Fiche chorégraphe
Jean-Claude Gallotta
De la rencontre artistique à la poésie du mouvement
Le chorégraphe en bref
Œuvre étudiée L’Homme à tête de chou
Musique l’univers de Serge Gainsbourg, L’Homme à tête de chou
Projet musical Jean-Claude Gallotta, Alain Bashung et Denis Clavaizolle
Scénographie un fauteuil vide, point d’ancrage scénique
Écriture ni narration ni abstraction totale : « la voie poétique »
Reprise une nouvelle phase de travail avec de nouveaux danseurs
« J’écoutais la musique et je voyais des images. »
Jean-Claude Gallotta
La création de L’Homme à tête de chou se construit autour d’une rencontre entre Jean-Claude Gallotta, Alain Bashung et l’univers de Serge Gainsbourg. Le projet évolue avec la collaboration musicale, les événements vécus et le travail des interprètes. Gallotta cherche une écriture dans laquelle les gestes entretiennent une relation poétique avec les mots et la musique.
Analyse
I. Une rencontre et une œuvre musicale comme points de départ
Jean-Claude Gallotta et Alain Bashung souhaitent travailler ensemble avant que le projet ne se précise. La proposition d’un producteur de créer un spectacle chorégraphique à partir de L’Homme à tête de chou de Gainsbourg donne une forme à cette envie.
Gallotta, Bashung et Denis Clavaizolle élaborent le projet musical. La musique est allongée pour permettre le développement du spectacle. La création prend ainsi forme dans un dialogue entre plusieurs artistes, chacun contribuant à son organisation.
Cette collaboration repose aussi sur des affinités personnelles : « On aimait les mêmes films, les mêmes musiques, on parlait des romans aussi. » La confiance permet à Gallotta de travailler librement avec le chanteur : « C’était une complicité, donc j’étais à l’aise avec lui. »
La démarche montre comment une rencontre, des références partagées et une œuvre existante peuvent nourrir la création. Le point de départ se précise au fil des échanges et des possibilités du projet.
II. Transformer les événements vécus en choix scéniques
La maladie d’Alain Bashung bouleverse le projet. Gallotta envisage de l’arrêter, mais le chanteur lui demande de poursuivre. Sa disparition modifie alors les conditions de la création et la signification de certains éléments.
Un fauteuil vide devient un point d’ancrage scénique. Gallotta commence par l’installer pour explorer son utilisation, puis décide de le conserver : « C’est cette absence-présence […] qui est là, matérialisée. » Les danseurs évoluent autour de cet objet, qui rend sensible la place du chanteur disparu.
Le fauteuil entre également en relation avec l’histoire de Gainsbourg. Le personnage se souvient du meurtre qu’il a commis : ce long retour sur les événements nourrit un espace de mémoire, que Gallotta associe à un tombeau et à un hôpital psychiatrique.
L’objet est donc éprouvé dans le travail avant de trouver sa place dans l’œuvre. Cette démarche permet de comprendre comment un événement imprévu peut transformer un projet et comment un élément concret peut devenir un support de sens.
III. Composer une relation poétique entre les mots et les gestes
Gallotta précise son rapport à l’histoire : « Moi, je ne fais pas de narration dans ma danse, elle est plutôt abstraite, mais pas totalement non plus. » Il cherche une « troisième voie […] : la voie poétique ». Les paroles portent une grande part du récit ; le mouvement lui donne une autre dimension.
L’écoute musicale fait émerger des images : « J’écoutais la musique et je voyais des images. » Gallotta cherche, « sans illustrer, [à] donner une poésie par le mouvement ». Les gestes ne reproduisent pas littéralement les paroles : leur rencontre construit une perception de l’histoire et de sa dimension tragique.
La reprise de la pièce ouvre une nouvelle phase de travail. Gallotta réécoute la musique, retrouve ses images et échange avec les nouveaux danseurs. La composition est revisitée, tandis que la musique demeure un repère stable.
Le temps écoulé transforme aussi son rapport à l’œuvre : « On est moins dans le déchirement tragique, mais plutôt dans l’hommage. » Reprendre une pièce permet ainsi d’en renouveler l’interprétation et de transmettre son écriture.
L’essentiel
À retenir
La démarche de Gallotta se construit par la rencontre, l’écoute musicale et la recherche d’images et de gestes. Elle accueille les transformations liées aux événements et au travail des interprètes. Pour nourrir une création, on peut retenir la collaboration entre artistes, l’exploration d’un objet et la recherche d’une relation poétique entre plusieurs matériaux. La reprise montre enfin qu’une œuvre peut continuer à évoluer avec ceux qui la dansent et avec le regard de son créateur.
Mots-clés
Jean-Claude Gallotta L’Homme à tête de chou Serge Gainsbourg Alain Bashung Denis Clavaizolle fauteuil vide absence-présence voie poétique reprise hommage
Testez vos connaissances
Dix questions sur Jean-Claude Gallotta. Cliquez sur une réponse : la correction s’affiche aussitôt.
Pour aller plus loin
Fiche chorégraphe
« On se sent libre quand le corps bouge, quand on s’épuise au plaisir de danser. » Pour Pina Bausch, figure majeure du Tanztheater de Wuppertal, la danse naît de ce qui fait bouger les êtres : émotions, souvenirs et relations humaines deviennent matière chorégraphique et donnent naissance à un théâtre dansé.
Fiche chorégraphe
Figure emblématique de l’art performance, Marina Abramović repousse les limites du corps et de l’esprit : chaque performance devient un acte de résistance et d’interrogation sur la condition humaine, la société et les pouvoirs en place. Son engagement passe par l’exploration physique et mentale, la critique sociale et la quête de connexion.
Analyse Œuvre chorégraphique
Maguy Marin dit avoir voulu « déchiffrer nos gestes les plus intimes », ces gestes minuscules qui révèlent la condition humaine. Dans « May B », la parole s'efface : « Fini, c'est fini. Ça va finir. » La pièce montre l'existence plutôt qu'elle ne la raconte : besoin d'être ensemble, solitude, tendresse, peur, fragilité.
Analyse Œuvre chorégraphique
Pièce courte pour deux danseuses, Marie et l'Ange, « Annonciation » est créée le 26 septembre 1995 à l'Opéra de Lausanne et reçoit un Bessie Award en 1997. Sur Stéphane Roy et le Magnificat de Vivaldi, Angelin Preljocaj fait de l'Annonciation un moment où « acceptation et révolte coexistent ».
Sources. Texte : Sophie Martinez, Le Labo d’Art. Vidéo : L’Homme à la tête de chou, reportage (YouTube).
Citation d’ouverture : propos de Jean-Claude Gallotta cités dans le texte de la fiche.








