Dossier

Rudolf Laban

Une approche du mouvement dansé

Le dossier en bref

Rudolf Laban 1879-1958, danseur, chorégraphe, pédagogue et théoricien

Choréologie la choreutique, l’eukinétique et la kinétographie

Écriture la kinétographie Laban, ou labanotation, publiée en 1928

Espace la kinésphère et les trois plans : la table, la porte, la roue

Effort le poids, l’espace, le temps et le flux

Ouvrage Choreutics (1966), traduit sous le titre Espace dynamique

Rudolf Laban (1879-1958), danseur, chorégraphe, pédagogue et théoricien, développe des outils pour observer, expérimenter et écrire le mouvement. Ses recherches articulent l’organisation du corps dans l’espace, les qualités dynamiques du geste et sa transcription. Elles constituent un langage d’analyse qui permet de décrire des mouvements issus de pratiques différentes.

Le dossier

I. Observer et écrire le mouvement

Laban rassemble ses recherches dans la choréologie, qui associe trois domaines : la choreutique, consacrée à l’espace ; l’eukinétique, consacrée aux dynamiques expressives ; et la kinétographie, consacrée à l’écriture du mouvement.

La kinétographie Laban, également appelée labanotation, est publiée en 1928. Elle permet de transcrire les mouvements à l’aide de signes disposés sur une portée verticale, lue de bas en haut. La forme du signe indique la direction, son remplissage précise le niveau et sa longueur traduit la durée. Sa position sur la portée indique la partie du corps engagée.

Cette écriture permet de conserver une chorégraphie, de l’étudier et de la transmettre. Elle décrit le mouvement indépendamment du vocabulaire propre à un style de danse. La publication de Schrifttanz en 1928 marque une étape essentielle de cette recherche.

II. Explorer l’espace : la choreutique

La choreutique étudie les possibilités d’organisation du mouvement dans l’espace. Laban définit la kinésphère comme le volume accessible autour du corps sans changement d’appui. Cet espace accompagne le danseur lorsqu’il se déplace.

Les mouvements s’organisent selon trois dimensions : la hauteur, la largeur et la profondeur. Leur combinaison permet d’explorer les directions et les trois plans : le plan horizontal, associé à la table ; le plan vertical, associé à la porte ; et le plan sagittal, associé à la roue.

Laban utilise des modèles géométriques, notamment le cube, l’octaèdre et l’icosaèdre, pour construire des gammes spatiales. Ces suites de directions permettent d’expérimenter les parcours du mouvement et les passages d’une direction à une autre. L’espace se construit ainsi dans l’action du corps.

Cette recherche est développée dans Choreutics, publié après sa mort en 1966 sous la direction de Lisa Ullmann, et traduit en français sous le titre Espace dynamique.

III. Comprendre les dynamiques : l’effort

L’analyse de l’effort décrit la manière dont le mouvement est accompli. Une même action peut changer de qualité selon l’engagement du danseur. Quatre facteurs permettent d’observer ces variations :

Le poids traduit un engagement léger ou ferme dans l’action. Il concerne la force mobilisée, plutôt que la masse du corps.

L’espace concerne une attention directe, concentrée sur une cible, ou indirecte, ouverte à plusieurs directions.

Le temps traduit une attitude soudaine ou soutenue : agir dans l’urgence ou laisser l’action se développer.

Le flux concerne l’écoulement du mouvement. Il peut être libre ou contrôlé, selon la possibilité de retenir ou d’interrompre l’action.

Les combinaisons du poids, de l’espace et du temps définissent huit actions dynamiques : frapper, flotter, fouetter, glisser, presser, tordre, épousseter et tapoter. Ces verbes désignent des qualités à éprouver corporellement, au-delà de leur sens quotidien.

L’essentiel

À retenir

Analyser un mouvement suppose d’observer son organisation et ses qualités. La choreutique étudie son déploiement spatial ; l’effort décrit les variations de poids, d’espace, de temps et de flux ; la kinétographie permet de l’écrire. Ces outils aident à préciser ce que l’on voit et ce que l’on éprouve. Dans ses écrits, Laban relie l’observation du mouvement à l’expérience sensible de la personne qui agit.

Mots-clés

Rudolf Laban choréologie choreutique eukinétique kinétographie labanotation kinésphère effort poids flux actions dynamiques Espace dynamique

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Sources. Texte : Sophie Martinez, Le Labo d’Art. Ouvrages cités dans le texte : Schrifttanz (1928), Choreutics (1966), traduit en français sous le titre Espace dynamique. Vidéos : YouTube.