avec une précision scénique qui confère à ces gestes une nouvelle dimension. Les mouvements, issus des pratiques de rue, sont déconstruits et réagencés dans une écriture contemporaine, sans en altérer l’esprit. Le chorégraphe montre ainsi que ces danses, bien que nées dans la rue, peuvent trouver leur place dans des espaces institutionnels, à condition de préserver leur authenticité et leur charge symbolique.
Axe 3 : L’engagement et la symbolique dans l’écriture chorégraphique
Éloge du puissant royaume ne se contente pas de présenter des performances virtuoses : la pièce porte un message d’engagement et de mémoire. Les danses urbaines y deviennent un moyen de raconter l’histoire des communautés, des résistances et des résiliences face à la marginalisation et aux inégalités. Les postures de défi, les mouvements d’affirmation et les interactions entre danseurs traduisent cette volonté de revendiquer une identité et une culture spécifiques. La pièce illustre ainsi que, derrière chaque code gestuel, il existe un récit collectif et une lutte pour la reconnaissance.
Éloge du puissant royaume est une œuvre qui célèbre la diversité culturelle et l’héritage des danses urbaines, tout en soulignant l’importance de préserver leurs spécificités et leur charge symbolique. En intégrant le break et le krump dans une écriture contemporaine respectueuse des codes originels, Eddy Malem montre que ces danses sont à la fois des langages artistiques codifiés et des vecteurs d’identité et de résistance. Cette pièce s’inscrit pleinement dans la réflexion sur la place des diversités culturelles dans l’écriture chorégraphique contemporaine.
Une question, une réponse :
Comment les chorégraphes contemporains créent-ils des écritures hybrides à partir de traditions différentes ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore :
la manière dont les chorégraphes contemporains croisent plusieurs héritages culturels pour transformer le corps, l’espace, le vocabulaire gestuel, la perception et la dramaturgie.
À travers les œuvres suivantes :
• Zero Degrees — Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui — 2005
• Swan Lake — Dada Masilo — 2010
• Nomad — Sidi Larbi Cherkaoui — 2019
• Éloge du puissant royaume — Eddy Malem — 2017
Cet épisode montre que l’écriture hybride ne relève ni du collage ni de la citation décorative. Elle naît d’un travail exigeant où les différences restent vivantes pour produire un langage chorégraphique nouveau.
👉 Objectif :
comprendre comment les écritures hybrides se construisent en danse contemporaine, entre reconnaissance des styles, invention formelle et affirmation culturelle.
| Zero Degrees — Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui — 2005. | Swan Lake — Dada Masilo — 2010. | Nomad — Sidi Larbi Cherkaoui — 2019. | Éloge du puissant royaume — Heddy Maalem — 2017 | |
|---|---|---|---|---|
| Traditions, techniques ou styles croisés | ||||
| Gestes, appuis ou qualités de mouvement empruntés à chaque tradition | ||||
| Type d’hybridation produit | ||||
| Ce que le chorégraphe conserve de chaque langage d’origine | ||||
| Ce que le croisement transforme dans l’écriture chorégraphique | ||||
| Éléments de scénographie, de costume ou de musique qui renforcent l’hybridation | ||||
| Question identitaire, sociale ou politique portée par l’œuvre | ||||
| Message central du chorégraphe |
Activité 4 - Construire le corpus de connaissance de la partie 3
Comment les chorégraphes ont-ils intégré et affirmé les spécificités stylistiques et culturelles dans leurs écritures chorégraphiques au XXe siècle ?
Thème général : Quelles tensions et limites à l’intégration des diversités culturelles dans l’écriture chorégraphique contemporaine ?
Objectif : Comprendre les controverses et les débats éthiques liés au métissage chorégraphique, en identifiant les enjeux culturels, sociaux et artistiques.
Vous allez travailler en groupes autour de dossiers d’œuvres chorégraphiques ayant suscité des débats ou des critiques. Chaque groupe devra :
- Identifier les éléments de controverse dans l’œuvre (utilisation de codes culturels, appropriation, hybridation mal perçue).
- Analyser le contexte et les arguments en faveur ou contre l’approche du chorégraphe.
Table 1 : La post modern
Table 1 : Sous les fleurs – Thomas Lebrun
Table 2 : Xenos – Akram Khan
Table 3 : SLĀV – Robert Lepage & Betty Bonifassi (2018)

Dossier - Le postmodernisme en danse – Liberté gestuelle et tensions culturelles
Le courant postmoderne en danse, émergé dans les années 1960 aux États-Unis, a profondément transformé l’approche chorégraphique en remettant en question les conventions établies. En valorisant la simplicité, l’improvisation et l’authenticité du mouvement, ce courant a ouvert de nouvelles perspectives artistiques. Cependant, cette quête de liberté gestuelle a parfois conduit à des tensions, notamment lorsqu’elle implique l’appropriation ou la décontextualisation de pratiques culturelles spécifiques.
La Contact Improvisation : entre innovation et décontextualisation
La Contact Improvisation, développée par Steve Paxton en 1972, est une forme de danse improvisée basée sur le contact physique, l’écoute corporelle et la gravité. Elle intègre des éléments de l’aïkido, des arts martiaux et de la gymnastique, mettant l’accent sur la fluidité, l’équilibre et la réactivité entre partenaires.
Bien que cette approche ait révolutionné la danse contemporaine en valorisant l’improvisation et la relation corporelle, elle soulève des questions lorsqu’elle emprunte des mouvements issus de traditions culturelles spécifiques sans en reconnaître les origines ni les significations profondes. Par exemple, l’utilisation de techniques de l’aïkido, art martial japonais imprégné de spiritualité et de philosophie, est souvent détachée de son contexte culturel dans la pratique de la Contact Improvisation.
Cette décontextualisation peut être perçue comme une forme d’appropriation culturelle, où des éléments significatifs sont extraits de leur cadre d’origine pour être intégrés dans une nouvelle esthétique, sans reconnaissance ni respect des traditions dont ils sont issus.
Le No Manifesto de Yvonne Rainer : une remise en question des conventions
En 1965, Yvonne Rainer publie le No Manifesto, un texte fondateur du postmodernisme en danse, dans lequel elle rejette les éléments traditionnels du spectacle chorégraphique :
«No to spectacle. No to virtuosity. No to transformations and magic and make-believe. No to the glamour and transcendency of the star image.»
Ce manifeste prône une danse épurée, centrée sur le mouvement ordinaire et le refus de la théâtralité. Si cette approche a permis de démocratiser la danse et d’élargir ses horizons, elle peut également conduire à une uniformisation des expressions corporelles, en minimisant l’importance des contextes culturels et des significations symboliques attachées à certains mouvements.
En valorisant l’universalité du geste au détriment de sa spécificité culturelle, le No Manifesto soulève des interrogations sur la manière dont la danse postmoderne peut, involontairement, effacer les diversités culturelles et les traditions chorégraphiques non occidentales.
La Planetary Dance d’Anna Halprin : une tentative de réintégration du rituel
En 1981, Anna Halprin crée la Planetary Dance, une danse rituelle collective visant à promouvoir la paix et la guérison. Inspirée par des danses cérémonielles autochtones et conçue comme une réponse aux violences survenues sur le mont Tamalpais en Californie, cette œuvre invite les participants à courir ou marcher en cercles concentriques, créant un mandala vivant.
Contrairement à d’autres approches postmodernes, la Planetary Dance cherche à réintégrer le rituel et la dimension communautaire dans la pratique chorégraphique. Cependant, elle n’échappe pas aux critiques concernant l’appropriation culturelle, notamment en ce qui concerne l’utilisation de formes rituelles issues de cultures spécifiques sans une implication directe des communautés concernées.
Cette œuvre met en lumière les défis liés à l’intégration de pratiques culturelles dans un contexte artistique globalisé, soulignant l’importance de la collaboration et du respect des traditions dans la création chorégraphique contemporaine.
Le postmodernisme en danse a ouvert des voies innovantes en remettant en question les conventions et en valorisant la liberté gestuelle. Cependant, cette quête de liberté peut entrer en tension avec le respect des diversités culturelles, notamment lorsqu’elle implique l’appropriation ou la décontextualisation de pratiques spécifiques. Les exemples de la Contact Improvisation, du No Manifesto et de la Planetary Dance illustrent les complexités et les responsabilités inhérentes à l’intégration de traditions culturelles dans l’écriture chorégraphique contemporaine. Il est essentiel pour les artistes de naviguer avec conscience et respect dans cet espace, en reconnaissant et en honorant les origines et les significations des mouvements qu’ils intègrent dans leur travail.
Dossier - Ceremony of Us (1969) – Anna Halprin
Une tentative de réconciliation raciale par la danse, entre utopie postmoderne et controverse éthique
En 1969, quatre ans après les émeutes de Watts à Los Angeles, la chorégraphe Anna Halprin est invitée par James M. Woods, fondateur du Studio Watts Workshop, à créer une œuvre pour le Second Los Angeles Festival of the Performing Arts. Halprin, pionnière de la danse postmoderne, propose une collaboration entre sa compagnie, le San Francisco Dancers’ Workshop (composé de danseurs blancs), et les artistes afro-américains du Studio Watts. L’objectif est de créer une performance explorant les tensions raciales et sociales à travers le mouvement.porteurs d’une identité et d’un message.
Genèse de l’œuvre : Un processus collaboratif
Halprin mène d’abord des ateliers séparés avec chaque groupe, développant des vocabulaires gestuels distincts. Après plusieurs mois, les deux groupes se réunissent pour une résidence de dix jours à Los Angeles, où ils co-créent Ceremony of Us. La performance, présentée le 27 février 1969 au Mark Taper Forum, intègre des éléments improvisés, des rituels de naissance symboliques et des jeux de rôle, visant à favoriser la compréhension mutuelle et la guérison des blessures raciales.
Analyse de l’œuvre : Entre innovation et controverse
a. Une démarche postmoderne radicale
Ceremony of Us incarne les principes du postmodernisme en danse : rejet des structures narratives traditionnelles, valorisation de l’improvisation et du mouvement quotidien, et intégration du public dans le processus créatif. Halprin cherche à transcender les barrières raciales en utilisant la danse comme outil de transformation sociale.
b. Une réception mitigée
Malgré ses intentions louables, l’œuvre suscite des réactions contrastées. Certains critiques saluent l’audace de la démarche, tandis que d’autres pointent une appropriation culturelle et une mise en scène de la douleur raciale perçue comme voyeuriste. Le film documentaire Right On/Ceremony of Us (1969) révèle des moments de tension, notamment lors de scènes d’intimité entre danseurs noirs et blancs, qui soulèvent des questions sur la représentation des stéréotypes raciaux et sexuels.
c. Un impact durable
Cette expérience marque un tournant dans la carrière de Halprin, l’incitant à développer des programmes éducatifs multiculturels, tels que Reach Out, visant à promouvoir la diversité dans la danse. Elle poursuit également son exploration de la danse comme rituel communautaire avec des œuvres comme Planetary Dance (1981), qui célèbre la paix et la connexion entre les peuples.
Ceremony of Us illustre les défis et les ambiguïtés du métissage culturel en danse contemporaine. Si l’œuvre ambitionne de créer un espace de dialogue et de réconciliation, elle révèle également les risques d’appropriation et de simplification des identités culturelles. Elle invite à une réflexion critique sur les conditions d’une véritable rencontre interculturelle dans le champ chorégraphique.
Dossier - Xenos (2018) : Hybridation, mémoire et controverses culturelles
Xenos, solo chorégraphique d’Akram Khan créé en 2018, revisite l’histoire des soldats indiens enrôlés dans la Première Guerre mondiale. À travers une gestuelle métissée mêlant kathak et danse contemporaine, et une mise en scène théâtrale saisissante, Khan entend interroger les mémoires oubliées et les identités hybrides. Cependant, cette œuvre a suscité des débats, voire des controverses, liés à l’appropriation, à l’hybridation et aux risques d’esthétisation de la douleur et de la mémoire coloniale.
Partie 1 : Les tensions liées à l’hybridation gestuelle – risque de dilution culturelle
Akram Khan est reconnu pour sa maîtrise du kathak, mais dans Xenos, cette danse traditionnelle est mêlée à une gestuelle contemporaine, créant une écriture chorégraphique hybride.
Risque principal : En détachant le kathak de son contexte sacré et narratif pour l’intégrer dans une œuvre contemporaine, Khan expose la danse à un risque de dilution culturelle. Les frappes de pieds, traditionnellement accompagnées de narrations poétiques et de rythmes symboliques, deviennent ici des motifs esthétiques, ce qui peut effacer leur profondeur historique et spirituelle.
Controverse : Certains critiques ont souligné que cette hybridation transforme un héritage culturel riche en un langage universalisant, où les spécificités culturelles sont minimisées au profit d’un effet chorégraphique. Cela questionne la légitimité de réécrire un langage chorégraphique sans en préserver les significations et les codes originels.
Partie 2 : La représentation de la mémoire coloniale – entre hommage et simplification
La pièce évoque explicitement la mémoire des soldats indiens enrôlés par l’Empire britannique et souvent oubliés de l’histoire officielle. Ce choix a été salué comme un geste de mémoire, mais :
Risque principal : En incarnant seul cette mémoire collective, Khan prend le risque de réduire une histoire complexe à une interprétation individuelle, filtrée par une sensibilité contemporaine et une mise en scène occidentalisée.
Controverse : La mémoire des soldats colonisés devient ici un récit performatif, où la gestuelle (mêlant kathak et contemporain) peut apparaître comme un esthétisme, risquant d’édulcorer la violence réelle du colonialisme et des guerres mondiales. Des critiques ont souligné le danger d’utiliser la beauté du geste pour évoquer des tragédies historiques, au risque de détourner l’attention de leur réalité.
Partie 3 : La scénographie et le corps métissé – entre esthétisation et ambiguïté éthique
La scénographie de Xenos est puissante : cordages suspendus, sol recouvert de terre, lumières chaudes et tamisées, sons de guerre et musique mêlant percussions indiennes et contemporaines. Le corps d’Akram Khan, seul en scène, devient un symbole du métissage et de l’exil.
Risque principal : Cette esthétisation du corps métissé et du contexte colonial peut apparaître comme une ambivalence éthique : d’un côté, elle sensibilise le public à l’histoire oubliée ; de l’autre, elle peut donner l’impression de spectaculariser la douleur, en transformant une mémoire traumatique en tableau esthétique.
Exemple concret : La scène finale, où Khan s’effondre dans la terre sous les cordages, est à la fois bouleversante et ambiguë : elle symbolise l’enfouissement de la mémoire, mais aussi le spectacle d’un corps sacrifié, invitant le spectateur à l’émotion plus qu’à la réflexion critique.
Xenos d’Akram Khan est une œuvre puissante et nécessaire, mais elle n’échappe pas aux controverses sur la limite entre hommage et esthétisation, hybridation et dilution culturelle. En intégrant des gestes et des mémoires multiples dans un langage contemporain, Khan ouvre un espace de dialogue mais soulève aussi des interrogations éthiques : peut-on réécrire et métisser une mémoire collective sans la réduire à une esthétique universelle ? Cette pièce montre que l’écriture chorégraphique contemporaine est traversée par des tensions entre liberté artistique et responsabilité mémorielle, et qu’elle invite à une vigilance critique sur la manière dont les diversités culturelles sont mises en scène.
Dossier - Xenos (2018) : Hybridation, mémoire et controverses culturelles
Créée en 2016, Sous les fleurs est une œuvre chorégraphique de Thomas Lebrun, inspirée par la communauté des Muxes, un troisième genre reconnu dans la culture zapotèque au Mexique. À travers cette pièce, Lebrun cherche à rendre hommage à cette communauté en explorant les notions de genre, d’identité et de métissage culturel. Cependant, cette démarche soulève plusieurs questions et controverses concernant la représentation, l’appropriation culturelle et l’esthétisation de la souffrance.
Partie 1 : Représentation des Muxes – entre hommage et exotisation
Dans Sous les fleurs, cinq danseurs masculins incarnent des Muxes, arborant des costumes traditionnels mexicains et exécutant des gestes empreints de féminité. Cette représentation vise à célébrer la diversité des identités de genre et à sensibiliser le public à la culture zapotèque.
Cependant, cette mise en scène peut être perçue comme une forme d’exotisation, où les éléments culturels sont présentés de manière esthétisée, détachés de leur contexte socioculturel. La question se pose alors de savoir si cette représentation rend véritablement hommage à la communauté des Muxes ou si elle contribue à une vision stéréotypée et simplifiée de leur réalité.
Partie 2 : Appropriation culturelle et légitimité artistique
La création de Sous les fleurs par un chorégraphe occidental soulève la question de l’appropriation culturelle. Bien que Lebrun ait effectué des recherches et rencontré des membres de la communauté Muxe, l’utilisation de leurs traditions et symboles dans un contexte artistique occidental peut être perçue comme une appropriation de leur culture.
Cette démarche interroge la légitimité d’un artiste à représenter une culture qui n’est pas la sienne, même avec les meilleures intentions. Elle soulève également des questions sur la manière dont les cultures minoritaires sont représentées dans les arts et sur le pouvoir des artistes à parler au nom d’autres communautés.
Partie 3 : Esthétisation de la souffrance – entre émotion et simplification
Sous les fleurs aborde également les difficultés et les souffrances vécues par les Muxes, notamment à travers des scènes évoquant la violence, l’exclusion et la marginalisation. Ces moments sont présentés de manière poétique et esthétisée, ce qui peut susciter une forte émotion chez le spectateur.
Cependant, cette esthétisation de la souffrance peut également être critiquée pour sa tendance à simplifier des réalités complexes et douloureuses. En transformant la douleur en spectacle, il existe un risque de minimiser l’ampleur des problèmes rencontrés par la communauté des Muxes et de détourner l’attention des enjeux politiques et sociaux sous-jacents.
Sous les fleurs de Thomas Lebrun est une œuvre ambitieuse qui cherche à célébrer la diversité des identités de genre et à sensibiliser le public à la culture des Muxes. Cependant, elle soulève des questions importantes sur la représentation, l’appropriation culturelle et l’esthétisation de la souffrance. Ces controverses mettent en lumière les défis auxquels sont confrontés les artistes lorsqu’ils s’engagent dans des démarches interculturelles et soulignent l’importance d’une approche respectueuse et consciente des enjeux culturels et sociaux.
Dossier - SLĀV (2018) : entre hommage musical et accusations d’appropriation culturelle
SLĀV, conçu en 2018 par le metteur en scène québécois Robert Lepage et la chanteuse Betty Bonifassi, est un spectacle musical construit autour de chants d’esclaves afro-américains. Présenté lors du Festival International de Jazz de Montréal, le spectacle a suscité de vives controverses, déclenchant des débats majeurs sur l’appropriation culturelle, la représentation des diversités, et la responsabilité artistique face à l’histoire et à la mémoire.
Partie 1 : Le projet artistique – entre hommage et malentendus
Intention initiale : SLĀV voulait rendre hommage aux chants d’esclaves et à la résilience de la communauté afro-américaine, en revisitant ces musiques avec une mise en scène épurée et contemporaine. Bonifassi, connue pour sa voix puissante, interprétait ces chants, accompagnée d’un ensemble d’artistes majoritairement blancs.
Controverse : Si l’intention était de souligner la force des traditions musicales afro-américaines, la forme choisie (absence de performers afro-descendants et contextualisation insuffisante) a été perçue comme une récupération problématique.
Partie 2 : Les critiques d’appropriation culturelle – absence de représentativité et stéréotypes
Absence de diversité dans la distribution : La troupe était composée majoritairement de chanteurs blancs interprétant des chants issus d’une tradition historiquement liée à l’oppression des Noirs. Cette absence de représentativité a été vivement critiquée par des militants et des artistes afro-descendants.
Stéréotypisation et décontextualisation : Certains critiques ont souligné que le spectacle ne proposait pas une lecture critique ou historique des chants d’esclaves, mais une réinterprétation musicale qui réduisait leur portée politique et mémorielle. Le choix de costumes et de mouvements simples (voiles, robes blanches) accentuait cette impression d’esthétisation dépolitisée, transformant une mémoire douloureuse en performance esthétique.
Réactions : Des manifestations et des pétitions ont conduit Lepage et Bonifassi à annuler certaines représentations et à repenser leur approche.
Le débat éthique et la remise en question – quelles leçons pour l’écriture chorégraphique et scénique contemporaine ?
Enseignements : SLĀV illustre combien l’absence de collaboration directe avec les communautés concernées et le manque de contextualisation historique peuvent générer des accusations d’appropriation culturelle. L’utilisation de matériaux culturels sensibles sans légitimité ni implication des porteurs de mémoire soulève des questions éthiques majeures :
Qui a le droit de raconter une histoire collective marquée par l’oppression ?
Jusqu’où l’esthétisation peut-elle transformer un témoignage historique sans le trahir ?
Parallèle avec la danse : Si SLĀV est une œuvre musicale et scénique, ses problématiques se retrouvent dans la danse contemporaine lorsqu’elle intègre des gestuelles ou des esthétiques issues de traditions culturelles sans reconnaître ni respecter leur origine (comme nous l’avons vu avec Xenos ou Sous les fleurs).
SLĀV a ouvert un débat essentiel sur la responsabilité artistique face aux mémoires collectives et sur la nécessité d’une représentation authentique et contextualisée des cultures marginalisées. Cette œuvre montre que l’hommage, s’il est mal compris ou mal préparé, peut se transformer en appropriation perçue comme injuste ou irrespectueuse. Ce débat invite à repenser les pratiques de création chorégraphique et scénique pour construire un dialogue interculturel réellement collaboratif et conscient des enjeux mémoriels.
Une question, une réponse :
Quelles tensions et quelles limites apparaissent lorsque la danse contemporaine intègre des diversités culturelles ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore :
les enjeux éthiques, esthétiques et politiques liés au métissage chorégraphique, à la représentation des cultures, à la mémoire et aux risques d’appropriation culturelle.
À travers les œuvres suivantes :
• Ceremony of Us — Anna Halprin — 1969
• Xenos — Akram Khan — 2018
• Sous les fleurs — Thomas Lebrun — 2023
• SLĀV — Robert Lepage et Betty Bonifassi — 2018
Cet épisode montre que l’intégration des diversités culturelles dans la danse contemporaine ne produit pas seulement de nouvelles formes. Elle soulève aussi des questions de légitimité, de contexte, de mémoire, de représentation et de responsabilité artistique.
👉 Objectif :
comprendre pourquoi la création chorégraphique contemporaine doit penser à la fois le geste, son origine, son contexte culturel et les rapports de pouvoir qu’il engage.
| Ceremony of Us — Anna Halprin — 1969 | Xenos — Akram Khan — 2018 | Sous les fleurs — Thomas Lebrun —2023 | SLĀV — Robert Lepage et Betty Bonifassi — 2018 | |
|---|---|---|---|---|
| Culture, mémoire ou communauté mobilisée par l’œuvre | ||||
| Intention affichée par l’artiste (hommage, réconciliation, transmission, visibilisation, mémoire, dénonciation) | ||||
| Éléments précis qui ont suscité la controverse | ||||
| Type de tension en jeu (appropriation culturelle, décontextualisation, dilution, exotisation, absence de représentativité, esthétisation de la souffrance, universalisation abusive) | ||||
| Qui parle, au nom de qui, et avec quelle légitimité ? | ||||
| Contexte historique, social ou politique indispensable pour comprendre le débat | ||||
| Arguments en faveur de l’œuvre | ||||
| Arguments critiques contre l’œuvre | ||||
| Ce que l’œuvre révèle des limites du métissage chorégraphique |
Activité 5 - Dissertation
«Répondre au sujet»
Sujet : Comment les chorégraphes ont-ils intégré et affirmé les spécificités stylistiques et culturelles dans leurs écritures chorégraphiques au XXe siècle ?
A rendre (Individuel - fin de séquence): Dissertation
| Introduction | Mon contenu |
|---|---|
| Accroche | |
| Définition mot clef 1 + Question | |
| Définition mot clef 2 + Question | |
| Définition mot clef 3 + Question | |
| Questionnement | |
| Problématique | |
| Plan |
| Partie 1 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Partie 2 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Partie 3 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Conclusion | Mon contenu |
|---|---|
| Retour sur la problématique | |
| Synthése | |
| Ouverture |
Activité 6 - Evaluation formative
Co évaluation
Sujet : Comment les chorégraphes ont-ils intégré et affirmé les spécificités stylistiques et culturelles dans leurs écritures chorégraphiques au XXe siècle ?
A partir de la grille d’évaluation des épreuves écrites du baccalauréat, corriger, noter et commenter les copies de vos camarades.






