Analyse d’œuvre
RainForest de Merce Cunningham
La sculpture flottante comme partenaire : quand l’installation plastique transforme l’espace de la danse
L’œuvre en bref
Chorégraphie Merce Cunningham
Création 1968
Musique David Tudor
Arts plastiques les Silver Clouds d’Andy Warhol, coussins en Mylar gonflés à l’hélium
Espace un environnement partagé, instable et réfléchissant
RainForest est une œuvre de Merce Cunningham, créée en 1968, avec une musique de David Tudor et un environnement plastique composé des Silver Clouds d’Andy Warhol. La Merce Cunningham Trust indique que Warhol a accepté que Cunningham utilise son installation, composée de coussins en Mylar gonflés à l’hélium, flottant librement dans l’air.
Cette œuvre permet de comprendre comment une installation plastique peut devenir partie prenante de la composition chorégraphique. Les Silver Clouds ne sont pas un décor fixe : elles transforment l’espace, la perception et la relation entre corps et objet.
Analyse
I. Analyse du dispositif / scénographie
Dans RainForest, les Silver Clouds flottent librement dans l’air. Elles ne représentent pas une forêt réaliste. Elles créent un espace instable, mobile, léger, réfléchissant et imprévisible.
La scénographie n’est donc pas un cadre fixe. Elle devient un environnement partagé. Les objets plastiques se déplacent, réagissent à l’air, à la présence des danseurs, aux circulations et aux changements d’espace.
L’argument à retenir est que l’installation plastique modifie le plateau. La scène devient un lieu de cohabitation entre corps vivant et sculpture flottante.
II. Analyse du corps / mouvement
Les danseurs de RainForest évoluent dans un espace traversé par les Silver Clouds. Ces objets ne dictent pas entièrement le mouvement, mais leur présence modifie la perception des trajectoires, des distances, des hauteurs et de l’espace autour des corps.
Le corps n’est pas seul à occuper la scène. Il partage l’espace avec des formes mobiles, réfléchissantes, presque autonomes. Cette co-présence oblige à repenser le rapport entre danseur et environnement.
L’argument essentiel est que la sculpture n’est plus un objet à regarder séparément. Elle devient partenaire spatial de la danse.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, RainForest produit une perception déhiérarchisée. Il peut regarder les danseurs, les ballons, les reflets, les déplacements des objets ou les relations entre les deux. La danse et l’installation coexistent sans qu’un élément domine totalement l’autre.
Symboliquement, l’œuvre remet en question la séparation entre art vivant et art plastique. Les Silver Clouds donnent au plateau une dimension flottante, instable et presque atmosphérique. Elles font de la scène un environnement plutôt qu’un décor.
RainForest montre donc que la danse peut composer avec une installation plastique vivante par ses déplacements, ses reflets et son imprévisibilité.
À retenir
Dans RainForest, Merce Cunningham et Andy Warhol intègrent l’installation plastique à la composition chorégraphique. Les Silver Clouds ne décorent pas la scène : elles transforment l’espace, modifient la perception des corps et instaurent une co-présence entre danse et sculpture flottante. L’œuvre montre que les arts plastiques peuvent devenir partenaires de l’espace chorégraphique.
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Sources. Texte d’analyse : Sophie Martinez, Le Labo d’Art (cours « Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ? »). Références citées dans le texte : Merce Cunningham Trust. Vidéo : RainForest · Merce Cunningham et Andy Warhol · 1968.







