Formation - Niveau 1
Séquence "Babelle Heureuse"
En référence à l'oeuvre chorégraphique "Babelle Heureuse" de Montalvo & Hervieu
Ce cours numérique est un guide pédagogique pour un processus d'écriture chorégraphique basée sur la pièce "Babelle Heureuse" de Montalvo & Hervieu. Il présente une analyse de la pièce chorégraphique, les éléments constitutifs de la danse, les paramètres du geste dansé, l'écriture chorégraphique et les processus de composition utilisés. Le guide propose également des exercices d'échauffement et des activités pour construire des solos, des duos, des ensembles et des canons
Babelle Heureuse, c’est…
…une traversée collective, où les gestes pluriels trouvent leur place dans une composition commune. Cette séquence offre aux enseignants et aux danseurs un cadre solide pour faire émerger des projets vivants, sensibles et profondément ancrés dans la relation à l’autre et à l’espace. Elle est particulièrement adaptée aux démarches de création collaboratives, aux restitutions scéniques, ou à toute situation nécessitant un élan d’inspiration.
Des styles de danse codifiés à un langage universel par l’étude des composantes du mouvement

Introduction
Ce chapitre présente un guide pédagogique pour une séquence de danse basée sur l’œuvre chorégraphique «Babelle Heureuse» de Montalvo & Hervieu. Il propose une analyse de la pièce chorégraphique, les éléments constitutifs de la danse, les paramètres du geste dansé, l’écriture chorégraphique et les processus de composition utilisés. Le guide propose également des exercices d’échauffement et des activités pour construire des solos, des duos, des ensembles et des canons.
Séance 1 : Expérimenter et trouver mon «langage»
Inspiration
Comment les chorégraphes Montalvo et Hervieu se sont appropriés le mythe de la tour de Babelle?
« Alors le vieux mythe biblique se retourne, la confusion des langues n’est pas une punition, le sujet accède à la jouissance pour la cohabitation des langages, qui travaillent côte à côte : le texte de plaisir, c’est Babel heureuse. »
Inducteur
Le mythe de la tour de Babel: Nemerod (roi-chasseur) régnant sur les descendants de Noé eu l’idée de construire à Babel (Babylone) une tour assez haute pour que son sommet atteigne le ciel (c’est à dire le trône de dieu) mais Dieu fit échec à cette entreprise en introduisant la confusion (la diversité des langues). En multipliant les langues, Dieu annihile chez eux toutes ambitions de dépassement.
Ce mythe prendrait son origine de l’Aziggurat ou Etemenanki (pivot réunissant le ciel et la terre, assurant l’unité de l’univers).
Au terme de l’histoire des origines il s’agit donc de marquer le péché collectif d’une communauté humaine et d’en montrer la condamnation par Dieu.

Repérer les éléments constituants de la pièce chorégraphique (Analyse des paramètres du mouvement)
Style
Danseuses : classique, africaine hip-hop (break-danse), africain, classique, 2 circadiens,1gymnaste, un plasticien
Espace
Mouvement ample, Tout l’espace scénique est exploité
Traversées de solos ; duos
Du sol au saut (+ niveau supérieur crée par la vidéo)
Temps
Pulsions communes provenant des musiciens et de l’envol des danseurs. Rapide
Flux
Pétillante ; pulsée et continue, de l’intérieur vers l’extérieur, du bas vers le haut
De type impulse
Connaissances culturelles
Analyse des différents styles de danse par les fondamentaux du mouvement (Espace temps flux corps)
Danse jazz
Sensuel, énergie contrastée, vitesse, amplitude
Dissociation, coordination, rapidité, mobilité du bassin
Frontal, assez symétrique, diversifications des directions et des orientations
Jazz, percussions, blues, rock - Musique structurant la danse (syncope, contre- temps)
Danse primitive
Libératoire, dynamismes pulsatoires (tensions et relâchements)
Mobilité et rayonnement de la colonne vertébrale, rôle fort des appuis pédestres
Importance du cercle Percussions, chants… fusion des pulsations sonores et corporelles
Danse folklorique
Communicatif, maintien du tonus de base
Dépend de la danse mais pas d’utilisation du sol (farandole…)
Traditionnelles, chants, musique médiatrice de la danse
Danse de société
Tonique, affilié à l’identité de genre, dynamismes et formes dépendant de la danse
Dépend de la danse mais importance de la rotation, des appuis, du contact avec l’autre
Dépend de la danse mais importance de l’espace du couple, pas d’utilisation du corps au sol
Échauffement
Échauffement rythmique et sensoriel en dispersion
Phase rythmique collective :
Les élèves sont répartis librement dans l’espace. Un élève initie un rythme personnel en tapant dans les mains pendant 8 temps.
Le groupe reprend ensuite ce rythme collectivement, également sur 8 temps.
Puis, la pulsation est maintenue en silence durant 8 temps, avant que le groupe ne la matérialise à nouveau par des frappes dans les mains.
Variante avec la marche :
Toujours en dispersion, un élève initie le rythme par des frappes dans les mains (8 temps). Le groupe l’imite sur 8 temps.
Ensuite, la pulsation est intériorisée en silence pendant 8 temps, suivie d’une marche sur le même rythme, puis d’un silence, puis d’une reprise de la pulsation collective, d’un nouveau silence, d’un déplacement libre, etc.
Cette alternance crée un cycle rythmique entre action, silence et mouvement.
Travail progressif du niveau :
À partir de la station debout, les élèves descendent progressivement vers le sol sur 20 temps, y restent 20 temps, puis remontent sur 20 temps.
L’exercice est répété en diminuant le nombre de temps à chaque cycle : 18, 16, 14, 12, 10, 8, 6, 4, 2, 1.
Cela engage un contrôle précis du tonus et du tempo.
Variantes expressives :
– Avec verbes d’action : descendre et remonter en «dégoulinant», en «coulant», en «crashant», en «cassant», etc.
– Avec adjectifs qualifiant la qualité du mouvement : fluide, saccadé, léger, furtif, lourd, glissant…
– Avec évocation d’environnements imaginaires : comme si l’on évoluait dans de la boue, du miel, de la neige, du sable ou encore dans un désert…
Critères de réalisation
Posture debout :
Position stable avec les pieds parallèles, alignés sous les crêtes iliaques. Le buste est droit, les bras relâchés le long du corps, et le regard orienté vers l’avant.
Posture au sol :
Allongé sur le dos, corps étiré, les bras posés naturellement le long du corps, relâchement global recherché.
Écoute collective :
Capacité à percevoir et intégrer le rythme initié par un camarade. La reprise du rythme doit se faire de manière synchronisée par l’ensemble du groupe, témoignant d’une concentration partagée.
Justesse rythmique et coordination :
Être en phase avec le tempo donné : chaque changement de posture (debout, sol, déplacement) doit se faire précisément sur les temps indiqués, en cohérence avec la pulsation collective.
Situation 1:Mon langage corporel
Consigne :
Créer une phrase dansée en s’inspirant de verbes d’action.
Intention :
Explorer un imaginaire du mouvement en devenant « un oiseau » en quête de liberté.
Verbes supports :
S’envoler, planer, grimper, rebondir, sauter
Objectif :
Exprimer par le corps une dynamique d’élévation, de légèreté ou d’impulsion, en enchaînant ces actions dans une séquence cohérente et expressive.
Situation 2 : Transformer mon langage corporel
Consigne :
Faire évoluer une phrase dansée en jouant avec les paramètres du mouvement.
Axes de transformation :
Espace : agrandir ou réduire l’amplitude (du très grand au très petit)
Temps : varier la vitesse (accélérer ou ralentir)
Énergie : explorer différentes qualités (jeter, impulser, créer un impact)
Qualité de mouvement : passer du mou au sec, du saccadé au fluide
Objectif :
Affiner son expressivité en modulant intention, dynamique et présence corporelle, pour enrichir la palette personnelle de mouvements.
Situation 3 : Créer une partition de groupe
Consigne :
Composer une séquence collective en s’appuyant sur le hasard comme procédé de création.
Déroulement :
– Quadriller l’espace scénique en 9 zones distinctes.
– Tirer au sort :
• 3 espaces de représentation (zones où danser)
• 3 points d’entrée
• 3 points de sortie
– Interpréter la même phrase dansée trois fois, en respectant à chaque fois le parcours imposé par le tirage au sort (entrée, déplacement dans les espaces définis, sortie).
Objectif :
Explorer de nouveaux itinéraires dans l’espace, questionner la relation au cadre scénique et développer sa capacité à s’adapter à des contraintes inattendues.
Complexification possible:
Invitez les danseurs à transformer leur phrase dansée à chacun des trois passages, en modifiant les paramètres du mouvement :
Passage 1 : exécuter la phrase de manière petite et rapide
Passage 2 : la réaliser grande et lente
Passage 3 : explorer différentes qualités d’énergie : impulse, impact, en jouant entre sec et mou
Objectif :
Développer la capacité à nuancer un même matériau chorégraphique en variant l’espace, le temps et l’énergie.
Simplification possible :
Pour aider les danseurs à mieux appréhender l’espace de la scène, proposez des situations de jeu collectives favorisant l’orientation :
Jeu d’identification spatiale : annoncez à voix haute une zone spécifique de l’espace scénique (par exemple : «centre», «cour», «jardin»), et demandez aux élèves de s’y rendre le plus rapidement possible.
Temps d’échange : après chaque déplacement, prenez un moment pour discuter des écarts d’interprétation, des erreurs éventuelles et confronter les points de vue spatiaux.
Variante : reprenez le même principe avec les espaces d’entrée et de sortie, pour aider les élèves à visualiser et mémoriser les axes de circulation.
Phase d’expérimentation individuelle : offrez un temps dédié où chaque élève peut tester ses trois déplacements dans l’espace, en lien avec sa phrase chorégraphique.
Objectif :
Développer une conscience claire de l’espace scénique et de ses différentes zones, tout en favorisant l’autonomie dans la gestion des trajets et des transitions.

Règles du jeu – Partition chorégraphique collective
Accès à l’espace scénique :
– Il est interdit d’entrer par le fond de scène (à imaginer comme un rideau infranchissable).
– Il est également interdit d’emprunter l’avant-scène (le couloir réservé au regard du spectateur).
Occupation scénique :
– L’espace ne doit jamais être vide : au moins un danseur doit être en mouvement à tout moment.
– Il ne peut y avoir au maximum que 3 danseurs en scène simultanément.
Déplacements :
– Les déplacements vers l’espace de jeu et les sorties doivent toujours s’effectuer en ligne directe (sans détour) depuis ou vers les zones définies d’entrée/sortie.
Repère spatial :
– Astuce pour mieux s’orienter sur scène : quand je fais face au public, le côté cour est à gauche, du côté du cœur.
Matériels et fiche de suivi
Préparez deux boites avec 3 jeux de chiffres. Une boite correspondant aux espace d’entrée et de sortie (chiffres 1;4;7;3;6;9 uniquement) - Une boite espace de danse (Chiffres 1;2;3;4;5;6;7;8;9)
Préparez une fiche de suivi permettant aux élèves de noter les espaces tirés au sort de la séance 1
- passage 1: espace d’entrée .... espace de danse .... espace de sortie ....
- passage 2: espace d’entrée .... espace de danse .... espace de sortie ....
- passage 3: espace d’entrée .... espace de danse .... espace de sortie ....
La partition crée à partir du procédé de composition "Hasard" est empruntée à Merce cunningham, chorégraphe Américain ayant révolutionné la danse moderne
Merce Cunningham et le Hasard Merce Cunningham a intégré la notion de hasard dans sa chorégraphie, utilisant des techniques comme le tirage au sort pour déterminer l’ordre des séquences. Cela a permis de créer des œuvres uniques et imprévisibles.
La Distinction entre Chance et Hasard Il est important de noter que Cunningham fait une distinction entre la « chance » et le « hasard », soulignant que ce dernier peut être un « hasard heureux » qui enrichit la créativité.
Exploration de l’Espace et du Temps Dans son approche, Cunningham réinvente le traitement du temps et de l’espace, où le hasard joue un rôle crucial, déconnectant ainsi le mouvement de la musique.
Grille de compétences
| Compétences | Indicateurs d’observation | Situations associées |
|---|---|---|
| 1. Mobiliser son corps dans une dynamique expressive | - Diversité des dynamiques corporelles (vitesse, énergie, qualité) - Présence d’un engagement global du corps - Usage fluide ou contrasté de la colonne, des appuis, du bassin | - Échauffement (qualités de mouvement) - Situation 1 (phrase avec verbes d’action) - Situation 2 (transformations) |
| 2. Développer un langage chorégraphique personnel | - Création d’une phrase originale à partir d’images ou d’actions - Transformation pertinente en lien avec les paramètres - Cohérence dans l’enchaînement des motifs gestuels | - Situation 1 (verbes d’action) - Situation 2 (petit/grand, rapide/lent…) |
| 3. Utiliser consciemment l’espace scénique | - Capacité à identifier et occuper des zones précises de l’espace - Respect des entrées/sorties désignées - Adaptation aux contraintes spatiales imposées | - Situation 3 (tirage au sort, quadrillage) - Jeu repérage spatial - Déplacements explorés individuellement |
| 4. Construire et structurer une partition chorégraphique | - Enchaînement clair et lisible des séquences - Cohérence entre rythme, espace et énergie - Capacité à maintenir une structure stable malgré les variations | - Situation 2 (transformations répétées) - Situation 3 (partition avec parcours) |
| 5. S’inscrire dans une dynamique de groupe | - Réceptivité aux rythmes communs (frappes, pulsations) - Synchronisation avec les autres - Engagement collectif visible (écoute, ajustement, respect des consignes partagées) | - Échauffement rythmique - Jeux de coordination collective - Reprise en groupe du rythme initié |
Séance 2 : Dialoguer avec l’autre
Inspiration
Comment les chorégraphes Montalvo et Hervieu se sont appropriés le mythe de la tour de Babelle?
Repérer les éléments constituants de la pièce chorégraphique (Analyse des paramètres du mouvement)
Scénographie
Les décors : Projection vidéo sur mur fond de scène, colombe (symbole de paix)
Les costume s: colorés correspondant au style de danse de chacun
Utilisation d’objets divers symbolisant l’envol et induisant un mouvement dansé
Les éclairages, la lumière : couleurs chaudes
Danseurs
Comédien - plasticien avec le perchoir
3 musiciens sur scène non-danseurs
21 interprètes, d’âges variés dont 4 femmes et 1 musicienne.
Lieu
Théâtre traditionnel à l’italienne
Monde sonore
Cornemuse orientale + percussions + derbouka sur scène (live) + Bach + Vivaldi
Utilisation de la voix :
« Et maintenant tous ensemble »
Connaissances culturelles
La symbolique des corps et des espaces
La relation entre danseurs
La relation entre danseurs
Les relations entre les interprètes sont construites selon plusieurs axes complémentaires
Le corps comme matériau : chaque danseur perçoit et utilise le corps de l’autre comme une matière malléable, support de jeux de poids, de formes ou de réactions. Cette approche génère des contacts physiques riches et variés, allant de la simple présence à des manipulations plus complexes.
Le rapport au temps : les interactions s’organisent en fonction de différents agencements temporels : unisson, décalage (canon, cascade, rattrapé), réponse ou opposition, chaque dispositif apportant une nuance à la lecture du groupe.
L’inscription dans l’espace : les relations se traduisent par des choix de contact, d’appuis, de tractions passives, de portés, mais aussi par la gestion de la distance, des orientations et des directions entre les corps. L’espace devient alors un terrain de jeu partagé, structuré par les dynamiques relationnelles.
La fonction du rôle : la nature de la relation dépend enfin du rôle assigné ou assumé par chaque interprète dans la composition : meneur, suiveur, relais, soutien, opposant… Ces rôles influencent la qualité du lien et l’intention du mouvement partagé.
Le corps
Le danseur mobilise de manière intentionnelle et consciente l’ensemble de ses possibilités articulaires, musculaires et physiologiques, en recherchant une coordination fine et adaptée à son projet d’expression.
Rapport à la gravité : le mouvement exprime différentes manières de dialoguer avec le poids du corps – en le compensant, en s’y abandonnant, en s’y opposant, ou encore à travers des balancements qui jouent de l’équilibre et du déséquilibre.
Mobilisation segmentaire : des parties spécifiques du corps peuvent être sollicitées isolément (bras, bassin, colonne, jambes…).
Mobilisation globale : le corps peut également être engagé dans son intégralité, générant des dynamiques plus amples ou organiques.
Formes et intentions : les choix formels (gestes, postures, trajectoires) sont déterminés en fonction de l’intention artistique personnelle ou du projet chorégraphique collectif.
Exemple :
L’interprétation de la fable «Le Chêne et le Roseau» par Mourad Merzouki, se concentre sur la dualité entre force et flexibilité, ainsi que sur la résilience face à l’adversité.
- Symbolisme des Personnages : Le chêne représente la force brute et la rigidité, tandis que le roseau incarne la souplesse et l’adaptabilité. En danse, ces caractéristiques peuvent être exprimées par des mouvements puissants et ancrés pour le chêne, et des gestes fluides et flexibles pour le roseau.
- Contraste de Mouvements : Les chorégraphies exploitent souvent le contraste entre des mouvements rigides et des mouvements fluides. Cela permet de visualiser la tension entre la résistance inflexible du chêne et la capacité du roseau à plier sans se rompre
Echauffement
Consigne de base :
La séquence se déroule en quatre phrases de 8 temps chacune, dans un enchaînement fluide :
- Descente vers le sol sur 8 temps, avec une qualité de mouvement de type dégoulinant (mou, relâché, fluide).
- Pause au sol durant 8 temps (immobilité ou légère oscillation au choix).
- Remontée vers la position debout neutre sur 8 temps, en recentrant le tonus.
- Marche dans l’espace sur 8 temps, avec un retour progressif à la verticalité et à la conscience spatiale.
Variante avec effet visuel – travail en décalé de groupe
Divisez la classe en deux groupes :
Groupe 1 : commence par la marche, enchaîne par la descente, puis la pause au sol, et termine par la remontée.
Groupe 2 : commence par la descente au sol, enchaîne avec la pause, puis la remontée, et termine par la marche.
Objectif pédagogique
Observer et analyser ensemble l’effet visuel produit par l’alternance des dynamiques, des niveaux et des rythmes entre les deux groupes. Cette mise en contraste permet de sensibiliser les élèves à la composition d’ensemble, à la lecture du mouvement dans l’espace, et à l’impact scénique des décalages chorégraphiques.
Qu’est-ce qu’un procédé de composition chorégraphique ?
Les «procédés de composition chorégraphique» désignent les techniques et méthodes utilisées pour créer et structurer une danse. Les procédés de composition chorégraphique jouent un rôle essentiel dans la création d’une œuvre de danse, influençant tant la vision du chorégraphe que l’expérience du spectateur. Pour le chorégraphe, ces procédés offrent un cadre structuré qui facilite l’exploration et l’expression de concepts artistiques complexes. En utilisant des techniques telles que la répétition, l’accumulation ou la rétrogradation, le chorégraphe peut manipuler le temps, l’espace et l’énergie pour développer une compréhension plus profonde de la pièce qu’il crée. Cela lui permet de jouer avec les dynamiques et les motifs, enrichissant ainsi sa perception et sa maîtrise de l’œuvre.
Du côté du spectateur, l’utilisation habile de ces procédés peut transformer l’expérience de visionnage en quelque chose de captivant et d’émotionnellement puissant. Les variations et les canons, par exemple, peuvent susciter des sensations de surprise, de tension ou de satisfaction, en fonction de la manière dont ils sont intégrés dans la chorégraphie.
Dans ‘Rosas danst Rosas’, Anne Teresa De Keersmaeker utilise des procédés tels que l’unisson, le canon et la cascade pour créer une dynamique entre les danseurs. Elle utilise la répétition pour renforcer le théme de la routine et du quotidien sans échappatoire.
Situation 1
Je te présente mon langage :
Dispositif :
Travail en binôme (ou en trio si nécessaire).
Objectifs :
Revoir et affiner son solo en lien avec la thématique de l’envol.
Observer le solo du partenaire avec attention, en portant un regard critique et constructif.
Consignes :
Répéter son solo individuellement pour le fixer.
Présenter son solo au(x) partenaire(s).
Vérifier ensemble :
– La cohérence avec la thématique de l’envol (gestuelle, dynamique, intention)
– La qualité des transformations réalisées en amont (variations d’espace, de temps, d’énergie…)
– La lisibilité du langage corporel
Formuler des propositions d’amélioration si certains éléments sont confus ou insuffisamment assumés.
Compétence mobilisée :
Savoir formuler et recevoir une analyse constructive, tout en développant la clarté et la singularité de son langage chorégraphique.
Situation 2
Créer un dialogue dansé
Dispositif :
Travail en binôme ou en trio.
Objectif :
Construire une phrase chorégraphique en question/réponse à partir des matériaux individuels, en lien avec le thème de la suspension.
Consignes :
Sélectionner des éléments issus des solos de chacun, en faisant des choix précis pour composer une séquence partagée.
Structurer un dialogue dansé, où les partenaires se répondent par le mouvement (alternance ou superposition gestuelle).
Varier les placements spatiaux pour enrichir la composition :
– Côte à côte
– Face à face
– Orientés dans des directions divergentes (dos à dos, en angle, en décalé…)
Compétence mobilisée :
Savoir composer à partir d’un thème commun, développer l’écoute corporelle et la relation à l’autre, tout en jouant sur les possibilités spatiales et expressives du duo.
Situation 3
Créer une partition chorégraphique de groupe
Étapes de composition :
Individuellement :
Chaque danseur définit deux points d’entrée et deux points de sortie dans l’espace scénique.
Par deux :
En binôme, tirer au sort deux espaces de danse communs à investir ensemble.
Consigne de réalisation :
Chaque danseur réalise sa phrase deux fois, en respectant :
– Les espaces de danse partagés définis par le tirage au sort
– Les entrées et sorties personnelles, sans détour, selon une trajectoire claire et directe
Objectif :
Apprendre à organiser son parcours dans l’espace scénique, à cohabiter avec un partenaire dans des zones communes, tout en maintenant la clarté de sa structure chorégraphique individuelle.
Partition collective
– Réaliser son solo trois fois en respectant les espaces de danse ainsi que les espaces d’entrée et de sortie.
– Faire signe à son partenaire pour partir ensemble en courant vers les espaces de danse communs, puis exécuter la phrase collective deux fois, en respectant les espaces de danse partagés et les entrées/sorties définies.
Grille de compétences
| Compétences | Indicateurs d’observation | Situations associées |
|---|---|---|
| 6. Approfondir la qualité d’interprétation | – Le danseur adapte l’énergie et le tonus à chaque phase (descente, immobilité, remontée, marche) – Capacité à intégrer des intentions corporelles précises (fluidité, tension, relâchement) – Lisibilité des états de corps | Échauffement progressif en 4 x 8 temps (avec ou sans effet visuel) |
| 7. Évaluer et affiner son langage corporel | – Observation attentive du solo d’autrui – Capacité à formuler des retours constructifs – Intégration de suggestions pour clarifier ou renforcer le propos chorégraphique | Situation 1 : «Je te présente mon langage» |
| 8. Entrer en relation dansée avec l’autre | – Construction d’un vrai dialogue corporel (écoute, alternance, complémentarité) – Variation consciente des placements dans l’espace (face à face, côte à côte, dissociés) – Respect du thème (ex. : suspension) | Situation 2 : Créer un dialogue dansé |
| 9. Composer collectivement en respectant un cadre contraint | – Exécution rigoureuse des entrées et sorties définies – Respect des espaces tirés au sort – Coordination fluide dans le duo ou le groupe – Signal clair donné au partenaire avant l’entrée commune | Situation 3 : Partition collective (solo + duo dans espace partagé) |
| 10. Gérer la lisibilité du mouvement dans l’espace scénique | – Trajectoires nettes, ancrées et lisibles – Occupation cohérente de l’espace – Bonne articulation entre geste et déplacement | Présent dans les trois situations, particulièrement la situation 3 (partitions et parcours) |
Séance 3 : Inventer un langage commun
Inspiration
Tableau 3 de la chorégraphie «Babel Heureuse de Montalvo & Hervieu
Analyser et repérer avec le groupe classe l’écriture chorégraphique c’est à dire les relations entre le différents constituants de la pièce
(Choix de l’engagement des corps dans l’espace, des directions, des niveaux, des plans, des parcours)
Pièce structurée en tableaux avec une majorité de traversées qui représente la diversité de langages et l’apprentissage d’un langage commun symbolisé par l’envol et la pulsion vers le haut
Forme de groupement
Solos : signifiants pulsion commune, langages différents
Duos : sur le mode questions/réponses signifiant « je t’apprends mon langage et tu refais»
Trios, quatuor, quintet : en chorus / unisson signifiant «nous faisons ensemble, nous trouvons un langage commun»
Structuration chorégraphique
Tableaux avec récurrence de la thématique de l’envol
Tableau 1 : traversée de solos
Tableau 2 : le perchoir « Et maintenant tous ensemble »
Tableau 3 : rattrapés duos, trios, unisson, chorus et tous sauf 1 / + 1
Processus de composition ayant pu contribuer à l’élaboration de l’œuvre (en amont)
Face au développement d’une danse élitaire qui s’adresse à un public de spécialiste ces dernières années, une forme de réaction est déjà en place. Utilisant des danseurs de haut niveau rompus à tous les styles, poussant au paroxysme les amalgames en tout genre, et l’apport de métissages divers, ce courant qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ce qui a présidé à la naissance de la word music refait de la danse un divertissement destiné aux couches populaires. Les représentants de ce courant s’appellent Montalvo ou Blanca Li et dans un style un peu plus critique Castafiore…. Ce savant mélange de danse africaine, flamenco, Hip Hop classique et contemporain soutenu par des danseurs exceptionnels sur lesquels se plaquent
un flot d’images incongrues et chargé d’épater le spectateur se veut humaniste. L’ensemble est sensé déployer un monde rigolo et merveilleux. C’est paraît il un plaidoyer pour les différentes cultures et la multiplicité des origines. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas discerner sous ce bombardement d’images chargées de divertir, une manœuvre fort démagogique- peut être même à l’insu du chorégraphe- qui suggère que tout vaut tout et que tout est égal… Cette fallacieuse interprétation des droits de l’homme n’est rien moins que ce qui préside à des émissions comme loft story : tout le monde peut être star et tout est culture»
Agnés Izrine dans « La danse dans tout ses états »
Echauffement
Échauffement en 8 x 8 temps : corps en mouvement et contrastes
Déroulement de la séquence : L’échauffement se structure en huit phrases de 8 temps, alternant la marche et la mobilisation progressive du corps :
Marche – 8 temps
Mobilisation du haut du corps – 8 temps
Marche – 8 temps
Mobilisation du bas du corps – 8 temps
Marche – 8 temps
Mobilisation du corps entier – 8 temps
Marche – 8 temps
Passage au sol – 8 temps
Variante – Travail visuel et contrastes
Diviser la classe en deux groupes pour expérimenter les procédés de composition du quatrième tableau :
Le premier groupe débute par la marche, selon la séquence initiale.
Le second groupe commence par la mobilisation du haut du corps.
Objectif :
Créer des effets de contraste visuel entre mouvement dansé et marche, et développer une conscience du placement scénique, du rythme collectif et des oppositions chorégraphiques.
Situation 1
Réunir deux duos (ou un trio et un duo), soit un groupe de 4 à 6 danseurs maximum.
À partir des phrases individuelles de chacun, construire une phrase chorégraphique commune, intégrant au moins un mouvement proposé par chaque danseur.
Cette phrase collective doit être retenue et mémorisée par l’ensemble du groupe.
Situation 2
À partir de la phrase commune élaborée précédemment, le groupe choisit et applique un procédé de composition parmi les suivants :
– Canon
– Cascade
– Répétition
L’objectif est de structurer la phrase collective en jouant sur le temps d’entrée des danseurs et la mise en valeur du motif chorégraphique.
Situation 3
Par duo : tirer au sort une entrée et une sortie.
Par groupe de 4 à 6 danseurs : tirer au sort un espace de danse commun à occuper.
Réaliser une fois la phrase chorégraphique en respectant les zones de danse partagées ainsi que les entrées et sorties définies par le tirage au sort.

Partition collective
- Phrase d’échauffement sur 8*8 temps
- Réaliser la phrase de groupe, 1 fois en respectant les espaces de danse communs et les espaces d’entrée et de sortie.
Grille de compétences
| Compétences | Indicateurs d’observation | Situations associées |
|---|---|---|
| 11. Enchaîner des états de corps variés dans une structure temporelle | – Capacité à mobiliser différentes parties du corps selon les temps impartis – Fluidité dans les transitions (marche, mobilisation, sol) – Maîtrise du tempo sur 8 x 8 temps | Échauffement structuré (8 x 8 temps) |
| 12. Participer à une composition collective structurée | – Intégration d’au moins un mouvement de chaque membre dans la phrase de groupe – Mémoire et coordination dans l’exécution commune – Respect des consignes liées aux procédés de composition (canon, cascade, répétition) | Création de phrase collective (groupes de 4 à 6) Application d’un procédé de composition |
| 13. Respecter une partition spatiale définie collectivement | – Exécution précise de la phrase dans l’espace désigné – Respect des entrées et sorties tirées au sort – Cohérence du trajet dans l’espace scénique | Partition de groupe avec zones d’entrée/sortie et espace commun |
Séance 4 : Créer et répéter la partition chorégraphique commune
Echauffement
Reprenez les trois échauffements travaillés lors des séances précédentes en les proposant sous forme de routines corporelles régulières.
Pour chaque échauffement, définissez les critères de réussite précis permettant aux élèves d’évaluer leur engagement et leur progression :
– Respect du tempo et de la structure (temps, phases, transitions)
– Qualité et intention du mouvement (fluidité, précision, relâchement ou tonicité selon la consigne)
– Présence et concentration corporelle tout au long de la séquence
Situation 1
Révision collective des matériaux chorégraphiques
Travaillez d’abord en binôme, puis en groupe de quatre à six :
– Reprenez le solo, puis le duo en question/réponse,
– Puis révisez la phrase collective construite à partir des mouvements de chacun.
Enfin, revoir et ajuster ensemble les trajets dans l’espace scénique, en tenant compte des entrées, sorties et espaces de danse communs.
Situation 2
classe, sélectionner collectivement les tableaux chorégraphiques expérimentés au cours des séances précédentes (les routines d’échauffement peuvent être intégrées comme un tableau à part entière).
Ensemble, redéfinir les règles du jeu scénique (entrées, sorties, enchaînements, nombre de danseurs en scène, espaces utilisés…) puis les mettre à l’épreuve par l’expérimentation, en vue d’une structuration finale cohérente.
Situation 3
– Répéter la partition de groupe dans son intégralité.
– Filmer l’ensemble, puis procéder à une analyse collective en s’appuyant sur les critères de l’évaluation formative.
– Vérifier que les différents groupes occupent l’espace scénique de manière harmonieuse, sans se gêner dans leurs trajets ni leurs zones de danse.
– En cas de conflits d’espace, rechercher ensemble des solutions pour fluidifier la circulation et les enchaînements.
– Évoquer la question du costume de scène (par exemple : t-shirt de couleur unie et jean), afin d’unifier visuellement l’ensemble sans effacer les singularités.
Partition collective
- Tableau 1 - Mon langage
- Tableau 2 - Dialoguer avec l’autre
- Tableau 3 - Notre langage commun
Grille de compétences
| Compétences | Indicateurs d’observation |
|---|---|
| 14. Comprendre et mobiliser les critères d’évaluation formative | – Capacité à identifier les critères de réussite (engagement corporel, clarté des trajets, coordination…) – Utilisation du vocabulaire technique approprié lors de l’analyse – Reformulation pertinente lors des retours entre pairs |
| 15. Adopter un regard de spectateur actif et constructif | – Observation attentive et concentrée pendant les temps de présentation – Formulation de remarques constructives et bienveillantes – Capacité à décrire ce qui est lisible ou non dans la proposition dansée |
| 16. Participer à la réflexion scénique en tant qu’interprète et spectateur | – Contribution à des choix collectifs (enchaînements, occupation de l’espace, gestion des groupes) – Proposition d’améliorations concrètes en réponse aux problématiques d’espace ou de lisibilité – Prise en compte des éléments visuels (costume, clarté, cohérence esthétique) |
Séance 5 : La performance collective
Echauffement
Echauffement
Proposez les échauffements des trois séances précédentes, comme des routines, en précisant les critères de réussite correspondant.
Situation 1
Révision des matériaux chorégraphiques et des parcours
Travaillez en binôme, puis élargissez le groupe à quatre ou six danseurs.
Reprenez successivement :
– Le solo individuel
– Le duo en question/réponse
– La phrase collective commune
Enfin, revoyez l’ensemble des trajets dans l’espace scénique, en vérifiant la fluidité des déplacements, le respect des zones définies et la cohérence des enchaînements.
Situation 2
Répétition et ajustement de la partition collective
Répétez trois fois la partition collective en portant une attention particulière aux points de difficulté identifiés afin de les corriger.
Il est possible de filmer les passages, puis de solliciter le regard du groupe-classe pour proposer des pistes de remédiation collectives et affiner la lisibilité de l’ensemble.
Situation 3
Performance collective et regard réflexif
Filmez la performance collective, puis visionnez la vidéo à trois reprises afin de permettre une coévaluation ou une auto-évaluation guidée.
Cet exercice vise à aider chaque danseur à s’approprier les critères d’évaluation et à affiner son regard de spectateur, en développant sa capacité d’analyse et de recul critique sur la proposition chorégraphique.
Proposition de critères d’évaluation pour un cycle 3 (Niveau 6eme)
| Compétences | Degré 1 | Degré 2 | Degré 3 | Degré 4 |
|---|---|---|---|---|
| Respect des Espaces de Danse d’Entrée et de Sortie | Ne respecte pas les espaces de manière cohérente. | Respecte parfois les espaces, mais manque de cohérence. | Respecte les espaces de façon cohérente et régulière. | Respecte et utilise les espaces de manière créative et stratégique |
| Écoute dans le Groupe (Concentration et Coordination) | Ne parvient pas à se concentrer ni à coordonner ses mouvements avec le groupe. | Montre des signes de concentration et de coordination, mais manque de constance. | Écoute activement, se concentre et coordonne bien ses mouvements avec le groupe. | Écoute attentive et proactive, influence positivement la dynamique et la coordination du groupe avec une présence corporelle harmonieuse. |
| Qualité du Solo, Duo et Groupe | Les performances manquent de cohésion et de qualité. | Certaines performances montrent de la qualité, mais de manière inconstante. | Performances de qualité, avec une bonne cohésion entre les membres. | Performances exceptionnelles avec une forte présence scénique et une excellente cohésion. |
| Originalité du Geste | Les gestes sont peu originaux et répétitifs. | Montre des signes d’originalité, mais reste limité. | Gestes originaux et variés, apportant une dimension personnelle. | Gestes très originaux et créatifs, enrichissent la performance globale. |
| Maîtrise des Émotions et Sensibilités | Difficulté à exprimer des émotions et sensibilités | Parvient parfois à exprimer des émotions, mais de manière inconstante. | Exprime clairement ses émotions et sensibilités à travers la danse. | Exprime des émotions de manière profonde et touchante, impactant le public. |
Exprimer son point de vue
Retour Poétique en tant que danseur : Comment te sens-tu lorsque tu danses ? Quelles émotions traversent ton esprit et ton corps ?
Retour Poétique en tant que spectateur : Quelles sensations et émotions ressens tu en regardant une performance ? Comment ces mouvements te touchent ils ?
NB
La liste des compétences proposées n’est pas figée : elle peut et doit être enrichie en concertation avec les élèves, en fonction des tableaux chorégraphiques choisis et des axes de travail privilégiés selon les spécificités du groupe-classe.
Par exemple :
– Si l’accent a été mis sur la position neutre, il est pertinent d’évaluer la justesse du regard, la position des pieds parallèles, les bras relâchés le long du corps, ainsi que l’absence de gestes parasites.
– Si vous avez travaillé les procédés de composition liés au corps, vous pouvez évaluer la qualité des transformations du solo dans les trois passages du premier tableau, ainsi que le respect de la thématique de l’envol.
– Pour les duos, l’évaluation peut porter sur la clarté du jeu question/réponse et sur la dynamique de la relation entre les partenaires.
Séance 6 & 7 : S’approprier la démarche de création de Montalvo & Hervieu dans la pièce Babelle Heureuse
Inspiration
Tableaux 1,2 et 3 de la chorégraphie «Babelle Heureuse de Montalvo & Hervieu
Film TOUR DE BABELLE / Etienne Aussel - documentaire / Cie MONTALVO-HERVIEU
Au cœur de la tournée internationale de la fable chorégraphique «Babelle Heureuse», le film présente le travail du tandem de chorégraphes et de leur groupe de danseurs virtuoses de toutes origines, en restituant au plus proche le processus créatif, pendant les répétitions, en coulisses et sur scène, mais aussi en dehors du travail et pendant les temps de repos. C’est la première fois qu’une caméra est acceptée par tous les danseurs, José Montalvo et Dominique Hervieu, dans le cadre d’un documentaire.
Echauffement
Proposez les échauffements des trois séances précédentes, comme des routines, en précisant les critères de réussite correspondant.
Situation 1
Rassembler deux groupes de 4 élèves pour former un groupe élargi de 8 à 10 participants maximum.
Chaque élève présente successivement son solo, sa phrase en dialogue (question/réponse) et la phrase commune.
Ensemble, sélectionner les éléments les plus pertinents à conserver, en tenant compte des qualités spécifiques de chaque interprète et de la cohérence d’ensemble.
Situation 2
Création d’une nouvelle partition collective
À partir des éléments retenus collectivement, construire ensemble une nouvelle partition chorégraphique commune, en veillant à leur agencement cohérent et à la valorisation des contributions de chacun.
Situation 3
– Répéter la partition de groupe pour en assurer la fluidité et la cohérence.
– Filmer la séquence afin de disposer d’un support d’analyse.
– Observer, analyser et ajuster collectivement la partition en fonction des points à améliorer identifiés lors du visionnage.

Séance 8: Evaluation sommative
Echauffement
Echauffement
Proposez les échauffements des trois séances précédentes, comme des routines, en précisant les critères de réussite correspondant.
Situation 1
- Organiser un temps de répétition suffisant
- Rediscuter des compétences et critères d’évaluation
Situation 2
Performance de groupe
Organiser une co-évaluation au sein de la classe
Situation 3
Lecture des retours poétiques
Discussion sur la séquence et l’œuvre étudiée.
Proposition de projet d’évaluation pour un cycle 3 (Niveau 6eme)
Les Spécificités du Cycle de Consolidation
Domaine 1 : Les Langages pour Penser et Communiquer
- Comprendre et s’exprimer en utilisant les langages des arts et du corps. « Sensibilisé à la démarche artistique, l’élève apprend à s’exprimer et communiquer par les arts, de manière individuelle et collective, en concevant des productions… »
- Justifier ses intentions et ses choix en s’appuyant sur des notions d’analyse d’œuvres.
Domaine 2 : Les Méthodes et Outils pour Apprendre
- Coopérer et réaliser des projets. Intégrer les outils numériques (nomades).
Domaine 3 : La Formation de la Personne et du Citoyen
- Exprimer sa sensibilité. Développer son jugement, son goût, sa sensibilité, ses émotions.
Domaine 4 : Les Systèmes Naturels et Techniques
- Concevoir, créer, réaliser. Développer ses capacités d’imagination, former à la sensibilité. « L’élève mobilise son imagination et sa créativité au service d’un projet personnel ou collectif. »
Domaine 5 : Les Représentations du Monde et l’Activité Humaine
- Découvrir le sens et l’intérêt des grandes œuvres du patrimoine, notamment dans le domaine de la danse.
v
Contributions Essentielles des Enseignements
Domaine 1, 3, 5 : Expression et Sensibilité
- « S’exprimer en utilisant des codes non verbaux, gestuels et corporels originaux. » Les élèves « communiquent aux autres des sentiments ou des émotions par la réalisation […] de représentations à visée expressive, artistique… »
- Développement de la sensibilité par la pratique artistique, la fréquentation des œuvres, et l’expression de ses émotions et de ses goûts.
- Découverte du sens et de l’intérêt de quelques grandes œuvres du patrimoine national, notamment dans le domaine de la danse.
Les Activités Physiques Artistiques (APA) dans l’Éducation Physique et Sportive
Compétences Générales
- « Développer sa motricité et apprendre à s’exprimer en utilisant son corps. »
- « S’approprier une culture physique sportive et artistique. »
Champs d’Apprentissage
- « S’exprimer devant les autres par une prestation artistique et/ou acrobatique. »
| Domaine 1 : Les Langages pour Penser et Communiquer | Degré 1 | Degré 2 | Degré 3 | Degré 4 |
|---|---|---|---|---|
| Comprendre et s’exprimer en utilisant les langages des arts et du corps. | Ne parvient pas à utiliser efficacement les langages artistiques. | Utilise parfois les langages artistiques, mais manque de cohérence. | Utilise les langages artistiques de manière cohérente et régulière. | Utilise les langages artistiques de manière créative et expressive. |
| Justifier ses intentions et ses choix en s’appuyant sur des notions d’analyse d’œuvres. | Ne justifie pas ses choix de manière claire. | Justifie parfois ses choix, mais manque de profondeur. | Justifie clairement ses choix avec des analyses pertinentes. | ustifie ses choix avec des analyses approfondies et originales. |
| Domaine 2 : Les Méthodes et Outils pour Apprendre | ||||
| Coopérer et réaliser des projets en intégrant les outils numérique | Ne coopère pas efficacement ni n’utilise les outils numériques. | Coopère parfois et utilise les outils numériques de manière limitée. | Coopère bien et intègre efficacement les outils numériques. | Coopère de manière proactive et utilise les outils numériques de manière innovante. |
| Domaine 3 : La Formation de la Personne et du Citoyen | ||||
| Exprimer sa sensibilité et développer son jugement, son goût, sa sensibilité, ses émotions. | N’exprime pas clairement sa sensibilité ou ses émotions. | Exprime parfois ses émotions, mais manque de constance. | Exprime clairement sa sensibilité et ses émotions. | Exprime ses émotions de manière profonde et touchante. |
| Domaine 4 : Les Systèmes Naturels et Techniques | ||||
| Concevoir, créer, réaliser en mobilisant imagination et créativité. | Ne parvient pas à concevoir ou créer de manière originale. | Montre des signes de créativité, mais reste limité. | Conçoit et crée de manière originale et imaginative. | Conçoit et crée de manière originale et imaginative. |
| Domaine 5 : Les Représentations du Monde et l’Activité Humaine | ||||
| Découvrir le sens et l’intérêt des grandes œuvres du patrimoine, notamment dans la danse. | Ne démontre pas d’intérêt ou de compréhension des grandes œuvres. | Montre un intérêt limité pour les grandes œuvres. | Comprend et apprécie les grandes œuvres du patrimoine. | Apprécie et analyse les grandes œuvres avec une perspective enrichie. |
Fiche chorégraphes
« La danse est un langage universel qui transcende les frontières et les cultures. »
José Montalvo

Biographie
José Montalvo, né en 1953 ou 1954 à Valence, Espagne, est un chorégraphe français de danse contemporaine. Il s’installe en France avec sa famille républicaine espagnole et se forme à la danse auprès de maîtres comme Jerome Andrews, Françoise et Dominique Dupuy, ainsi que Lucinda Childs, Carolyn Carlson, Alwin Nikolais et Merce Cunningham. En 1981, il rencontre Dominique Hervieu, avec qui il fonde la compagnie Montalvo-Hervieu en 1988. Ils dirigent ensemble le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne dès 1998 et le Théâtre national de Chaillot de 2008 à 2015. Depuis 2016, Montalvo dirige la Maison des arts et de la culture de Créteil
Maître, école, filiation
Montalvo a été influencé par des pionniers de la danse contemporaine tels que Jerome Andrews, Lucinda Childs, et Merce Cunningham. Ces influences se manifestent dans son approche innovante et éclectique de la chorégraphie
Collaborations
Il a collaboré étroitement avec Dominique Hervieu, ainsi qu’avec le vidéaste Michel Coste. Ensemble, ils ont créé des œuvres marquantes comme «Double Trouble» et «La Mitrailleuse en état de grâce»
Principes de travail
José Montalvo est connu pour ses créations qui mélangent divers styles de danse, allant du hip-hop au classique, et pour l’intégration de technologies visuelles dans ses pièces. Il privilégie une approche collaborative et inclusive, impliquant souvent le public dans ses performances o est connu pour ses créations qui mélangent divers styles de danse, allant du hip-hop au classique, et pour l’intégration de technologies visuelles dans ses pièces. Il privilégie une approche collaborative et inclusive, impliquant souvent le public dans ses performances
Commentaires, critiques & Héritage
L’héritage de José Montalvo dans la danse contemporaine est marqué par son approche inclusive et éclectique. Il a ouvert la voie à une nouvelle génération de chorégraphes qui osent mélanger les styles et les disciplines. Son travail au Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne, ainsi qu’au Théâtre national de Chaillot, a contribué à démocratiser la danse contemporaine en France. Montalvo a également été un pionnier dans l’utilisation des technologies visuelles dans la danse, influençant de nombreux artistes à intégrer des éléments multimédias dans leurs œuvres.
Les travaux de José Montalvo ont souvent été salués pour leur originalité et leur capacité à fusionner des genres divers. Les critiques louent son audace artistique et sa capacité à créer des spectacles vibrants et accessibles. Sa pièce «Paradis» a été particulièrement bien reçue pour son mélange de danse contemporaine, de hip-hop et de vidéo, créant une expérience immersive pour le public. Le journal Le Monde a décrit son œuvre comme «un tourbillon de couleurs et de mouvements qui célèbre la diversité culturelle

Sources d’inspiration
Montalvo puise son inspiration dans une variété de sources, incluant les danses urbaines, les musiques du monde, et les arts visuels. Son travail reflète une curiosité pour les différentes cultures et une volonté de les intégrer harmonieusement dans ses création
«Pour moi, la danse est un moyen de raconter des histoires, de toucher les gens et de les faire réfléchir sur le monde qui les entoure.»
Dominique Hervieu

Biographie
Dominique Hervieu est une chorégraphe et danseuse française, née en 1963 à Coutances. Après une formation en danse classique et contemporaine, elle rejoint la compagnie de Philippe Decouflé en 1981, où elle se fait remarquer par son talent et sa créativité. En 2000, elle co-fonde la compagnie Montalvo-Hervieu avec José Montalvo. Depuis 2011, elle est directrice de la Maison de la Danse de Lyon et de la Biennale de la Danse de Lyon.



Maître, école, filiation
Hervieu a été formée par des figures majeures de la danse contemporaine, notamment Philippe Decouflé, avec qui elle a développé un goût pour la théâtralité et l’innovation visuelle. Son travail s’inscrit dans la continuité de chorégraphes comme Pina Bausch et Merce Cunningham, tout en intégrant des éléments du cirque et des arts visuels.
Commentaires, critiques & Héritage
Dominique Hervieu est reconnue pour sa capacité à renouveler la danse contemporaine en y intégrant des éléments de différentes disciplines artistiques. Ses œuvres sont saluées pour leur inventivité, leur accessibilité et leur engagement social. Elle a laissé un héritage important dans le monde de la danse contemporaine, inspirant de nombreux chorégraphes à explorer de nouvelles formes de création et à aborder des sujets de société dans leurs œuvres. Son travail à la tête de la Maison de la Danse et de la Biennale de la Danse de Lyon a également contribué à promouvoir la danse contemporaine auprès d’un public plus large.
Collaborations
Hervieu a collaboré avec de nombreux artistes, notamment José Montalvo, avec qui elle a co-dirigé le Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne. Elle a également travaillé avec des artistes visuels, des musiciens, et des circassiens, créant des œuvres pluridisciplinaires innovantes.
Principes de travail
Les œuvres de Dominique Hervieu se caractérisent par une fusion des disciplines artistiques et une exploration constante de nouvelles formes de narration. Elle privilégie la collaboration et l’inclusion, cherchant à créer des spectacles qui parlent à un large public. Son approche est marquée par la poésie, l’humour, et une grande sensibilité aux enjeux sociaux.

Sources d’inspiration
Ses sources d’inspiration sont variées, allant des arts visuels à la culture populaire, en passant par les traditions folkloriques et les nouvelles technologies. Elle s’inspire également des questions sociétales et des dynamiques humaines, intégrant souvent des éléments autobiographiques dans ses créations.
