Enseignement - Classe Terminale
Danse et arts plastiques
Sujet : Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
Sommaire
Séquence d’apprentissage
« Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ? »
ACTIVITÉ 1 — Comprendre le sujet
Analyse de trois images pour distinguer trois relations entre danse et arts plastiques :
Document 1 : Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot
Document 2 : Henriette & Matisse — Michel Kelemenis
Document 3 : It’s a Draw — Trisha Brown
ACTIVITÉ 2 — Construire la partie I : les arts plastiques construisent l’univers scénique
Dossier : Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot
Dossier : Le Lac des cygnes — Marius Petipa / Lev Ivanov
Dossier : Parade — Léonide Massine / Pablo Picasso
Dossier : Ballet triadique — Oskar Schlemmer
ACTIVITÉ 3 — Construire la partie II : les arts plastiques comme source d’inspiration réciproque
Dossier : Henriette & Matisse — Michel Kelemenis
Dossier : Lamentation — Martha Graham
Dossier : Museum Events — Merce Cunningham
ACTIVITÉ 4 — Construire la partie III : les arts plastiques intégrés à la composition chorégraphique
Dossier : Crucible — Alwin Nikolais
Dossier : RainForest — Merce Cunningham / Andy Warhol
Dossier : It’s a Draw — Trisha Brown
Marina Abramović affirme :
« Il était très important pour moi de savoir comment les choses apparaissaient dans un espace et comment elles fonctionnaient avec l’architecture — non seulement extérieure, mais aussi avec l’architecture du corps. »
Dossier - Analyse du sujet
Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
Les thèmes du sujet :
Le sujet invite à comprendre comment les arts plastiques transforment progressivement la danse.
Dans le ballet romantique ou classique, les arts plastiques construisent souvent un univers visuel. Dans Giselle, créé en 1841 à Paris par Jean Coralli et Jules Perrot, le décor romantique permet de passer du village au monde surnaturel des Wilis. Dans Le Lac des cygnes, la version de référence de Marius Petipa et Lev Ivanov de 1895 s’appuie sur un imaginaire visuel très puissant : palais, lac, nuit, cygnes, tutus blancs, ballet blanc.
Mais au XXe siècle, les arts plastiques ne se contentent plus d’encadrer la danse. Avec Parade, créé en 1917 au Théâtre du Châtelet, Picasso, Satie, Cocteau et Léonide Massine participent à une rupture esthétique majeure au sein des Ballets russes. Avec le Ballet triadique d’Oskar Schlemmer, présenté comme œuvre complète après 1922, le corps devient volume, forme, couleur, architecture mobile. Le MoMA rappelle que Schlemmer conçoit dix-huit costumes pour trois danseurs et douze chorégraphies.
Enfin, dans certaines œuvres contemporaines, les arts plastiques deviennent une matière de composition. Dans Crucible d’Alwin Nikolais, créé en 1985, les miroirs, les couleurs et les projections transforment les corps en illusions mouvantes. Dans RainForest de Merce Cunningham, créé en 1968, les Silver Clouds d’Andy Warhol flottent dans l’espace et modifient la perception des corps. Dans It’s a Draw de Trisha Brown, créé en 2002, le geste dansé produit directement une trace graphique.
Définition des mots clefs du sujet :
Danse
La danse est un art du corps en mouvement. Elle organise des gestes, des appuis, des déplacements, des rythmes, des présences, des relations entre interprètes et une relation à l’espace.
Dans ce sujet, la danse doit être pensée dans son rapport aux formes visuelles. Le corps dansant peut évoluer dans un décor, être contraint par un costume, s’inspirer d’une peinture, devenir sculpture vivante ou produire lui-même une trace plastique.
Arts plastiques
Les arts plastiques désignent les arts qui travaillent la forme, la matière, la couleur, la ligne, le volume, l’espace ou l’image. Ils regroupent notamment la peinture, la sculpture, le dessin, l’installation, l’architecture, le costume, le décor et certaines formes de scénographie.
Dans le cadre de la danse, les arts plastiques peuvent créer un cadre visuel, produire une atmosphère, transformer le corps, organiser l’espace ou devenir co-auteurs de la composition chorégraphique.
Dialoguer
Dialoguer signifie entrer en relation. Mais ce dialogue peut prendre plusieurs formes.
Il peut être hiérarchisé, lorsque les arts plastiques servent la danse. Il peut être réciproque, lorsque la danse s’inspire de la peinture, de la sculpture ou du musée. Il peut enfin devenir intégré, lorsque la matière plastique transforme directement le mouvement.
Cadre visuel
Le cadre visuel désigne l’ensemble des éléments plastiques qui entourent la danse : décor, toile peinte, costume, lumière, couleur, perspective, scénographie.
Dans les ballets classiques et romantiques, ce cadre permet souvent de construire une illusion : forêt, palais, lac, monde surnaturel, espace de conte ou espace romantique.
Inspiration plastique
L’inspiration plastique désigne le moment où la danse prend appui sur une œuvre visuelle, un artiste, une ligne, une couleur, une forme ou un principe plastique.
Dans Henriette & Matisse, créé en 2010 par Michel Kelemenis, l’univers de Matisse devient une source chorégraphique : ligne, couleur, modèle, atelier et processus de création. Numeridanse confirme la création de l’œuvre en 2010.
Intégration plastique
L’intégration plastique apparaît lorsque les arts plastiques ne sont plus seulement un décor ou une source d’inspiration, mais une composante active de l’écriture chorégraphique.
Dans RainForest, les sculptures flottantes d’Andy Warhol modifient l’espace. Dans It’s a Draw, le mouvement produit un dessin. Dans Crucible, miroir, lumière et projections recomposent l’image du corps.
Questionnement
Les arts plastiques servent-ils seulement à décorer la danse ?
Un décor peut-il transformer la manière de percevoir le corps ?
La peinture peut-elle inspirer une écriture chorégraphique ?
La danse peut-elle elle-même devenir peinture, sculpture ou dessin ?
Que se passe-t-il lorsque la danse sort du théâtre pour entrer dans le musée ?
À partir de quand peut-on dire que les arts plastiques ne sont plus un cadre, mais une matière de composition ?
Les arts plastiques enrichissent-ils toujours la danse ou peuvent-ils parfois prendre le dessus sur le corps ?
Problématique
Du décor illusionniste à l’installation performative, comment les arts plastiques ont-ils progressivement déplacé la danse : de cadre visuel à véritable matière de composition ?
Cette problématique permet d’organiser le cours en trois parties : d’abord le décor et l’univers scénique, ensuite le dialogue esthétique entre danse et arts plastiques, enfin l’intégration plastique dans l’écriture chorégraphique.
Plan
I — Modèle / origine / fonction initiale - Les arts plastiques construisent l’univers scénique
Dans un premier temps, les arts plastiques créent le cadre visuel de la danse. Ils permettent de construire une fiction, une atmosphère, un lieu, un imaginaire. Ils agissent surtout sur la réception du spectateur : ils l’aident à entrer dans un monde.
II — Transformation / rupture / déplacement - Les arts plastiques deviennent une source d’inspiration réciproque
Dans un second temps, on quitte le simple décor. Les arts plastiques inspirent la danse par leurs lignes, leurs couleurs, leurs volumes, leurs formes ou leurs espaces. La danse peut aussi entrer dans le musée et dialoguer avec les œuvres exposées.
III — Dépassement / hybridation / complexification - Les arts plastiques sont intégrés à la composition chorégraphique
Enfin, les arts plastiques peuvent devenir de véritables partenaires d’écriture. Ils ne sont plus extérieurs à la danse. Ils participent directement à la composition, à la perception du corps, aux trajectoires et à la production d’une œuvre visuelle.
Idée directrice : les arts plastiques deviennent matière de composition. Lumière, miroir, sculpture flottante ou dessin ne se contentent plus d’accompagner la danse : ils transforment l’écriture chorégraphique elle-même.
Synthèse de l’analyse du sujet
Le sujet « Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ? » invite à penser une évolution progressive.
Dans un premier temps, les arts plastiques construisent l’univers scénique. Ils créent des décors, des paysages, des costumes, des images et des cadres qui rendent la danse lisible. Dans un second temps, ils deviennent une source d’inspiration réciproque : peinture, ligne, couleur, sculpture et musée nourrissent l’écriture du mouvement. Enfin, ils peuvent être intégrés à la composition chorégraphique : lumière, installation, sculpture ou trace deviennent des partenaires actifs de la danse.
Idée essentielle :
La danse dialogue avec les arts plastiques lorsqu’elle passe d’un corps placé dans un décor à un corps qui devient lui-même forme, volume, image, sculpture ou trace.
Activité 1 - Comprendre le sujet
Analyser des images
Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
Les arts plastiques sont-ils seulement un décor autour du corps dansant, ou peuvent-ils devenir une source d’inspiration, puis une véritable matière de composition chorégraphique ?
Cette activité permet de faire émerger les trois grandes étapes du cours : les arts plastiques comme
cadre visuel, comme
source d’inspiration chorégraphique, puis comme
matière de composition. Cette progression correspond à la logique du cours :
extérieur → dialogue → intégration.
Consignes:
À partir des trois images et de la citation, vous devez identifier les différentes manières dont la danse dialogue avec les arts plastiques.
Il faut suivre trois étapes :
Décrire ce que l’on voit : corps, décor, couleur, ligne, costume, espace, support, trace.
Analyser la fonction des arts plastiques : encadrent-ils la danse, inspirent-ils le mouvement, ou participent-ils directement à la composition ?
Interpréter ce que chaque document permet de comprendre du sujet : le corps dansant est-il placé dans une image, inspiré par une image, ou producteur d’image ?
Axes d’observation
1. Le corps
Le corps est-il lisible comme personnage, comme modèle, comme présence performative ou comme outil de trace ?
Le corps est-il idéalisé, stylisé, contraint, fragmenté, abstrait ou producteur d’image ?
2. L’espace
L’espace est-il un décor illusionniste, un atelier de peintre, un musée, une scène, un support graphique ou une surface plastique ?
Les arts plastiques construisent-ils seulement le cadre, ou modifient-ils la manière dont le corps agit ?
3. La couleur, la ligne et la forme
Les couleurs créent-elles une atmosphère ?
Les lignes organisent-elles une composition ?
Les formes transforment-elles la perception du corps ?
Le geste produit-il une trace visible ?
4. Le rapport au spectateur
Le spectateur est-il guidé par un univers visuel lisible ?
Observe-t-il une danse inspirée d’un peintre ?
Assiste-t-il à la fabrication d’une œuvre plastique par le mouvement ?
5. Le type de dialogue artistique
Le document montre-t-il les arts plastiques comme cadre visuel ?
Comme source d’inspiration chorégraphique ?
Comme matière de composition chorégraphique ?
Questions de travail
1. Décrire les documents
Que voit-on dans une image de Giselle ?
Quels éléments relèvent des arts plastiques : décor, costume, lumière, couleur, composition scénique ?
Que voit-on dans une image de Henriette & Matisse ?
Comment l’image peut-elle faire apparaître l’univers du peintre : modèle, pose, ligne, couleur, atelier, pinceaux ?
Que voit-on dans It’s a Draw ?
Comment le corps produit-il une trace graphique ?
2. Identifier la fonction des arts plastiques
Dans Giselle, les arts plastiques servent-ils surtout à créer un univers scénique ?
Dans Henriette & Matisse, les arts plastiques sont-ils seulement un décor ou une source d’inspiration chorégraphique ?
Dans It’s a Draw, le dessin est-il extérieur au mouvement ou produit par le mouvement ?
3. Comparer les trois relations
Quelle image montre les arts plastiques comme décor ou atmosphère ?
Quelle image montre les arts plastiques comme source d’inspiration pour la danse ?
Quelle image montre le geste dansé comme acte plastique ?
Comment passe-t-on d’un corps placé dans un décor à un corps inspiré par la peinture, puis à un corps qui fabrique une image ?
4. Relier à la citation de Marina Abramović
En quoi la citation de Marina Abramović permet-elle de penser le corps comme œuvre vivante ?
Pourquoi la présence du corps peut-elle devenir un enjeu des arts plastiques ?
Quel lien peut-on faire entre le corps présent chez Abramović, le corps-modèle chez Kelemenis et le corps-traceur chez Trisha Brown ?
5. Problématiser
Les arts plastiques sont-ils seulement un cadre pour la danse ?
Une peinture ou un peintre peuvent-ils transformer notre manière de penser le mouvement ?
La danse peut-elle devenir elle-même dessin, sculpture ou installation ?
À partir de quand peut-on dire que les arts plastiques composent avec la danse ?

Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
Cette image permet d’observer le rôle du décor romantique, du costume, de la lumière et de l’esthétique du ballet blanc. Dans Giselle, les arts plastiques construisent un monde visuel : le village de l’acte I, puis l’univers nocturne et surnaturel des Wilis à l’acte II. L’Opéra de Paris présente Giselle comme un ballet en deux actes créé en 1841, chorégraphié par Jean Coralli et Jules Perrot.
Ici, les arts plastiques servent d’abord à créer une atmosphère et à rendre le récit lisible. Le décor, les costumes et la lumière installent le spectateur dans une fiction romantique.

Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
Cette image permet de comprendre comment une œuvre chorégraphique peut s’inspirer d’un peintre, de son modèle, de ses lignes et de ses couleurs. Henriette & Matisse est une création de Michel Kelemenis datant de 2010. Numeridanse confirme la chorégraphie de Michel Kelemenis et l’année de création 2010.
Dans cette œuvre, la danse ne se contente pas d’être placée dans un décor plastique. Elle cherche à traduire un univers pictural. Numeridanse présente la pièce comme une fable où Henriette, modèle de Matisse, pose et danse, tandis que deux pinceaux se disputent autour des lignes et des couleurs.
Cette image permet donc d’interroger ce que la danse peut emprunter aux arts plastiques : la ligne, la couleur, la pose, le modèle, la composition, l’atelier et le passage de l’inspiration à la création.

It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
Cette image permet d’observer une relation plus intégrée entre danse et arts plastiques. Dans It’s a Draw, le mouvement produit directement une trace graphique. La Trisha Brown Dance Company confirme que It’s a Draw est une chorégraphie de Trisha Brown, créée en 2002, d’une durée d’environ vingt minutes par dessin.
Ici, la danse ne se contente plus d’être représentée par les arts plastiques. Elle devient elle-même un acte plastique : le geste chorégraphique fabrique le dessin. Le corps n’est plus seulement dans l’image ; il produit l’image.
Citation d’appui à relier aux images
Marina Abramović — The Artist is Present — MoMA — 2009
Marina Abramović affirme à propos de sa performance :
« La performance porte vraiment sur la présence. Il faut être ici et maintenant, à cent pour cent. »
Le MoMA indique que The Artist is Present a été performé pendant plus de 700 heures dans le cadre de son exposition et rapporte cette citation de l’artiste.
Cette citation permet de comprendre que le corps peut devenir lui-même œuvre vivante dans un espace d’exposition. Elle ouvre un lien entre danse, performance, musée, présence corporelle et arts plastiques.
| Giselle | Henriette & Matisse | It’s a Draw | |
|---|---|---|---|
| Chorégraphe / artistes / date | |||
| Arts plastiques présents | |||
| Ce que l’on voit immédiatement | |||
| Fonction des arts plastiques | |||
| Corps donné à voir | |||
| Rapport à l’espace | |||
| Rôle du spectateur | |||
| Type de dialogue danse / arts plastiques | |||
| Idée clé à retenir |
Une question, une réponse :
Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart ouvre une série consacrée aux liens entre danse, peinture, dessin, costume, décor, trace, performance et présence corporelle.
À travers les œuvres suivantes :
• Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
• Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
• It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
• The Artist is Present — Marina Abramović — 2009
Cet épisode montre que les arts plastiques peuvent encadrer la danse, l’inspirer ou devenir une matière directe de composition chorégraphique.
👉 Objectif :
Comprendre comment le corps dansant peut être placé dans une image, traversé par une image ou producteur d’image.
🔗 Ressources : www.lelabodart.com
Activité 2 - Construire mon corpus de connaissances de la partie 1
I — Les arts plastiques construisent l’univers scénique
Objectif de l’activité
Construire l’argumentation de la partie I :
I — Les arts plastiques construisent l’univers scénique
Dans cette partie, il s’agit de montrer que les arts plastiques créent d’abord le cadre visuel de la danse. Décors peints, costumes, lumières, perspectives, couleurs et formes scéniques construisent un univers lisible pour le spectateur.
Les arts plastiques agissent ici surtout sur la réception : ils permettent au public d’entrer dans une fiction, une atmosphère, un monde romantique, féérique, moderne ou abstrait. Cette progression correspond à la logique du document de travail : les arts plastiques passent du cadre visuel vers l’intégration plastique.
1. À rendre — individuel, fin de séquence
À partir de l’analyse des œuvres étudiées, vous réaliserez une fiche de révision sur :
« Les arts plastiques comme construction de l’univers scénique »
Votre fiche devra répondre aux questions suivantes :
Comment le décor construit-il une fiction ou une atmosphère ?
Comment le costume participe-t-il à l’illusion scénique ?
Comment la peinture scénique peut-elle rendre le récit plus lisible ?
Comment la modernité picturale transforme-t-elle la scène ?
À partir de quand le corps n’est-il plus seulement placé dans un décor, mais devient-il lui-même une forme plastique ?
Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
L’Opéra de Paris présente Giselle comme un ballet créé le 28 juin 1841 à l’Académie royale de Musique, et souligne l’importance des tutus vaporeux, de la gaze blanche, du tulle et de la tarlatane dans l’illusion romantique.
Le Lac des cygnes — Marius Petipa / Lev Ivanov — version de référence, 1895
La recréation Petipa / Ivanov du Lac des cygnes est créée le 27 janvier 1895 au Théâtre Mariinsky. Elle devient la version de référence du ballet, notamment par l’organisation des actes blancs et l’image collective des cygnes.
Parade — Léonide Massine / Pablo Picasso — 1917
Parade est créé le 18 mai 1917 au Théâtre du Châtelet. Le spectacle réunit Picasso, Satie, Cocteau et Massine sous l’impulsion de Diaghilev et des Ballets russes.
Ballet triadique — Oskar Schlemmer — 1922
Le Ballet triadique d’Oskar Schlemmer est conçu autour de trois danseurs, dix-huit costumes et douze chorégraphies. Le MoMA rappelle que l’œuvre est présentée comme œuvre complète après 1922.
2. Travail collectif en classe — World Café
Chaque table analyse une œuvre à partir :
d’un extrait vidéo ;
d’une image ou d’un document iconographique ;
du dossier documentaire fourni ;
des axes d’analyse proposés.
Objectif : produire une fiche synthèse commune permettant de construire l’argumentation de la partie I.
Table 1
Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
Axe d’analyse
Le décor romantique : créer une fiction surnaturelle lisible pour le spectateur.
Questions de travail
Comment le décor oppose-t-il le monde villageois de l’acte I et le monde nocturne des Wilis à l’acte II ?
Comment les costumes blancs participent-ils à l’illusion de l’immatérialité ?
Pourquoi le ballet blanc peut-il être considéré comme une construction plastique du surnaturel ?
Comment la lumière et l’espace scénique guident-ils l’émotion du spectateur ?
Les arts plastiques servent-ils ici le mouvement, le récit ou l’atmosphère ?
En quoi Giselle montre-t-il que les arts plastiques construisent un univers scénique ?
Idée à retenir
Dans Giselle, les arts plastiques construisent l’univers romantique du ballet. Le décor, la lumière et les costumes blancs permettent au spectateur de passer du monde réel au monde surnaturel. Les arts plastiques servent donc la fiction et l’émotion.
Table 2
Le Lac des cygnes — Marius Petipa / Lev Ivanov — 1895
Axe d’analyse
L’image féérique du ballet blanc : faire du décor et du corps de ballet une composition plastique.
Questions de travail
Comment le décor du lac crée-t-il un monde enchanté ?
Comment les costumes blancs rendent-ils immédiatement lisible l’identité des cygnes ?
Pourquoi le corps de ballet fonctionne-t-il comme une image plastique collective ?
Comment les lignes, les symétries et les ensembles construisent-ils une vision féérique ?
Le décor et les costumes servent-ils seulement le récit ou aussi la beauté visuelle du ballet ?
En quoi Le Lac des cygnes montre-t-il que les arts plastiques peuvent organiser le regard du spectateur ?
Idée à retenir
Dans Le Lac des cygnes, les arts plastiques construisent une illusion féérique. Le décor du lac, les tutus blancs et l’organisation du corps de ballet produisent une image collective des cygnes. La danse devient un tableau vivant.
Table 3
Parade — Léonide Massine / Pablo Picasso — 1917
Axe d’analyse
La modernité picturale sur scène : quand le décor ne crée plus l’illusion, mais la rupture visuelle.
Questions de travail
Comment Picasso transforme-t-il le décor et les costumes ?
Pourquoi peut-on parler d’une esthétique cubiste sur scène ?
Les costumes sont-ils faciles à porter et à danser ?
Comment la présence de formes plastiques massives modifie-t-elle le mouvement ?
En quoi Parade rompt-il avec le décor illusionniste classique ?
Pourquoi cette œuvre marque-t-elle une étape importante dans le dialogue entre danse et arts plastiques ?
Idée à retenir
Dans Parade, les arts plastiques ne servent plus seulement à créer une fiction réaliste. Avec Picasso, la scène devient un espace de rupture visuelle. Le décor et les costumes cubistes transforment la perception du corps et introduisent la modernité picturale dans la danse.
Table 4
Ballet triadique — Oskar Schlemmer — 1922
Axe d’analyse
La géométrisation du corps : quand la scène devient composition plastique.
Questions de travail
Comment les costumes transforment-ils le corps en volume géométrique ?
Pourquoi le corps n’apparaît-il plus comme un corps naturel ?
Comment la scène devient-elle un espace de formes, de couleurs, de volumes et de trajectoires ?
Les costumes décorent-ils le danseur ou contraignent-ils réellement son mouvement ?
En quoi l’œuvre annonce-t-elle une intégration plus forte des arts plastiques dans la composition chorégraphique ?
Idée à retenir
Dans le Ballet triadique, Oskar Schlemmer transforme le corps en figure géométrique. Le costume ne sert pas seulement à habiller : il modifie la silhouette, le mouvement et l’espace. La danse devient une composition plastique en mouvement.
Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
Le décor romantique : créer une fiction surnaturelle lisible pour le spectateur
Giselle est un ballet romantique créé le 28 juin 1841 à l’Académie royale de Musique. L’œuvre est chorégraphiée par Jean Coralli et Jules Perrot, sur une musique d’Adolphe Adam. L’Opéra de Paris présente Giselle comme un sommet du ballet romantique, marqué par les tutus vaporeux, la gaze blanche, le tulle et la tarlatane qui envahissent la scène.
Cette œuvre permet de comprendre comment les arts plastiques construisent un univers scénique. Décor, costume et lumière ne sont pas accessoires : ils permettent au spectateur de passer du monde réel au monde surnaturel.
I. Analyse du dispositif / scénographie : le décor organise le passage du réel au surnaturel
Dans Giselle, la scénographie oppose deux mondes. Le premier acte installe un espace villageois, humain et social. Le second acte bascule dans un univers nocturne, forestier et fantastique, celui des Wilis.
Le décor construit donc la dramaturgie. Il ne se contente pas d’habiller la scène : il aide le spectateur à comprendre le changement de monde. L’espace plastique rend visible le passage de la vie à la mort, du village à la forêt, du réel au surnaturel.
L’argument à retenir est que les arts plastiques donnent au ballet sa lisibilité. Le décor romantique permet au spectateur d’entrer dans une fiction clairement organisée.
II. Analyse du corps / mouvement : le costume blanc transforme le corps en apparition
Dans l’acte II, les costumes blancs des Wilis transforment la perception du corps. Les tutus longs, la légèreté des matières et la blancheur construisent une image de corps immatériels. Les danseuses semblent moins appartenir au monde terrestre qu’à un monde spectral.
Le mouvement prend alors une valeur plastique. Les pointes, les arabesques et les déplacements collectifs renforcent l’impression d’irréalité. Le corps dansant devient une apparition.
L’argument essentiel est que le costume ne sert pas seulement à identifier un personnage. Il transforme le corps en image romantique : fragile, éthérée, nocturne et surnaturelle.
III. Analyse perceptive / symbolique : les arts plastiques guident l’émotion du spectateur
Pour le spectateur, les arts plastiques orientent directement l’émotion. Le décor nocturne, la lumière, la blancheur et l’organisation du groupe créent une atmosphère de mystère, de peur et de compassion.
Les Wilis ne sont pas seulement racontées par le livret : elles sont rendues visibles par la construction plastique de la scène. Le spectateur perçoit immédiatement qu’il se trouve dans un monde autre.
Symboliquement,
Giselle montre que les arts plastiques peuvent donner corps à l’invisible : l’au-delà, le fantastique, la mort, le pardon. Ils construisent une fiction sensible.
Dans
Giselle, les arts plastiques créent l’univers romantique du ballet. Le décor organise le passage du réel au surnaturel, le costume transforme le corps en apparition, et la lumière guide l’émotion du spectateur. L’œuvre montre que les arts plastiques peuvent construire un cadre visuel indispensable à la compréhension de la danse.
Le Lac des cygnes — Marius Petipa / Lev Ivanov — version de référence, 1895
L’image féérique du ballet blanc : faire du décor et du corps de ballet une composition plastique
Le Lac des cygnes est un ballet sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski. La version devenue référence est la recréation de Marius Petipa et Lev Ivanov, créée le 27 janvier 1895 au Théâtre Mariinsky. La Petipa Society confirme cette première de la recréation Petipa / Ivanov en 1895.
Cette œuvre permet de comprendre comment les arts plastiques organisent l’image scénique du ballet classique. Le décor du lac, les costumes blancs et les ensembles du corps de ballet fabriquent une vision féérique.
I. Analyse du dispositif / scénographie : le décor crée un monde enchanté
Dans Le Lac des cygnes, le décor du lac joue un rôle essentiel. Il installe un espace nocturne, mystérieux et enchanté. Ce lieu n’est pas seulement un arrière-plan : il donne au ballet son atmosphère.
Le spectateur comprend immédiatement qu’il quitte le monde humain pour entrer dans un espace magique. Le lac devient un lieu de transformation, de malédiction, de rencontre et de rêve.
L’argument à retenir est que le décor construit un monde perceptible. Il rend visible l’enchantement et prépare le regard à recevoir les cygnes comme figures surnaturelles.
II. Analyse du corps / mouvement : le corps de ballet devient image plastique collective
Les costumes blancs des cygnes et l’organisation du corps de ballet produisent une image collective très forte. Les danseuses ne sont pas seulement des individus : elles forment un ensemble visuel.
Lignes, symétries, déplacements groupés, bras évoquant les ailes, mouvements coordonnés : tout contribue à créer une composition plastique. Le corps de ballet fonctionne comme un tableau vivant.
L’argument essentiel est que les arts plastiques ne concernent pas seulement le décor. Ils organisent aussi la perception du groupe dansant : le corps devient forme, motif et image collective.
III. Analyse perceptive / symbolique : la féérie naît de la convergence entre décor, costume et mouvement
Pour le spectateur, Le Lac des cygnes produit un émerveillement visuel. Le décor, la musique, les tutus blancs et les ensembles du corps de ballet convergent pour fabriquer l’illusion du monde des cygnes.
Symboliquement, le blanc, la nuit et le lac construisent une opposition entre pureté, malédiction, rêve et destin. Les arts plastiques aident le spectateur à lire cette opposition sans passer seulement par le récit.
La danse devient donc une image féérique organisée. L’univers plastique soutient la narration, mais il produit aussi une beauté visuelle autonome.
Dans
Le Lac des cygnes, les arts plastiques construisent une illusion féérique. Le décor du lac crée un monde enchanté, les costumes blancs identifient les cygnes, et le corps de ballet organise une image collective. L’œuvre montre que les arts plastiques peuvent structurer le regard du spectateur et transformer la danse en tableau vivant.
Parade — Léonide Massine / Pablo Picasso — 1917
La modernité picturale sur scène : quand le décor ne crée plus l’illusion, mais la rupture visuelle
Parade est un ballet créé le 18 mai 1917 au Théâtre du Châtelet, par les Ballets russes de Serge de Diaghilev. L’œuvre réunit Léonide Massine pour la chorégraphie, Pablo Picasso pour les décors, costumes et rideau de scène, Erik Satie pour la musique et Jean Cocteau pour l’argument. Le Théâtre du Châtelet rappelle que ce spectacle assemble plusieurs formes d’art et marque une collaboration majeure entre Picasso, Satie, Cocteau et Massine.
Cette œuvre permet de comprendre un tournant : les arts plastiques ne servent plus seulement à créer une illusion. Ils introduisent sur scène une modernité visuelle qui transforme la perception du corps et du spectacle.
I. Analyse du dispositif / scénographie : Picasso fait entrer la modernité picturale dans la scène
Dans Parade, Picasso conçoit un univers visuel marqué par le cubisme. Le décor, les costumes et le rideau de scène ne cherchent pas à produire une illusion réaliste. Ils affirment une esthétique moderne, fragmentée, construite, proche du tableau vivant.
La scène devient un espace plastique. Les formes géométriques, les volumes et les costumes massifs déplacent le regard du spectateur. On ne regarde plus seulement un récit dansé : on regarde une composition visuelle.
L’argument à retenir est que
Parade rompt avec le décor illusionniste. Les arts plastiques imposent une esthétique de rupture.
II. Analyse du corps / mouvement : les costumes transforment la silhouette et contraignent le geste
Les costumes de Parade, notamment ceux des managers, transforment radicalement le corps des danseurs. Ils agrandissent, rigidifient et géométrisent la silhouette. Le corps humain devient une figure plastique, presque mécanique.
Cette transformation a des conséquences sur le mouvement. Le danseur ne peut pas bouger comme dans un costume traditionnel. La forme plastique contraint le geste, modifie l’allure, impose une présence étrange et non naturaliste.
L’argument essentiel est que les arts plastiques ne se contentent plus d’entourer le corps : ils agissent sur lui. Ils changent sa forme, sa mobilité et sa lisibilité.
III. Analyse perceptive / symbolique : le spectateur est confronté à une rupture esthétique
Pour le spectateur, Parade produit un choc visuel. L’œuvre ne cherche pas la féérie romantique ni l’harmonie classique. Elle met en scène une modernité urbaine, populaire, fragmentée, mêlant cirque, publicité, musique, danse et arts plastiques.
Symboliquement, cette œuvre annonce une nouvelle relation entre danse et arts plastiques. La peinture moderne entre sur scène et transforme l’espace chorégraphique. Le décor n’est plus seulement un monde à croire, mais une forme à regarder.
Parade marque donc une étape essentielle : les arts plastiques deviennent une force de rupture dans l’histoire du spectacle chorégraphique.
Dans
Parade, Léonide Massine et Pablo Picasso font entrer la modernité picturale dans la danse. Le décor et les costumes cubistes ne construisent pas une illusion classique : ils transforment la scène en tableau moderne et modifient la silhouette des danseurs. L’œuvre montre que les arts plastiques peuvent déplacer la danse en provoquant une rupture visuelle.
Ballet triadique — Oskar Schlemmer — 1922
La géométrisation du corps : quand la scène devient composition plastique
Le Ballet triadique est une œuvre d’Oskar Schlemmer, associée au Bauhaus et présentée comme œuvre complète après 1922. Le MoMA précise que Schlemmer conçoit cette œuvre pour trois danseurs, avec dix-huit costumes et douze chorégraphies, organisées dans un univers de formes, de couleurs et de géométries.
Cette œuvre permet de comprendre une transition importante. Les arts plastiques ne construisent plus seulement un décor autour du corps : ils transforment le corps lui-même en volume, figure et forme mobile.
I. Analyse du dispositif / scénographie : la scène devient espace géométrique
Dans le Ballet triadique, la scène n’est pas pensée comme un lieu réaliste. Elle devient un espace abstrait, organisé par des formes, des couleurs, des volumes et des relations géométriques.
L’espace scénique ressemble davantage à une composition plastique qu’à un décor narratif. Il ne raconte pas une histoire ; il organise des rapports entre corps, formes et couleurs.
L’argument à retenir est que Schlemmer pense la scène comme un tableau architectural en mouvement. Les arts plastiques structurent l’espace de la danse.
II. Analyse du corps / mouvement : le costume transforme le danseur en volume mobile
Les costumes du Ballet triadique modifient radicalement la silhouette. Ils donnent au corps des formes sphériques, cylindriques, coniques ou anguleuses. Le danseur n’apparaît plus comme un corps naturel, mais comme une figure géométrique.
Cette transformation influence le mouvement. Les costumes limitent certaines mobilités, accentuent certaines directions, imposent une gestuelle plus mécanique, plus stylisée, plus abstraite.
L’argument essentiel est que le costume devient un outil de composition. Il ne décore pas le danseur : il transforme la nature même du corps dansant.
III. Analyse perceptive / symbolique : une danse pensée comme art plastique total
Pour le spectateur, le Ballet triadique produit une perception très différente de celle du ballet classique. Il ne s’agit plus d’entrer dans une fiction ou de suivre un récit, mais d’observer des formes mobiles dans l’espace.
Symboliquement, l’œuvre rattache la danse aux recherches plastiques et architecturales du Bauhaus. Le corps devient matériau, la scène devient composition, le mouvement devient déplacement de volumes.
Le
Ballet triadique annonce ainsi une intégration plus forte des arts plastiques dans l’écriture chorégraphique, que la partie III approfondira.
Dans le
Ballet triadique, Oskar Schlemmer géométrise le corps et transforme la scène en composition plastique. Les costumes modifient la silhouette, contraignent le mouvement et font du danseur une forme mobile. L’œuvre constitue une transition essentielle : les arts plastiques ne sont plus seulement un cadre visuel, ils commencent à transformer la danse de l’intérieur.
Une question, une réponse :
Comment les arts plastiques construisent-ils l’univers scénique de la danse ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore la première relation entre danse et arts plastiques : le cadre visuel. Décor, costume, lumière, couleur, perspective et formes scéniques permettent au spectateur d’entrer dans un monde.
À travers les œuvres suivantes :
• Giselle — Jean Coralli / Jules Perrot — 1841
• Le Lac des cygnes — Marius Petipa / Lev Ivanov — 1895
• Parade — Léonide Massine / Pablo Picasso — 1917
• Ballet triadique — Oskar Schlemmer — 1922
Cet épisode montre que les arts plastiques construisent la réception de la danse : ils créent une fiction, organisent une image collective, provoquent une rupture visuelle ou transforment déjà la silhouette du danseur.
👉 Objectif :
Comprendre que décor, costume, lumière et formes plastiques organisent le regard du spectateur.
| Giselle | Le Lac des cygnes | Parade | Ballet triadique | |
|---|---|---|---|---|
| Chorégraphe / compositeur / date | ||||
| Arts plastiques mobilisés | ||||
| Fonction du décor | ||||
| Fonction du costume | ||||
| Effet sur le corps | ||||
| Effet sur l’espace scénique | ||||
| Effet sur le spectateur | ||||
| Type de relation danse / arts plastiques | ||||
| Argument central pour la partie I |
Activité 3 - Construire le corpus de connaissance de la partie 2
II — Les arts plastiques comme source d’inspiration réciproque
Objectif de l’activité
Construire l’argumentation de la partie II :
II — Les arts plastiques comme source d’inspiration réciproque
Dans cette partie, il s’agit de montrer que les arts plastiques ne sont plus seulement un décor autour de la danse. Ils deviennent une source d’inspiration pour penser le corps, la ligne, la couleur, la matière, le volume, la sculpture ou encore l’espace muséal.
La danse peut traduire un univers pictural, transformer le corps en sculpture vivante ou entrer dans les lieux de l’art visuel. Le dialogue devient alors réciproque : les arts plastiques inspirent la danse, et la danse transforme à son tour notre manière de percevoir les arts plastiques.
1. À rendre — individuel, fin de séquence
À partir de l’analyse des œuvres étudiées, vous réaliserez une fiche de révision sur :
« Les arts plastiques comme source d’inspiration réciproque : ligne, couleur, sculpture et musée »
Votre fiche devra répondre aux questions suivantes :
Comment une chorégraphie peut-elle traduire un univers pictural ?
Comment la ligne, la couleur, le modèle ou l’atelier peuvent-ils devenir des matières chorégraphiques ?
Comment le costume ou la matière peuvent-ils transformer le corps en sculpture vivante ?
Comment l’espace muséal déplace-t-il la relation entre danse, œuvre plastique et spectateur ?
Quelle différence peut-on faire entre un décor qui encadre la danse et une inspiration plastique qui transforme le geste ?
Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
Numeridanse confirme que Henriette & Matisse est une chorégraphie de Michel Kelemenis, créée en 2010, autour de la muse-danseuse Henriette, des lignes et des couleurs de Matisse.
Lamentation — Martha Graham — 1930
La Martha Graham Dance Company indique que Lamentation est créée le 8 janvier 1930 à New York. La danseuse y est enfermée dans un tube de jersey violet ; les tensions du corps dans la matière créent une sculpture mouvante de la douleur.
Museum Event No. 1 / Events — Merce Cunningham — 1964
La Merce Cunningham Trust indique que le premier Museum Event est présenté le 24 juin 1964 au Museum des 20. Jahrhunderts à Vienne. Les Events sont arrangés pour un lieu et une performance spécifiques.
2. Travail collectif en classe — World Café
Chaque table analyse une œuvre à partir :
d’un extrait vidéo ;
d’une image ou d’un document iconographique ;
du dossier documentaire fourni ;
des axes d’analyse proposés.
Objectif : produire une fiche synthèse commune permettant de construire l’argumentation de la partie III
Table 1
Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
Axe d’analyse
Traduire un univers pictural : faire danser la ligne, la couleur et le modèle.
Questions de travail
Comment l’œuvre s’inspire-t-elle de l’univers de Matisse ?
Comment la figure du modèle devient-elle matière chorégraphique ?
Comment les notions de pose, de ligne, de couleur et d’atelier peuvent-elles se traduire par le mouvement ?
La chorégraphie illustre-t-elle simplement Matisse ou transforme-t-elle son univers ?
Comment la danse permet-elle de faire sentir le passage de l’inspiration à la création ?
Pourquoi peut-on parler de dialogue entre peinture et danse ?
Idée à retenir
Dans
Henriette & Matisse, Michel Kelemenis ne se contente pas de représenter la peinture de Matisse. Il transforme l’univers pictural en matière chorégraphique : la ligne devient geste, la couleur devient dynamique, le modèle devient corps dansant.
Table 2
Lamentation — Martha Graham — 1930
Axe d’analyse
Le corps sculptural : quand la matière transforme le mouvement en volume.
Questions de travail
Comment le tube de jersey violet transforme-t-il l’image du corps ?
Pourquoi le costume est-il ici plus qu’un simple vêtement ?
Comment la danseuse crée-t-elle des lignes, des diagonales, des tensions et des volumes ?
Pourquoi peut-on parler de sculpture vivante ?
Comment la contrainte plastique rend-elle visible la douleur ?
En quoi cette œuvre montre-t-elle que les arts plastiques peuvent influencer directement le geste ?
Idée à retenir
Dans
Lamentation, Martha Graham transforme le corps en sculpture vivante. Le tissu contraint le mouvement, crée des tensions et rend visible une douleur abstraite. La matière plastique devient source d’écriture corporelle.
Table 3
Museum Events — Merce Cunningham — à partir de 1964
Axe d’analyse
La danse au musée : déplacer le cadre scénique vers l’espace de l’art visuel.
Questions de travail
Pourquoi faire entrer la danse dans le musée transforme-t-il sa réception ?
Comment le spectateur regarde-t-il différemment une danse dans un espace muséal ?
La danse dialogue-t-elle avec les œuvres exposées, l’architecture ou le parcours du visiteur ?
Pourquoi les Events ne fonctionnent-ils pas comme un spectacle frontal classique ?
Comment le musée modifie-t-il le rapport entre corps, espace et regard ?
En quoi cette référence montre-t-elle une influence réciproque entre danse et arts visuels ?
Idée à retenir
Avec les
Museum Events, Merce Cunningham déplace la danse vers l’espace muséal. La danse n’est plus seulement sur une scène : elle dialogue avec l’architecture, les œuvres, la circulation du public et les codes de l’exposition.
Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
Traduire un univers pictural : faire danser la ligne, la couleur et le modèle
Henriette & Matisse est une œuvre de Michel Kelemenis, créée en 2010. Numeridanse présente cette pièce comme une fable à quatre personnages autour de Matisse et de sa muse-danseuse Henriette, où les lignes et les couleurs deviennent des enjeux de création.
Cette œuvre permet de comprendre comment la danse peut s’inspirer directement des arts plastiques. Le peintre, le modèle, l’atelier, la ligne, la couleur et le geste de création deviennent des matières chorégraphiques.
I. Le modèle pictural devient corps dansant
Dans Henriette & Matisse, la figure d’Henriette est centrale. Elle renvoie au modèle du peintre, mais elle n’est pas seulement un corps immobile qui pose. Elle devient un corps qui danse, résiste, propose, transforme et anime l’espace.
Cette transformation est importante. La danse donne une vie nouvelle au modèle pictural. Le corps qui, dans la peinture, peut être fixé dans une image, retrouve ici sa mobilité, son énergie et son autonomie.
L’argument à retenir est que la danse ne reproduit pas simplement un tableau de Matisse. Elle transforme le rapport entre peintre, modèle et image en relation chorégraphique.
II. La ligne et la couleur deviennent des matières de mouvement
L’univers de Matisse est associé à la ligne, à la couleur, à la simplification des formes et à l’intensité visuelle. Dans Henriette & Matisse, ces éléments plastiques deviennent des principes de mouvement.
La ligne peut se traduire par une trajectoire, une direction, un allongement, une découpe du corps dans l’espace. La couleur peut devenir dynamique, contraste, atmosphère, énergie. Le geste du peintre peut devenir geste chorégraphique.
L’argument essentiel est que la danse traduit des notions plastiques sans les illustrer littéralement. Elle transforme la peinture en action.
III. Une œuvre sur le passage de l’inspiration à la création
Henriette & Matisse ne se limite pas à un hommage à Matisse. L’œuvre interroge le processus de création : comment une forme naît-elle ? Comment un modèle inspire-t-il une œuvre ? Comment une ligne devient-elle mouvement ? Comment une couleur peut-elle modifier la perception du corps ?
Le spectateur assiste à un dialogue entre arts plastiques et danse. Il peut reconnaître des éléments liés à Matisse, mais il voit surtout comment la chorégraphie s’en empare pour produire autre chose.
Cette œuvre montre donc que l’inspiration plastique n’est pas une copie. Elle devient transposition : un univers visuel est déplacé vers le corps et l’espace.
Dans
Henriette & Matisse, Michel Kelemenis transforme l’univers de Matisse en matière chorégraphique. Le modèle devient corps dansant, la ligne devient trajectoire, la couleur devient énergie et l’atelier devient espace de création. L’œuvre montre que la danse peut dialoguer avec les arts plastiques en traduisant leurs principes plutôt qu’en les reproduisant.
Lamentation — Martha Graham — 1930
Le corps sculptural : quand la matière transforme le mouvement en volume
Lamentation est un solo de Martha Graham, créé le 8 janvier 1930 à New York, sur une musique de Zoltán Kodály. La Martha Graham Dance Company décrit l’œuvre comme une danse presque entièrement exécutée assise, avec une interprète enfermée dans un tube de jersey violet. Les diagonales et tensions formées par le corps dans la matière créent une sculpture mouvante de la douleur.
Cette œuvre permet de comprendre comment les arts plastiques peuvent influencer directement le geste. Le costume n’est pas décoratif : il devient matière, contrainte, volume et sculpture.
I. Le costume devient matière plastique
Dans Lamentation, le tissu ne sert pas à embellir le corps. Il l’enveloppe, le contraint, le cache partiellement et le transforme. Le tube de jersey agit comme une matière plastique que le corps doit étirer, tendre, déformer.
Le corps n’apparaît plus comme une silhouette libre. Il devient une masse tendue, un volume en tension. Chaque geste modifie la forme du tissu et donne au spectateur une image sculpturale.
L’argument à retenir est que le costume devient ici un véritable partenaire plastique. Il ne se contente pas de vêtir le danseur : il transforme la forme du mouvement.
II. La contrainte plastique produit l’écriture du geste
Le mouvement de Lamentation naît en grande partie de la contrainte. La danseuse ne peut pas bouger comme si elle portait un costume ordinaire. Elle doit lutter avec la matière, pousser, tirer, étirer, créer des diagonales et des tensions.
Cette contrainte donne au geste une force expressive. La douleur n’est pas mimée de manière réaliste. Elle apparaît dans la matière : tension du tissu, déformation du volume, empêchement du corps, lutte intérieure rendue visible.
L’argument essentiel est que la plasticité de la matière produit le sens. Le geste devient sculptural parce qu’il est contraint par le tissu.
III. Une sculpture vivante de la douleur
Pour le spectateur, Lamentation propose une image très forte : un corps presque abstrait, assis, enfermé, qui se déforme dans la matière. La danse devient une sculpture vivante.
Cette sculpture n’est pas immobile. Elle bouge, respire, lutte, se contracte et se déploie. La douleur devient visible non par un récit, mais par la forme. Le corps et la matière produisent ensemble une image de l’affliction.
Cette œuvre montre que la danse peut dialoguer avec la sculpture et les arts plastiques en transformant le corps en volume expressif.
Dans
Lamentation, Martha Graham fait du costume une matière plastique active. Le tube de jersey contraint le corps, crée des tensions, des diagonales et des volumes. La danse devient sculpture vivante : le mouvement rend visible une douleur abstraite grâce à la relation entre corps et matière.
Museum Event No. 1 / Events — Merce Cunningham — à partir de 1964
La danse au musée : déplacer le cadre scénique vers l’espace de l’art visuel
Les Events de Merce Cunningham commencent avec Museum Event No. 1, présenté le 24 juin 1964 au Museum des 20. Jahrhunderts à Vienne. La Merce Cunningham Trust définit un Event comme un assemblage de danses complètes, d’extraits de répertoire et parfois de nouvelles séquences, arrangés pour un lieu et une performance spécifiques.
Cette référence permet de comprendre comment la danse dialogue avec les arts plastiques lorsqu’elle quitte le théâtre pour entrer dans l’espace du musée.
I. Sortir du théâtre pour entrer dans l’espace muséal
Avec les Museum Events, la danse n’est plus nécessairement présentée dans un cadre frontal traditionnel. Elle entre dans un lieu associé aux arts visuels : le musée.
Ce déplacement transforme la réception. Le spectateur n’est plus seulement assis face à une scène. Il peut se trouver dans un espace d’exposition, circuler, choisir son point de vue, voir la danse en relation avec l’architecture et les œuvres présentes.
L’argument à retenir est que l’espace plastique du musée modifie la danse. Le corps n’est plus seulement dans un décor : il partage un lieu avec les arts visuels.
II. Un dialogue avec l’architecture, les œuvres et le regard du visiteur
Dans un musée, la danse dialogue avec des éléments différents de ceux du théâtre : murs, salles, parcours, œuvres exposées, angles de vue, proximité du public, circulation.
Le corps dansant devient une présence vivante au milieu d’objets ou d’espaces destinés habituellement au regard. Cette situation transforme la perception des deux côtés : on regarde autrement la danse, mais aussi autrement le lieu.
L’argument essentiel est que le musée devient partenaire de réception. Il influence le regard, le temps, la distance et l’organisation de l’attention.
III. Une influence réciproque entre danse et arts visuels
Les Events ne sont pas seulement des spectacles déplacés dans un musée. Ils sont arrangés pour un lieu spécifique. Cela signifie que l’espace d’accueil modifie la composition, la durée, la sélection des fragments et la manière dont l’œuvre est reçue.
La danse adopte certains codes de l’exposition : circulation, coexistence, choix du regard, absence de point de vue unique. Mais elle transforme aussi le musée, car elle y introduit du temps, du corps vivant, de l’éphémère et du mouvement.
Cette référence montre donc une relation réciproque entre danse et arts plastiques : la danse entre dans le musée, et le musée change la danse.
Avec les
Museum Events, Merce Cunningham déplace la danse vers l’espace muséal. Le corps dialogue avec l’architecture, les œuvres, la circulation du public et les codes de l’exposition. Cette référence montre que les arts plastiques ne sont pas seulement un décor ou une inspiration : ils peuvent modifier le cadre même de réception de la danse.
Une question, une réponse :
Comment la danse pense-t-elle avec les arts plastiques ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore une relation plus réciproque entre danse et arts plastiques. La peinture, la ligne, la couleur, la matière, le volume et le musée deviennent des sources d’inspiration chorégraphique.
À travers les œuvres suivantes :
• Henriette & Matisse — Michel Kelemenis — 2010
• Lamentation — Martha Graham — 1930
• Museum Event No. 1 / Events — Merce Cunningham — 1964
Cet épisode montre que la danse ne se contente plus d’être encadrée par les arts plastiques. Elle pense avec eux : la peinture devient mouvement, le tissu devient sculpture vivante, le musée devient espace chorégraphique.
👉 Objectif :
Comprendre comment les arts plastiques inspirent la danse et transforment le geste, le corps et la réception.
| Henriette & Matisse | Lamentation | Museum Events | |
|---|---|---|---|
| Chorégraphe / artistes / date | |||
| Art plastique intégré | |||
| Type de relation danse / arts plastiques | |||
| Corps donné à voir | |||
| Rôle de la ligne / couleur / volume / espace | |||
| Effet sur le mouvement ou la réception | |||
| Rôle du spectateur | |||
| Notion clé | |||
| Argument central pour la partie II |
Activité 4 - Construire le corpus de connaissance de la partie 3
III — Les arts plastiques intégrés à la composition chorégraphique
Objectif de l’activité
Construire l’argumentation de la partie III :
III — Les arts plastiques intégrés à la composition chorégraphique
Dans cette partie, il s’agit de montrer que les arts plastiques ne sont plus seulement un cadre visuel ou une source d’inspiration. Ils deviennent une matière active de composition chorégraphique.
La lumière, le miroir, la couleur, la sculpture flottante ou le dessin participent directement à l’écriture du mouvement. Le corps ne danse plus seulement devant une image ou dans un décor : il compose avec une matière plastique, il est transformé par elle, ou il produit lui-même une œuvre visuelle.
1. À rendre — individuel, fin de séquence
À partir de l’analyse des œuvres étudiées, vous réaliserez une fiche de révision sur :
« Les arts plastiques intégrés à la composition chorégraphique : lumière, installation, sculpture et trace »
Votre fiche devra répondre aux questions suivantes :
Comment la lumière, le miroir ou la projection peuvent-ils transformer l’image du corps dansant ?
Comment une installation plastique peut-elle modifier l’espace, les trajectoires et la perception du mouvement ?
Comment le geste chorégraphique peut-il produire directement une œuvre plastique ?
Quelle différence peut-on faire entre un art plastique qui inspire la danse et un art plastique intégré à l’écriture chorégraphique ?
À partir de quand peut-on parler de co-écriture entre danse et arts plastiques ?
Crucible — Alwin Nikolais — 1985
Numeridanse confirme que Crucible est une œuvre d’Alwin Nikolais, créée en 1985. Le site précise que les membres des danseurs apparaissent et disparaissent derrière un miroir, avec des effets de couleurs, de projections et de reflets qui créent l’illusion.
RainForest — Merce Cunningham / Andy Warhol — 1968
La Merce Cunningham Trust indique que RainForest utilise l’installation Silver Clouds d’Andy Warhol, composée de coussins en Mylar gonflés à l’hélium et flottant librement dans l’air.
It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
La Trisha Brown Dance Company confirme que It’s a Draw est une œuvre chorégraphiée par Trisha Brown, créée en 2002, avec une première mondiale au Théâtre du Hangar à Montpellier le 1er juillet 2002.
2. Travail collectif en classe — World Café
Chaque table analyse une œuvre à partir :
d’un extrait vidéo ;
d’une image ou d’un document iconographique ;
du dossier documentaire fourni ;
des axes d’analyse proposés.
Objectif : produire une fiche synthèse commune permettant de construire l’argumentation de la partie III
Table 1
Crucible — Alwin Nikolais — 1985
Axe d’analyse
Le corps recomposé par l’image : quand lumière, miroir et projection fabriquent une danse-tableau.
Questions de travail
Comment le miroir transforme-t-il la perception du corps ?
Pourquoi les membres des danseurs apparaissent-ils comme des fragments plutôt que comme des corps entiers ?
Comment les lumières colorées et les projections modifient-elles l’image corporelle ?
Le corps est-il encore perçu comme un corps humain identifiable ou comme une forme plastique mouvante ?
Pourquoi peut-on dire que la lumière et le miroir participent à l’écriture chorégraphique ?
En quoi Crucible montre-t-il que les arts plastiques peuvent composer directement avec la danse ?
Idée à retenir
Dans
Crucible, Alwin Nikolais utilise miroir, lumière, couleur et projection pour recomposer le corps en images mouvantes. Le corps devient fragment, reflet, illusion et matière plastique.
Table 2
RainForest — Merce Cunningham / Andy Warhol — 1968
Axe d’analyse
La sculpture flottante comme partenaire : quand l’installation plastique transforme l’espace de la danse.
Questions de travail
Comment les Silver Clouds de Warhol transforment-ils l’espace scénique ?
Pourquoi ces objets ne sont-ils pas un décor fixe ?
Comment les ballons flottants modifient-ils les trajectoires, les distances et les perceptions ?
Les danseurs interagissent-ils directement avec les sculptures ou composent-ils dans leur présence ?
Comment cette installation déhiérarchise-t-elle les arts présents sur scène ?
En quoi RainForest montre-t-il une co-présence active entre danse et arts plastiques ?
Idée à retenir
Dans
RainForest, les
Silver Clouds d’Andy Warhol ne sont pas un décor décoratif. Elles flottent librement, transforment l’espace et créent une relation instable entre corps, sculpture et perception.
Table 3
It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
Axe d’analyse
Le geste devient trace : quand la danse produit directement une œuvre plastique.
Questions de travail
Comment le corps de Trisha Brown produit-il une trace graphique ?
Le dessin est-il un résultat secondaire ou fait-il partie de l’œuvre ?
Comment le support, le poids, le frottement et l’amplitude modifient-ils le mouvement ?
Pourquoi peut-on dire que le corps devient outil plastique ?
Comment le spectateur perçoit-il à la fois le geste et l’image en train de naître ?
En quoi It’s a Draw montre-t-il une fusion entre danse et dessin ?
Idée à retenir
Dans
It’s a Draw, Trisha Brown transforme le geste en acte graphique. La danse produit une trace, et le dessin conserve la mémoire matérielle du mouvement.
Crucible — Alwin Nikolais — 1985
Le corps recomposé par l’image : quand lumière, miroir et projection fabriquent une danse-tableau
Crucible est une œuvre d’Alwin Nikolais, créée en 1985. Numeridanse indique que l’œuvre a été donnée pour la première fois le 13 juin 1985 lors de l’American Dance Festival à Durham, et que Nikolais signe également les lumières et le son.
Cette œuvre permet de comprendre comment les arts plastiques peuvent être intégrés à la composition chorégraphique. Le miroir, les lumières, les couleurs, les projections et les reflets ne sont pas des ornements : ils transforment la perception du corps et participent directement à l’écriture de la danse.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Dans Crucible, le dispositif repose sur un miroir et sur des effets de lumière, de couleur et de projection. Numeridanse précise que les membres des danseurs apparaissent et disparaissent derrière un miroir, éclairés par différents effets, tandis que les reflets créent l’illusion.
La scénographie ne fonctionne donc pas comme un décor traditionnel. Elle ne représente pas un lieu. Elle est un dispositif optique qui fabrique des apparitions, des disparitions, des fragments et des images mouvantes.
II. Analyse du corps / mouvement
Le corps dans Crucible n’apparaît pas toujours comme une totalité. Les doigts, les mains, les avant-bras ou les jambes peuvent apparaître séparément, éclairés, déformés ou multipliés par le reflet. Le danseur devient une image fragmentée.
Le mouvement est donc pensé pour produire des effets visuels. Il ne s’agit pas seulement d’exécuter une phrase chorégraphique : il faut faire apparaître une forme, créer une illusion, jouer avec l’angle, la lumière et le miroir.
Le corps devient matière plastique. Il est moins perçu comme personne ou personnage que comme forme, couleur, fragment, texture et apparition.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, Crucible produit un trouble perceptif. On ne voit jamais entièrement le corps de manière stable. On voit des fragments, des reflets, des couleurs, des projections, des formes qui apparaissent et disparaissent.
Symboliquement, cette œuvre questionne la frontière entre corps réel et image. Le danseur est présent, mais sa présence est recomposée par le dispositif plastique. Le corps devient presque tableau mouvant ou sculpture lumineuse.
Crucible montre donc que les arts plastiques peuvent transformer profondément la perception du corps dansant. La danse n’est plus seulement mouvement dans l’espace : elle devient production d’images.
Dans
Crucible, Alwin Nikolais intègre pleinement les arts plastiques à l’écriture chorégraphique. Miroir, lumière, couleur et projection recomposent le corps en fragments et en illusions. L’œuvre montre que la danse peut devenir une image plastique mouvante, produite par la rencontre entre corps, lumière et dispositif optique.
RainForest — Merce Cunningham / Andy Warhol — 1968
La sculpture flottante comme partenaire : quand l’installation plastique transforme l’espace de la danse
RainForest est une œuvre de Merce Cunningham, créée en 1968, avec une musique de David Tudor et un environnement plastique composé des Silver Clouds d’Andy Warhol. La Merce Cunningham Trust indique que Warhol a accepté que Cunningham utilise son installation, composée de coussins en Mylar gonflés à l’hélium, flottant librement dans l’air.
Cette œuvre permet de comprendre comment une installation plastique peut devenir partie prenante de la composition chorégraphique. Les Silver Clouds ne sont pas un décor fixe : elles transforment l’espace, la perception et la relation entre corps et objet.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Dans RainForest, les Silver Clouds flottent librement dans l’air. Elles ne représentent pas une forêt réaliste. Elles créent un espace instable, mobile, léger, réfléchissant et imprévisible.
La scénographie n’est donc pas un cadre fixe. Elle devient un environnement partagé. Les objets plastiques se déplacent, réagissent à l’air, à la présence des danseurs, aux circulations et aux changements d’espace.
L’argument à retenir est que l’installation plastique modifie le plateau. La scène devient un lieu de cohabitation entre corps vivant et sculpture flottante.
II. Analyse du corps / mouvement
Les danseurs de RainForest évoluent dans un espace traversé par les Silver Clouds. Ces objets ne dictent pas entièrement le mouvement, mais leur présence modifie la perception des trajectoires, des distances, des hauteurs et de l’espace autour des corps.
Le corps n’est pas seul à occuper la scène. Il partage l’espace avec des formes mobiles, réfléchissantes, presque autonomes. Cette co-présence oblige à repenser le rapport entre danseur et environnement.
L’argument essentiel est que la sculpture n’est plus un objet à regarder séparément. Elle devient partenaire spatial de la danse.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, RainForest produit une perception déhiérarchisée. Il peut regarder les danseurs, les ballons, les reflets, les déplacements des objets ou les relations entre les deux. La danse et l’installation coexistent sans qu’un élément domine totalement l’autre.
Symboliquement, l’œuvre remet en question la séparation entre art vivant et art plastique. Les Silver Clouds donnent au plateau une dimension flottante, instable et presque atmosphérique. Elles font de la scène un environnement plutôt qu’un décor.
RainForest montre donc que la danse peut composer avec une installation plastique vivante par ses déplacements, ses reflets et son imprévisibilité.
Dans
RainForest, Merce Cunningham et Andy Warhol intègrent l’installation plastique à la composition chorégraphique. Les
Silver Clouds ne décorent pas la scène : elles transforment l’espace, modifient la perception des corps et instaurent une co-présence entre danse et sculpture flottante. L’œuvre montre que les arts plastiques peuvent devenir partenaires de l’espace chorégraphique.
It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
Le geste devient trace : quand la danse produit directement une œuvre plastique
It’s a Draw est une œuvre de Trisha Brown, créée en 2002. La Trisha Brown Dance Company précise que la chorégraphie est de Trisha Brown, que l’œuvre dure environ vingt minutes par dessin, et que la première mondiale a lieu le 1er juillet 2002 au Théâtre du Hangar à Montpellier.
Cette œuvre permet de comprendre le degré le plus intégré du dialogue entre danse et arts plastiques. Le corps ne danse pas devant un dessin : il produit le dessin. Le mouvement devient trace.
I. Analyse du dispositif / scénographie
Dans It’s a Draw, l’espace devient support graphique. Le sol ou la surface de travail n’est pas seulement un lieu de déplacement : il devient une surface où le geste laisse une marque.
Le dispositif met en relation le corps, le support, la matière graphique, la pression, le frottement et la durée. Le spectateur assiste à une œuvre en train de se fabriquer.
La scénographie est donc indissociable de l’action plastique. La scène devient atelier, surface, papier, espace de performance et lieu d’apparition du dessin.
II. Analyse du corps / mouvement
Le corps de Trisha Brown devient outil de dessin. Les appuis, les glissements, les rotations, les pressions et les déplacements produisent des traces. Le mouvement n’est pas seulement éphémère : il laisse une mémoire matérielle.
Cette action transforme la danse. Le geste doit composer avec la matière, le support, l’amplitude du corps et le poids. Le dessin n’est pas un résultat ajouté après la danse ; il naît de la danse elle-même.
L’argument essentiel est que le mouvement devient plastique. Le corps n’exprime pas seulement : il fabrique.
III. Analyse perceptive / symbolique
Pour le spectateur, It’s a Draw crée une double perception. On voit le geste vivant, mais on voit aussi l’image apparaître. La danse se déploie dans le temps, tandis que la trace reste comme mémoire du mouvement.
Symboliquement, l’œuvre brouille la frontière entre danse et dessin. La danse, art éphémère, produit une œuvre durable. Le dessin devient l’empreinte d’un mouvement disparu.
It’s a Draw montre donc une forme de co-écriture totale entre danse et arts plastiques. Le geste chorégraphique est aussi geste graphique.
Dans It’s a Draw, Trisha Brown fait du mouvement un acte plastique. Le corps produit une trace graphique, et cette trace devient mémoire du geste. L’œuvre montre que la danse peut intégrer les arts plastiques au point de devenir elle-même dessin, surface, matière et production visuelle.
Une question, une réponse :
Quand les arts plastiques deviennent-ils une matière chorégraphique ?
Dans cet épisode des Antisèches, Lelabodart explore le dernier niveau du dialogue entre danse et arts plastiques : l’intégration à la composition chorégraphique. La lumière, le miroir, la sculpture flottante ou le dessin ne sont plus extérieurs à la danse : ils participent directement à son écriture.
À travers les œuvres suivantes :
• Crucible — Alwin Nikolais — 1985
• RainForest — Merce Cunningham / Andy Warhol — 1968
• It’s a Draw — Trisha Brown — 2002
Cet épisode montre que les arts plastiques deviennent matière chorégraphique lorsqu’ils transforment le corps, l’espace ou le geste. La danse peut alors devenir image, sculpture, installation ou dessin.
👉 Objectif :
Comprendre comment les arts plastiques participent directement à l’écriture du mouvement.
| Crucible | RainForest | It’s a Draw | |
|---|---|---|---|
| Chorégraphe / artistes / date | |||
| Art plastique intégré | |||
| Fonction plastique | |||
| Effet sur le corps | |||
| Effet sur l’espace | |||
| Effet sur le mouvement | |||
| Rôle du spectateur | |||
| Notion clé | |||
| Argument central pour la partie III |
Activité 5 - Dissertation
«Répondre au sujet»
Sujet : Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
A rendre (Individuel - fin de séquence): Dissertation
| Introduction | Mon contenu |
|---|---|
| Accroche | |
| Définition mot clef 1 + Question | |
| Définition mot clef 2 + Question | |
| Définition mot clef 3 + Question | |
| Questionnement | |
| Problématique | |
| Plan |
| Partie 1 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Partie 2 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Partie 3 | Ce que je vais démontrer dans cette partie : |
|---|---|
| Argument 1 (oeuvre au programme) | |
| Argument 2 (oeuvre hors programme) | |
| Argument pratique | |
| Conclusion de partie | |
| Transition |
| Conclusion | Mon contenu |
|---|---|
| Retour sur la problématique | |
| Synthése | |
| Ouverture |
Activité 6 - Evaluation formative
Co évaluation
Sujet : Comment la danse dialogue-t-elle avec les arts plastiques ?
A partir de la grille d’évaluation des épreuves écrites du baccalauréat, corriger, noter et commenter les copies de vos camarades.















