Fiche chorégraphe
Dada Masilo
Relire les grands ballets depuis l’Afrique du Sud
La chorégraphe en bref
Pays l’Afrique du Sud
Œuvres étudiées Swan Lake (2010), Giselle (2017)
Autre relecture Carmen
Langage ballet classique et danses africaines, dont la danse zoulou
Thèmes identité, genre, héritage culturel, rejet de la différence
Dada Masilo est une danseuse et chorégraphe sud-africaine. Avec Swan Lake (2010), puis Giselle (2017), elle revisite les grands ballets du répertoire en y intégrant des danses traditionnelles africaines, en modifiant la trame narrative et en abordant des thématiques contemporaines comme l’identité, le genre et l’héritage culturel. Amélie Bertrand rappelle qu’« après Le Lac des cygnes et Carmen », elle « s’attaque à un autre mythe du ballet : Giselle ».
Analyse
I. Reprendre les codes pour mieux les détourner
Dans Swan Lake, Dada Masilo reprend les codes du ballet original – cygnes, costumes blancs, musique classique – mais les détourne dès les premières minutes. Les danseurs, pieds nus, portent des tutus associés à des mouvements ancrés dans le sol, issus des danses africaines.
Les pas classiques apparaissent mais sont systématiquement transformés par une énergie plus brute et une gestuelle plus libre. Cette rupture avec le vocabulaire codifié met en lumière la volonté de déconstruire les hiérarchies artistiques et d’ouvrir le ballet à d’autres influences.
II. Une danse horizontale, terrienne, vibrante
Là où le romantisme cherchait la verticalité et la suspension, Masilo sculpte une danse horizontale, terrienne, vibrante. Dans Giselle, la danse classique et la danse zoulou fusionnent : les hanches résonnent, les frappes de pied redonnent du poids au sol, les spirales du haut du corps répondent aux sauts hérités du vocabulaire occidental.
Les danses africaines apportent un ancrage au sol, une relation forte au rythme et à la polyrythmie. Les frappes de pieds appellent la terre, les bras ouverts évoquent les rituels d’appel aux ancêtres.
III. Identité, genre et résistance
Masilo joue sur les rapports de genre, en inversant certains rôles : dans Swan Lake, des hommes incarnent des cygnes ; dans Giselle, elle fait de Myrtha une sangoma, une guérisseuse d’Afrique australe, et confie le rôle à un homme.
Le récit est repensé : Swan Lake aborde le rejet de la différence, les violences liées au genre et à l’héritage colonial ; dans Giselle, il n’y a pas de pardon. La danse devient un espace d’expression pour des identités longtemps marginalisées.
L’essentiel
À retenir
Dada Masilo ne modernise pas les grands ballets : elle les réenracine. En confrontant les codes classiques aux danses africaines, elle place la diversité culturelle et identitaire au cœur du processus créatif et transforme la danse en acte de résistance.
Mots-clés
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Sources. Texte : Sophie Martinez, Le Labo d’Art, assemblé à partir des dossiers « Swan Lake de Dada Masilo » (cours sur les échanges interculturels et sur les codes académiques) et de l’Antisèche EP11. Article cité : Amélie Bertrand (dossier du cours). Vidéo : Swan Lake, Dada Masilo, 2010.









